Nasser Bourita: « Maroc-Afrique, un partenariat ancré dans l’action et l’optimisme »
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À l’occasion du Deuxième Forum des Présidents des Commissions des Affaires Étrangères des Parlements Africains, qui se tient les 20 et 21 février à Rabat sous le thème « Vers la mise en place de fondements durables pour la stabilité et la sécurité en Afrique », le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, M. Nasser Bourita, a réaffirmé la place centrale de l’Afrique dans la politique étrangère du Maroc. Dans son discours, il a dressé un tableau précis des initiatives du Royaume en faveur du continent, mettant en avant une coopération Sud-Sud tournée vers l’action.
Dès l’ouverture du forum, la présence massive des représentants africains a illustré l’importance de cet événement, perçu comme un levier pour la consolidation d’une approche commune face aux défis sécuritaires et économiques du continent. « Votre présence aujourd’hui témoigne de votre implication dans cette vision qui cherche à donner à l’Afrique la place qu’elle mérite », a déclaré M. Nasser Bourita en s’adressant aux parlementaires réunis dans la capitale marocaine.
Le ministre a rappelé que l’Afrique ne représente pas seulement un voisinage géographique pour le Maroc, mais une « appartenance identitaire et culturelle » profondément ancrée dans l’histoire du Royaume. Se référant à la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, il a insisté sur la relation intrinsèque entre la stabilité du Maroc et celle du continent. « Ce qui touche l’Afrique touche le Maroc. Son développement est une extension naturelle du nôtre », a-t-il martelé, mettant en avant l’engagement du Royaume à renforcer les liens humains, économiques et diplomatiques avec ses partenaires africains.
Ce positionnement se traduit par une stratégie africaine articulée autour de quatre principes fondamentaux : une appartenance assumée, un afro-optimisme revendiqué, un engagement concret et une approche centrée sur l’humain. Ces axes structurent l’action marocaine, qui se veut pragmatique et résolument tournée vers la coopération.
L’afro-optimisme contre le fatalisme ambiant
Alors que certains observateurs adoptent une posture fataliste face aux défis du continent, le Maroc, lui, croit fermement en la capacité des pays africains à forger leur propre avenir. « Le Maroc refuse de s’intégrer en Afrique comme un acteur extérieur. Il s’y inscrit pleinement et assume son rôle de moteur du développement régional », a souligné M. Nasser Bourita.
Cet afro-optimisme, qui s’oppose au discours alarmiste souvent véhiculé sur le continent, s’incarne dans des actions concrètes. Plutôt que de céder aux solutions de facilité dictées par des agendas extérieurs, le Maroc encourage les solutions africaines aux problématiques africaines. « Là où d’autres voient des problèmes, nous voyons des opportunités », a insisté le chef de la diplomatie marocaine.
Loin des slogans et des déclarations d’intention, la politique africaine du Maroc repose sur une dynamique d’action. M. Nasser Bourita a rappelé que le Royaume a toujours mis un point d’honneur à traduire sa vision en projets concrets et structurants. Parmi les initiatives les plus marquantes, il a cité :
- L’annulation de la dette des pays africains et la suppression des barrières tarifaires, afin de stimuler les échanges économiques et alléger la pression financière pesant sur plusieurs États.
- L’Initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture Africaine (AAA), qui constitue aujourd’hui une référence en matière de sécurité alimentaire et d’adaptation au changement climatique sur le continent.
- Le projet du Gazoduc Maroc-Nigeria, fruit d’une coopération avec Abuja, destiné à renforcer la sécurité énergétique régionale et à favoriser une intégration économique à l’échelle du continent.
L’humain au cœur de la politique africaine du Maroc
Si les grands projets économiques sont essentiels, l’approche marocaine place avant tout l’humain au centre de ses actions. À chaque Visite Royale en Afrique, une attention particulière est accordée aux échanges avec les élites économiques et intellectuelles des pays partenaires, mais aussi avec les populations locales. « Chaque déplacement de Sa Majesté en Afrique est une occasion de tisser des liens directs avec les forces vives du continent et de prendre la mesure des réalités locales », a souligné le ministre.
Cet ancrage humain se traduit aussi par des projets concrets en faveur du développement social, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et du logement. Des hôpitaux, des centres de formation et des infrastructures de base ont vu le jour grâce à des partenariats impulsés par le Maroc, témoignant d’une volonté d’accompagner le continent dans une transformation durable.
Le rôle des institutions législatives africaines dans cette dynamique
Le ministre a également insisté sur l’importance du rôle des parlements africains dans l’émergence d’un nouveau cadre de gouvernance continentale. « La diplomatie traditionnelle ne suffit plus à répondre aux défis actuels. Il est impératif de repenser nos mécanismes d’action », a-t-il affirmé, appelant à une coopération renforcée entre les législateurs africains. Dans ce contexte, les institutions parlementaires doivent se positionner comme de véritables laboratoires d’idées, capables d’apporter des solutions innovantes aux problématiques du continent.
Le Deuxième Forum des Présidents des Commissions des Affaires Étrangères des Parlements Africains constitue ainsi une avancée majeure vers l’institutionnalisation d’un cadre structurant pour une diplomatie parlementaire africaine efficace. « Après une première édition en 2023, cette seconde rencontre marque une étape décisive vers la consolidation d’une identité africaine ambitieuse et tournée vers l’action », a conclu M. Nasser Bourita.
En clôturant son intervention, le chef de la diplomatie marocaine a tenu à rappeler que l’Afrique a aujourd’hui besoin d’initiatives audacieuses et créatives, à même de libérer son plein potentiel économique et humain. « L’avenir de notre continent ne se construira pas dans l’attentisme, mais dans la prise d’initiative et la mise en œuvre de projets concrets », a-t-il insisté.
Alors que les transformations mondiales s’accélèrent et que de nouveaux défis émergent, le Maroc continue de se positionner comme un acteur clé de l’intégration et de la stabilité africaine. Ce forum de Rabat aura ainsi permis de poser une pierre supplémentaire à l’édifice d’une coopération interafricaine renouvelée, où la solidarité, l’action et l’ambition commune constituent les piliers d’un avenir prometteur.