France : Les conclusions du rapport d’enquête sur la gestion de la Covid-19 

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Quatrième pays le plus touché de l’UE avec près de 50 000 décès, la France a été rapidement confrontée à des difficultés au niveau de sa gestion et son anticipation de la crise de la Covid-19. Des failles qui ont conduit à de nombreuses critiques et accusations, voire des plaintes envers certains membres du gouvernement. Suite aux auditions et aux enquêtes menées par la Commission sur la gestion gouvernementale, que dit le rapport ?

Les conclusions de ce rapport d’enquête parlementaire qui vient clôturer six mois de travaux et 56 auditions soulignent les manquements en amont et durant la crise sanitaire. Le pays aurait été mal préparé face à cette crise voire « désarmé ».

Mauvaise gestion des stocks de masques et manque de préparation

L’exemple le plus concret de cette mauvaise gestion est sans doute celui de la question des masques, dont les stocks se sont réduits au fil des années alors « qu’une forte priorité avait été donnée dans les années 2000 à la préparation au risque sanitaire, à travers le plan pandémie grippale ». Ainsi, le pays s’est retrouvé par exemple, en janvier, sans aucun masque FFP2. Suite à ce manque, le rapport s’indigne des commandes massives passées au prix fort vers l’Asie, pendant les tergiversations quant à l’utilité ou non du port de leur utilisation.

Le rapport relève par ailleurs, que les “exercices pandémie”, organisés régulièrement dans les années 2000, se sont espacés. « Plus aucun exercice spécifique aux pandémies grippales n’a été réalisé à partir de 2013 », outre un exercice programmé en 2017, reporté à 2019 et transformé en exercice “variole”. Les responsables se sont toutefois défendus en s’appuyant sur le cas de la grippe H1N1 en 2009, durant laquelle le gouvernement, notamment Roselyne Bachelot alors ministre de la Santé, avait été critiqué pour “en avoir trop fait” , au point d’en effrayer la population.


Le rapport note également un glissement de “l’attention prioritaire des pouvoir publics sur la menace terroriste à partir de 2015“, qui devenait, à ce moment-là, très forte.

Un démarrage des dépistages tardif

Un autre point que relève ce rapport de la Commission d’enquête est l’absence de déploiement d’une stratégie de diagnostic et de dépistage ambitieuse, entre janvier et avril. Le 17 mars, la France n’avait effectué que 13.000 tests et instauré le confinement 24 jours, seulement après ses voisins italiens alors que la situation devenait déjà critique.

Par ailleurs, le rapport est revenu également sur l’organisation et dénonce l’absence de pilotage unifié au niveau national et une multiplication des instances qui ont entraîné la difficulté de gestion.  Un schéma qui a « rendu difficile pour les acteurs de terrain de disposer d’une information fiable et d’un interlocuteur identifié ». Enfin, auteurs de ce rapport ont également dressé une trentaine de recommandations, parmi lesquelles, la nomination d’un «ministre délégué, placé auprès du premier ministre, chargé de l’anticipation des crises, sanitaires ou d’une autre nature ».