Coronavirus: Ruée sur les produits hygiéniques, symptôme d’une Amérique en panique

Produits hygiéniques

Produits hygiéniques en rupture de stock, enseignement à distance, travail à domicile et annulation en série d’événements d’ampleur, telle est la nouvelle réalité américaine symptomatique d’un pays pris de panique face à la pandémie du coronavirus.

Trois mois seulement après la déclaration du premier cas du COVID-19 dans l’Etat de Washington, le virus continue sa propagation dans le reste des Etats-Unis. Selon le Centre de Contrôle et de Prévention de Maladie (CDC) 1.200 personnes ont été infectées à ce jour, avec des nouveaux cas dans la capitale fédérale Washington DC, New York et Boston et un total de 37 décès confirmés.

L’impact de ces chiffres qui ne cessent de croître est notamment palpable dans la plupart des grandes surfaces et pharmacies du pays, qui sont, depuis plusieurs jours maintenant, à court de produits hygiéniques de base. Dans une vague d’inquiétude frôlant la psychose, rien n’est épargné, du gel Hydro-alcoolique, au savon classique, en passant par le papier toilette.

Les Américains sont dans une frénésie d’achat. Sur les sites d’achat en ligne, comme Amazon et ou Ebay, les modérateurs font la chasse aux masques hygiéniques contrefaits et aux bouteilles de gel Hydro-alcoolique qui dépassent les 400 dollars! Outre le changement drastique dans les habitudes d’achat des ménages, le spectre de la pandémie pèse également sur les universités américaines, qui annoncent, l’une après l’autre, la suspension des cours physiques et la transition complète vers un mode d’enseignement à distance.

Ainsi, les fermetures qui ont concerné, au début, les universités de l’Etat de Washington, s’élargissent jour après jour pour comprendre plusieurs autres établissements universitaires dans l’ensemble du territoire américain dont Harvard, Columbia, Princeton, Rice, Stanford, Hofstra, et l’Université de Californie, Berkeley. Plus de 500.000 étudiants sont concernés par ces mesures visant à limiter la propagation du COVID-19. De même, de plus en plus d’employeurs privilégient le travail à domicile afin de limiter tout risque inutile d’exposition au virus pour le personnel.


Les employés de Google, Apple, Microsoft, Twitter, Facebook, Spotify, Amazon et d’autres entreprises américaines mèneront leurs activités professionnelles chez eux et ce jusqu’à nouvel ordre. Le Washington Post a également adopté mercredi cette mesure préventive, appelant l’ensemble de ses employés à travailler à domicile “si leurs rôle et besoins en équipement le permettent“. Selon le vice-président du département des ressources humaines du grand tirage américain, Wayne Connell, “la période de travail à domicile ne sera pas déduite des congés payés et des congés maladies de l’employé”.

Dans le pays de l’oncle Sam, l’agenda culturel n’a pas été exempté des châtiments du coronavirus qui se sont abattus sur le reste des secteurs d’activité. Plusieurs rendez-vous annuels d’envergure font depuis plusieurs jours l’objet d’annulation les uns après les autres, annonçant un printemps lugubre pour les amoureux du soleil, du parfum des fleurs de cerisier et des activités en plein air. Après l’annonce de l’annulation du Festival du Film Environnemental de Washington DC, organisé du 12 au 22 mars, c’est maintenant au tour de Coachella de succomber aux maux du COVID-19.

Les organisateurs du célèbre festival californien ont annoncé le report de leur programmation, prévue pour la mi-avril, à octobre prochain. La ligue nord-américaine de basketball professionnel (NBA) a annoncé aussi la suspension “jusqu’à nouvel ordre” de la saison 2019-2020, après qu’un joueur de l’Utha Jazz ait été testé positif au coronavirus. Les grandes conférences n’échappent pas non plus à cet effet domino.

Après le Fonds Monétaires International et la Banque mondiale, qui ont préféré opter pour un format virtuel pour leurs habituelles Réunions printanières, qui attirent des milliers de visiteurs internationaux à Washington D.C, c’est au tour de la diplomatie américaine de succomber à la fameuse formule “par excès de précaution”. En effet, le département d’Etat a annoncé mercredi que la prochaine réunion ministérielle du G7, initialement prévue à Pittsburgh, du 24 au 25 mars, aura lieu par vidéoconférence, en raison du risque de propagation du coronavirus.


Et pour ceux qui espèrent que l’approche du printemps arrangera les choses, le directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses, Dr Anthony Fauci, a jeté un pavé dans la mare mercredi. Lors d’une audition au Congrès, l’expert américain n’a pas mâché ses mots: “En gros, les choses vont empirer”.