Journée mondiale contre la peine de mort: Des chiffres choquants et des appels pour abolir cette peine capitale à l’échelle mondiale

 

Les différentes organisations des droits de l’Homme et les gouvernements célèbrent ce lundi la journée mondiale contre la peine de mort, alors que des appels in crescendo sont lancés à l’échelle mondiale pour l’abolition de cette peine capitale, face aux chiffres galopants du nombre des condamnés à mort.

Selon des organisations internationales de droits de l’Homme, le nombre d’exécutions a plus que doublé en 2015 par rapport à l’année précédente en s’établissant à 1998 cas, soit le plus grand nombre jamais enregistré depuis l’année 1989.

Malgré ces chiffres en hausse, il faut noter une certaine volonté chez la communauté internationale pour abolir la peine de mort. En 2015, quatre pays ont annulé cette sanction suprême, à savoir Madagascar, en janvier, les îles Fidji en février, puis le Suriname en mars, de même que la République du Congo qui a instauré une nouvelle constitution pour en finir avec cette peine.

Le droit à la vie, un des principes sacrés par le système des droits de l’Homme, occupe une place de choix dans les pactes internationaux des droits de l’Homme. En effet, la communauté internationale a franchi d’importants pas pour consolider les droits humains et veiller à leur protection, ayant abouti à l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’Homme qui reconnaît à chaque individu le droit à la vie.


En vue de mettre des mesures de protection de ce droit, le deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, a appelé à l’abolition de la peine de mort afin de contribuer à la consolidation de la dignité et à l’évolution progressive des droits de l’Homme, qualifiant toute mesure visant à annuler cette peine d’évolution en faveur de ce droit.

Dans son message adressé à l’occasion de la célébration de la journée mondiale contre la peine de mort, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé à poursuivre les efforts en vue de” l’abolition de la peine de mort partout et dans tous les contextes”, relevant que “les droits de l’Homme sont la boussole morale qui doit toujours guider notre action, pour que l’on puisse s’acheminer vers un monde plus sûr, plus juste et plus stable”.

A l’échelle nationale, le débat autour de l’annulation ou le maintien de la peine capitale refait surface, malgré la présence de positions contrastées au sein de la société sur cette sanction, eu égard à la gravité des crimes commis par les condamnés à mort ainsi que leurs effets sur les proches des victimes.

Il existe en principe deux courants: le premier appelle à l’annulation de cette sanction et son transformation en une peine alternative, considérant que cette annulation demeure avant tout une revendication humaine, contenue dans le protocole se rapportant à la Déclaration universelle des droits de l’Homme.


Le deuxième courant soutient que l’abolition de cette sanction ne doit pas englober tous les crimes, étant donné que la lutte contre le terrorisme exige en même temps la garantie des droits des victimes, dont leur droit à la vie.

Le président du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), Driss El Yazami avait mis l’accent lors du 6ème Congrès mondial contre la peine de mort qui se tenait du 21 au 23 juin à Oslo en Norvège, sur la nécessité d’élargir le champ d’action des différents acteurs œuvrant pour l’abolition de la peine de mort pour inclure, particulièrement, la société civile, les différentes instances des droits de l’Homme ainsi que les écrivains et les artistes.