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La demande de gaz naturel au Maroc triplera d’ici 20 ans

Par Mouhamet NDIONGUE

La consommation de gaz naturel au Maroc devrait tripler au cours des deux prochaines décennies. Le Conseil de la concurrence en fait état dans un rapport sur un projet de loi relatif à la régulation du secteur gazier.

Le gaz naturel au Maroc est principalement utilisé pour la production d’électricité, le dessalement de l’eau de mer, la valorisation du phosphate, le refroidissement et la climatisation. L’augmentation de la consommation est principalement due au secteur de l’industrie et des transports et à la tendance mondiale à être moins dépendante du pétrole.

Avec une consommation annuelle de 884,3 millions de mètres cubes, l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) est le plus gros consommateur de gaz naturel au Maroc, suivi des entreprises industrielles (98,7 millions de m3). La demande de gaz naturel devrait passer à 1,1 milliard de m3 en 2025, à 1,7 milliard de m3 en 2030 et 3 milliards de m3 en 2040.

Le groupe OCP, l’un des plus gros consommateurs, veut réduire l’utilisation de combustible industriel et, à terme, passer complètement au gaz naturel, ce qui augmentera la demande annuelle de 538 millions de m3. La demande de gaz naturel dans le secteur des transports devrait également doubler, représentant 10 % de la demande totale.

Comment juguler le besoin ?

Pour juguler le besoin de gaz naturel, le Maroc compte aussi sur l’hydrogène vert pour substituer le besoin d’énergie. Le nouvelle feuille de route permettra une transition énergétique, visant à accroître la part des énergies renouvelables qui est actuellement de 42 % et devrait atteindre 52 % en 2030. La politique d’hydrogène vert allégera les besoins internes et consolidera un nouveau secteur industriel, mais aussi répondre aussi à des impératifs géostratégiques.

→ Lire aussi : Larache : Chariot annonce une découverte « significative » de gaz

Le Maroc, qui à ce jour, importait environ 90 % de sa consommation de gaz d’Algérie, a vu comment la crise diplomatique a provoqué la fermeture des usines détenues par Endesa de Tahadart et Ain Beni Mathar sans approvisionnement en gaz pour leur production d’électricité.

Face à ce scénario, le Maroc a lancé un plan énergétique à l’horizon 2030 avec l’intention de réduire ses émissions de CO2 dans lequel il prévoit d’installer 3 900 MW d’énergies renouvelables et d’augmenter l’utilisation du gaz naturel.

C’est précisément à ce moment qu’entre en jeu la société britannique Sound Energy, qui lance un plan d’investissement dont l’objectif est d’approvisionner le marché marocain en gaz extrait de ses propres gisements et même d’exporter s’il y a des volumes excédentaires vers l’Espagne et le Portugal. . . .

Dans la première partie, l’entreprise vise à construire une petite usine de gaz naturel liquéfié. La société a confié à Italfluid la construction de cette usine et a passé un accord avec Afriquia Gaz qui détient 44% du marché du GPL du pays- pour l’achat de ce premier gaz qui commencerait à être produit d’ici 24 mois.

Dans une deuxième phase, Sound Energy mettra en service un gazoduc pour relier les champs de Tendara au gazoduc maghrébin.

Enagas et Elecnor participent au projet de construction de ce gazoduc depuis 2018. Concrètement, l’accord porte sur la conception et l’ingénierie d’une conduite de 120 kilomètres de long qui relierait le puits du groupe britannique à l’interconnexion gazière avec l’Europe.

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