A LA UNEÉditorial

Défis et prospective

Par Hassan Alaoui

Crise du Covid-19, campagne de vaccination intense, mobilisation de fonds divers pour y faire face, succès nous ayant valu des florilèges d’hommages, une stabilité sociale , une continuité organique au niveau du calendrier politique et électoral comme si de rien n’était, en fait nolens volens une résilience proclamée et renforcée au fur et à mesure que la crise perdure et que l’espoir renait chaque jour…

Ainsi le Maroc va-t-il , ainsi poursuit-il cahin-caha son chemin au milieu d’embuches et de complots…Sont venus les défis : la provocation de l’Espagne qui viole le pacte d’amitié avec nous, trahit ses engagements et – renouant avec le fascisme franquiste – décline son visage néocolonial. La crise fomentée avec l’Union européenne, irrationnelle , la cupidité de certains de ses dirigeants, le triomphe du mensonge et la vanité des proclamations vertueuses sur le démocratie et la vérité.

C’est à un tel faisceau de turpitudes que le Maroc se trouve à présent confronté, sachant que le moindre reflexe un tant soit peu lucide chez les dirigeants européens n’a pas été exprimé. Ils ont été menés à l’amphigouri, et nous avec eux par un gouvernement espagnol qui n’a de socialiste que le vernis. Un gouvernement « socialiste » qui, faute d’un Lénine, nous rappelle le mol Kérensky…Autrement dit, la trahison, ce mot si lourd et qui vous colle à la peau. Comme un troupeau de moutons, de Panurge bien évidemment, une grande partie des pays de l’Union européenne ont soutenu l’Espagne dans l’épreuve avec le Maroc. Et, pourtant, le Royaume du Maroc est aussi enraciné dans l’Europe que le peut être une Espagne qui nous doit beaucoup et dont seulement quelque 13 kilomètres nous séparent…

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C’est un bras de mer, crée comme on dit, par les caprices d’un Hercules furieux, une géographie qui est aux deux pays, voire aux deux continents ce qu’une veine jugulaire est à un même corps. Mitterrand disait qu’il « faut donner du temps au temps », prendre la réelle mesure du poids de l’Histoire et de la géographie pour voir se reconfigurer les situations et les temporalités. C’est dire qu’au-delà de la crise actuelle, et de la démoniaque complicité qui la sous-tend , des forces obscures qui l’entretiennent il y a cet irréversible avenir que personne ne saurait écrire ou décrire.

Il est, cependant, une grave contradiction qu’il faut souligner, c’est cette convergence – transformée en complicité – entre deux pouvoirs que tout oppose : celui de l’armée dans une Algérie jetée aux orties par son propre peuple, comme le dernier scrutin législatif vient de nous en donner la preuve,  et celui de l’Espagne dite « démocratique » qui renoue à coup sûr avec ses obsessions franquistes et fascisantes. Rien n’est moins sûre que cette trompeuse apparence que nous avions nourrie jusque-là d’un voisinage, disons d’un pacte moral d’amitié entre le Maroc et l’Espagne et, dans la foulée, entre le Maroc et l’Europe. Cela dit, la problématique de l’immigration ne sera jamais résolue de sitôt. Elle est aujourd’hui la caractéristique essentielle de l’évolution du monde, inscrite sur le sol d’une globalisation d’autant plus irréversible qu’elle concerne la planète tout entière. Elle est également son Talon d’Achille.  L’immigration moyen-orientale, consécutive à la guerre syrienne et irakienne de 2015 ayant mis à l’épreuve la Turquie a connu un dénouement tragique. Elle s’est déplacée vers le Maghreb, avec un contingent subsaharien massif et  significatif. Le Maroc en est devenu son  réceptacle, elle n’a pas été résolue, constituant pour ainsi dire « l’épée de Damoclès » suspendue sur cette partie méridionale de l’Europe qu’est l’Espagne.

Les majorités changeront bientôt, aussi bien en Espagne, qu’en Allemagne voire en France et au Maroc après des élections législatives crédibles et régulières. Nous devons tenir compte de cette loi de la politique et nous préparer à relever deux défis majeurs : celui de la continuité des politiques européennes eu égard au Maroc, celui d’un changement , avec d’autres équipes, la recomposition du paysage et l’arrivée de nouvelles exigences géopolitiques. C’est peu dire qu’une vision prospective est nécessaire…Elle nous pend au nez !

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