Vaccin anti-covid : Ce que l’on sait des essais cliniques au Maroc

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Jamais l’arrivée d’un vaccin n’aura été autant attendue. Dans cette course contre la Covid-19, l’essentiel n’est pas de participer, mais d’être le premier, puisque les enjeux financiers sont colossaux. Au Maroc, en plus des accords avec deux grands laboratoires, il semblerait que d’autres négociations soient en cours. Voici ce que l’on sait des essais cliniques au Maroc.

Alors que la courbe prenait le chemin de la baisse, laissant planer l’espoir d’un début de la fin, les chiffres annoncés de jour en jour depuis quelques semaines montrent plutôt une recrudescence de la pandémie, avec des contaminations et des décès qui repartent de plus en plus à la hausse. Au Maroc, ce sont 3.205 personnes qui sont décédées à ce jour à cause du coronavirus. Sur le terrain, les hôpitaux auraient déjà connu la saturation dans certaines régions du pays et le personnel soignant est dépassé. D’autant plus qu’une crainte de pénurie de certains médicaments commence à planer.

Cependant, cela fait plus de 6 mois que la course au vaccin anti-covid est lancée, la Chine, la Russie, les États-Unis ou d’autres s’inscrivent dans une course folle contre la montre et contre la mort. Il existe aujourd’hui 170 vaccins anti Covid-19 en cours d’évaluation, dont 44 projets sont arrivés au stade des essais cliniques (parmi lesquels 11 vaccins sont en phase III), notant que toutes les autorités sanitaires internationales et nationales sont déterminées à ne cautionner aucun vaccin s’il n’est pas sûr et efficace. Pour l’instant, les essais vont bon train.

La Chine aurait déjà débuté les vaccinations de masse. “Les essais cliniques de phase III des quatre vaccins avancent”, a affirmé devant la presse un responsable du ministère des Sciences et Technologies, Tian Baoguo, précisant qu’environ “60.000 volontaires ont reçu un vaccin” expérimental contre la Covid-19. “Aucun effet indésirable grave n’a été signalé”, a-t-il assuré. Sachant que la phase III est la dernière avant l’homologation d’un vaccin. Jusqu’à présent, aucun vaccin dans le monde n’a encore reçu d’approbation pour une distribution commerciale à grande échelle et seuls des résultats préliminaires (phases 1 et/ou 2) ont été publiés dans des revues scientifiques. Les derniers en date, parus vendredi dans la revue The Lancet Infectious Diseases, sont ceux du vaccin chinois de Sinopharm.


Toutefois, les autorités chinoises ont donné leur feu vert à une utilisation d’urgence pour certains de ces vaccins. Il faut savoir que la Chine prévoit d’être en capacité d’ici à la fin de l’année de produire 610 millions de doses par an de plusieurs vaccins contre la Covid-19.Cette production annuelle devrait être portée à plus d’un milliard de doses dès 2021.

Au Maroc, le ministère de la Santé, rappelons-le, a signé deux conventions de partenariat et de coopération, le 20 août, avec le laboratoire chinois “Sinopharm”, en vertu desquelles le Royaume s’engage à participer aux essais cliniques et pourra profiter d’un stock suffisant de vaccins contre le coronavirus, en plus d’un mémorandum d’entente pour acquérir le vaccin produit par la société russe “R-Pharma”, sous licence du groupe “AstraZeneca”. Ces accords signés par le Royaume lui permettront ainsi d’être parmi les premiers servis en cas d’essais concluants et de faire participer le Maroc aux essais cliniques de phase III du vaccin, à savoir les tests sur les humains.

D’ailleurs, 600 volontaires sont concernés par les essais cliniques au Maroc. Ces derniers seront dispatchés sur trois structures hospitalières : les CHU de Rabat et de Casablanca ainsi que l’hôpital militaire de Rabat. Une première au Maroc ! Il n’y a jamais eu d’essais avant pour tester l’efficacité d’un vaccin sur une population marocaine. Cependant, le Royaume n’est pas concerné par le volet relatif à la fabrication. Tandis que le département de la Santé de son côté poursuit ses négociations et discussions avec d’autres laboratoires où le volet de fabrication locale peut bien être présent. En revanche, si une campagne de vaccination devait être entamée dans les mois à venir, cela se fera avec des vaccins importés.« Si une fabrication au Maroc est confirmée, une implantation est prévue au sein de la cité technologique Mohammed VI à Tanger pour la production du vaccin », c’est ce qu’a déclaré le ministre de la Santé, lors de sa dernière sortie médiatique, à nos confrères de Médias24.

Plus récemment, le chef du gouvernement a annoncé, le lundi 19 octobre, que des négociations sont en cours avec trois nouvelles sociétés pour l’acquisition d’un vaccin anti-Covid-19 dès qu’il sera mis sur le marché international. Ces négociations interviennent dans la foulée des deux conventions signées avec deux producteurs de vaccins. El Othmani n’a avancé aucune date concernant la mise sur le marché d’un vaccin.


Ce qui est sûr c’est qu’il va falloir prendre son mal en patience, car l’autre crainte c’est qu’il n’y ait pas assez pour tout le monde. Le monde aurait en effet besoin de 15 milliards de doses du vaccin et il ne devrait y avoir pour tous qu’en 2024. D’autant plus que « les vaccins nécessitent des conditions draconiennes de conservation à des températures très basses, ce qui imposera des contraintes logistiques de transport et de stockage », selon Ait Taleb.

Quant à la campagne nationale de vaccination contre la Covid-19, celle-ci a fait objet d’une réunion de cadrage, le 8 octobre, avec les directeurs régionaux de la Santé, qui portait essentiellement sur la présentation des “orientations stratégiques et les grandes lignes des aspects programmatiques de cette campagne”. Pour se préparer à la campagne en objet, le ministère de la Santé a élaboré un document de conception global. Le Maroc vise à vacciner 80% des personnes âgées de plus de 18 ans sur une période de 4 mois.