Bruxelles planche sur un fonds “gigantesque” de relance économique pouvant aller jusqu’à 2.000 milliards d’euros

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La Commission européenne planche sur un fonds “gigantesque” de relance de l’économie, touchée de plein fouet par la crise de coronavirus, qui pourrait se situer “entre 1.000 et 2.000 milliards d’euros”, a indiqué, mardi, le commissaire européen au Marché intérieur.

“C’est en gros 10% du PNB américain, chinois mais aussi européen qu’il faut mettre sur la table”, a expliqué Thierry Breton sur la radio publique France Info.

“On a déjà sécurisé 540 milliards d’euros avec les dernières décisions de l’Eurogroupe (réunion des ministres des Finances des États membres de la zone euro). 10% du PNB européen, c’est 1.600 milliards d’euros, donc il faut rajouter, en gros, 1.200, 1.300, 1.400, pour arriver à ces 1.600 milliards”, a-t-il indiqué.

“Il y avait, il y a encore quelques jours, des interrogations sur la nécessité de ce fonds de relance”, a reconnu Thierry Breton, notamment de la part des pays du nord de l’Europe qui refusaient de mettre la main à la poche. “On les a convaincus et c’est une très grande avancée”, a-t-il affirmé, car il y a urgence.

« Nous avons des pans entiers de notre industrie qui sont à l’arrêt, c’est-à-dire pour beaucoup d’entre eux 0% de chiffre d’affaires, c’est du jamais vu dans l’histoire récente », a souligné le commissaire européen.


“La priorité absolue” est donc “de faire en sorte que nous puissions aider l’ensemble de ces activités et en particulier les PME”. Mais “pour beaucoup de ces activités, ce ne sont pas des prêts qu’il faut faire, ce sont des subventions pour passer cette période”, a-t-il expliqué. “C’est tout l’objet du plan de relance sur lequel nous travaillons.”

L’industrie automobile fait ainsi partie de ces “secteurs les plus touchés”, avec une chute des ventes de véhicules de l’ordre de “88%” dans l’Union européenne “sur le seul mois de mars”, a rappelé Thierry Breton.

L’enjeu est donc colossal pour cette industrie qui représente environ 40 millions d’emplois directs ou indirects. “Nous sommes en train d’agir massivement, les industries seront sauvées”, a indiqué le commissaire européen au Marché intérieur, qui souhaite également “utiliser cette période tellement inédite pour accélérer des tendances que l’on voyait déjà” et “permettre à un certain nombre de secteurs industriels, dont l’automobile, de se réinventer, se redéployer vers une économie plus verte”, en “accélérant” notamment “les véhicules électriques” ou “l’hydrogène”.

Concernant le secteur du tourisme, les institutions européennes travaillent sur des “règles finalisées et harmonisées au niveau européen” afin d’accompagner cet été un secteur touristique également frappé par la crise sanitaire, a indiqué Thierry Breton.


Fermés depuis mars en raison des mesures de confinement liées à la pandémie de Covid-19, les commerces qui vivent du tourisme partout en Europe doivent “rouvrir le plus rapidement possible, le mieux possible mais en ayant les règles les plus harmonisées”, a prévenu le commissaire.

Il a indiqué, dans ce contexte, qu’il participait à l’élaboration de “lignes directrices qui vont être très rapidement rendues publiques, dans les jours qui viennent, pour permettre aux zones qui sont en situation de le faire d’accueillir des touristes”.

Interrogé sur la possibilité pour les Européens de voyager à l’intérieur de l’UE cet été, M. Breton a estimé que “certaines zones seront ouvertes aux touristes et d’autres non. Nous allons devoir respecter des zones qui ne seront pas traitées de façon identique, c’est comme ça, c’est du bon sens,”, a-t-il ajouté.

Enfin et face à la crise du secteur, le commissaire européen a indiqué qu’un “plan Marshall pour le tourisme” devra être déployé à l’aide de subventions et non de prêts.