France : d’ex-salariés d’Hermès jugés pour contrefaçon de sacs

Hermès

Dix personnes, dont sept anciens salariés d’Hermès, un des noms du luxe français, sont jugées à Paris depuis ce mercredi pour avoir fabriqué clandestinement et écoulé des dizaines de sacs contrefaits de la marque réputée pour sa maroquinerie, en particulier du célèbre modèle Birkin, en 2013 et 2014.

L’affaire a démarré de façon fortuite, après la mise sur écoute de l’appartement d’un homme, alors soupçonné d’écouler en Asie des sacs volés dans des camions en France, a expliqué le président de la chambre correctionnelle, au premier jour du procès.

L’enquête a ensuite mis au jour l’existence d’un “atelier clandestin de confection” et d’un “réseau” organisé, avec des rôles dévolus à chacun, a poursuivi le magistrat.

En tout, les prévenus, aujourd’hui âgés de 30 à 61 ans, sont soupçonnés d’avoir réalisé chaque année au moins une dizaine de séries de 8 à 10 sacs Birkin — inspiré par l’actrice franco-britannique Jane Birkin–, l’objet le plus vendu et le plus rentable d’Hermès.

Le bénéfice annuel a été évalué à plus de 2 millions d’euros – duquel il faut retrancher la rémunération de la “main d’oeuvre”.


Trois amis sont soupçonnés d’être à l’origine de cette manufacture parallèle, dont deux anciens salariés d’Hermès. Le troisième se chargeait, selon les enquêteurs, de l’approvisionnement en peaux de crocodile auprès d’un fournisseur italien en Lombardie.

Cet homme est décédé en 2014 mais son beau-frère a reconnu avoir “repris le flambeau” de ces livraisons.

Cinq autres personnes, alors salariés d’Hermès, sont mises en cause : un orfèvre, pour avoir fourni les bijoux ornant les sacs et quatre selliers-maroquiniers, deux femmes et deux hommes (dont un retraité), pour avoir réalisé les opérations très minutieuses d’assemblage, de “retournage” ou encore les finitions des sacs.

Certains sont aussi poursuivis pour avoir subtilisé, sur leur lieu de travail, des chutes de cuir, des outils, des fermetures éclairs ou des modèles voués à la destruction, afin de parfaire la ressemblance. Ils ont tous depuis quitté l’entreprise.


Ce réseau présumé comptait également une femme soupçonnée d’avoir écoulé les sacs entre 23.500 et 32.000 euros à des touristes de Hong-Kong, ainsi que sa fille, qui aurait réalisé des courses pour elle.

Les prévenus, qui ont reconnu les faits au cours de l’instruction, sont poursuivis pour contrefaçon en bande organisée et, pour certains, abus de confiance. L’un d’eux, résidant au Vietnam, ne s’est pas présenté et est visé par un mandat d’arrêt.

Le procès doit s’achever vendredi.

Avec AFP