Ces virus qui sèment la panique

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Depuis quelques semaines, le monde vit au rythme des confirmations de cas successifs, infectés par le nouveau coronavirus, appelé Covid-19. Si la réaction mondiale a été d’une ampleur inédite, le Covid-19 n’est pourtant pas le premier virus mortel à avoir touché les populations. En effet, Ebola, Chikungunya, Zika, Dengue, le VIH, H1N1, H5N1 et bien d’autres, il existe une multitude de virus létaux qui font, chaque année, jusqu’à plusieurs milliers de victimes. Par ailleurs, le coronavirus, à lui seul, englobe plusieurs catégories de virus, pouvant aller d’un simple rhume sans gravité à des pneumopathies sévères, parfois mortelles.

SRAS : Le Syndrome Respiratoire Aigu Sévère est souvent utilisé comme élément de comparaison au Covid-19, puisqu’il a, lui aussi, émergé en Chine, fin 2002. Celui- ci avait été transmis par la chauve-souris à l’humain via la civette, mammifère sauvage vendu sur les marchés chinois. L’épidémie avait causé la mort de 774 personnes, après de graves pneumonies. Elle touchera une trentaine de pays, avec toutefois, un bilan nettement inférieur à celui du Covid-19. Selon l’Institut Pasteur, il s’agit de «la première maladie grave et transmissible à émerger au XXIe siècle». Bien que moins contagieux que le Covid-19, des mesures importantes avaient permis d’endiguer la transmission d’animal à Homme comme la fermeture des marchés. La faible contagiosité d’une personne asymptomatique avait également permis de freiner la chaîne de transmission d’humain à humain. Enfin, le nombre de cas avait diminué avec l’arrivée du printemps. Ce qui laissait supposer de l’impact des températures sur le virus. Une mesure qui vise à «contenir efficacement le rythme de la propagation de l’épidémie» afin de sauver des vies, selon la chaîne de télévision publique CCTV.

Pour sa part, le régime chinois se targue récemment de «maîtriser» l’épidémie, communique des chiffres optimistes, insiste sur une décrue quotidienne du nombre de contaminations et de victimes.

MERS : Le Syndrome Respiratoire du Moyen-Orient détecté en 2012, dans plusieurs pays du Moyen-Orient, avait fait son apparition en Arabie Saoudite et infecté près de 2.500 personnes dans le monde. Selon l’Institut Pasteur, «il touche le tractus respiratoire et est responsable de fièvre et de toux». La différence avec le SRAS est sa faible contagiosité, ce qui expliquerait le faible nombre de cas touchés, alors que deux cas avaient été recensés en France. Contrairement au SRAS, ici l’hôte intermédiaire est le chameau. Le virus n’a toujours pas été éradiqué, mais le nombre de cas et de victimes est inférieur à ceux du Covid-19.


Covid-19 : Le Covid-19 est le dernier de la famille des coronavirus, né en Chine, plus précisément à Wuhan, dans la province du Hubei en 2019. L’épidémie s’est propagée très rapidement dans le monde entier au point que l’OMS décrète l’état de pandémie. Le Covid-19 proviendrait également de la chauve-souris, mais une inconnue demeure concernant l’hôte intermédiaire contrairement au SRAS et au MERS, certains penchent vers le pangolin mais cette hypothèse n’a pas encore été confirmée. Le Covid-19 suscite l’inquiétude en raison du peu d’informations à disposition des chercheurs, et en raison de sa très haute contagiosité même chez les personnes asymptomatiques. L’absence de traitement et le nombre grandissant de cas et de décès suscitent la panique et l’incertitude. Par ailleurs, les personnes âgées et ayant des maladies chroniques sont particulièrement à risque. Nous pouvons voir sur cette radiographie (taches blanches) que le virus s’attaque aux poumons, mais il peut également attaquer d’autres organes du corps tels que les intestins ou encore le foie.

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Le virus s’attaque directement aux poumons.

 

Chaîne de transmission des différents coronavirus

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Source photo : Hôpitaux Universitaires de Genève

H1N1 : Apparu en avril 2009, le virus H1N1 avait causé la mort d’une soixantaine de cas et infecté plus de 7.000 personnes en un mois seulement, menant ainsi l’OMS à déclarer l’état de pandémie, quelques mois plus tard. A ce jour, nous comptons plusieurs centaines de milliers de victimes à travers le monde. A l’origine du H1N1, la transmission du virus par le cochon, hôte intermédiaire, à l’Homme. La pandémie avait suscité de fortes inquiétudes à l’époque, menant certains Etats à déclencher des mesures tout aussi contraignantes que celles visant à contrer la propagation du Covid-19. Néanmoins, la pandémie H1N1 avait été à l’origine d’un grand cafouillage organisationnel notamment en France, où les volets médicaux devaient céder la parole à l’Intérieur. Le pays a retenu la leçon, et nous le constatons à travers les communications régulières y compris du Président de la République. Enfin, la différence avec les coronavirus est qu’il s’agit d’un virus saisonnier dont l’activité diminuerait au printemps. De plus, un vaccin a pu être mis au point, bien que fortement critiqué.

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Ces virus qui imposent la distanciation sociale.