L’Association belge PRI fait de la lutte contre la radicalisation, une priorité

L’Association belge PRI (Prévention, Réseaux, Internet), a organisé le lundi 28 novembre  2016 une conférence-débat consacrée au thème «  Radicalisation : prévenir et agir ensemble ».  Ce thème d’actualité  a été présenté par  Hassan Laafoura, P.R.I, David  Debaise, CET et  Daniel DE METSER P.R.I.

Une présentation a été faite pour analyser les soubassements de la radicalisation et souligner sa prolifération étendue dans nos sociétés. Les derniers événements, sanglants et n’épargnant ni la France, ni la Belgique, ni certains pays d’Afrique ne cessent de nous interpeller. Le phénomène de la radicalisation est un phénomène qui peut toucher  des individus isolés comme des groupes. Elle relève d’un processus « d’emprise mentale » qui trouve sa source dans l’environnement de l’individu, le plus souvent par le biais de l’exposition à des contenus extrémistes diffusés sur Internet.  Dans les cas les plus extrêmes ce processus peut entraîner une attitude pouvant conduire jusqu’à l’extrémisme, voire au terrorisme.

Le processus de radicalisation peut se traduire par une rupture sociétale rapide,  ou bien une  rupture avec l’école: contestations répétées d’enseignements, multiplication des absences, déscolarisation soudaine, etc.  Rupture avec la famille: limitation de la communication avec les proches, tentatives de fugue. De  nouveaux comportements dans les domaines suivants : alimentaires, vestimentaires, etc.…  Ou encore des intérêts soudains pour telle religion ou telle idéologie, manifestement excessif et exclusif.

Lutter contre la radicalisation violente chez les jeunes tel est le projet ambitieux de l’association  PRI, installé au Maroc grâce à la volonté de citoyens belges qui ont à cœur de sensibiliser l’opinion et de partager leurs préoccupations à cet égard. Ce collectif a décidé de rassembler en un seul groupe diverses associations.

L’association Prévention, Réseaux, Internet   (PRI) a pour but de développer une stratégie de prévention des risques liés à l’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux face à la radicalisation violente qui tente des jeunes en  mal de vivre, livrés à la solitude, en quête d’occupation. En d’autres mots, scruter le Net afin d’y détecter les recruteurs djihadistes, désamorcer leurs discours et transmettre les informations aux autorités compétentes qui se chargent du volet répression. Il s’agit là d’une première. La coopération avec les forces sécuritaires, au niveau des Etats, joue un rôle majeur dans la prévention au niveau des sociétés civiles.

«  Pour enrayer le phénomène de radicalisation violente, on s’est basé sur différentes études qui ont pour cible les jeunes en situation conflictuelle avec leur identité facilement influençable », nous déclare Hassan Laafoura, administrateur-délégué à la gestion des affaires courantes de l’ASBL.

«  Ces adolescents se verront  proposer des séances d’éducation  aux médias qui leur permettront peut-être de distinguer le vrai du faux issu du bain médiatique dans lequel les flux d’informations sont continus ».   Dans ces masses de contenus, il n’est pas rare d’y trouver des documents qui visent à inciter les jeunes à se radicaliser dans le but d’aller faire le djihad en Syrie.

PRI leur proposera également de réfléchir aux différentes lectures des religions mais aussi d’analyser de façon critique les théories du complot auxquelles ils croient parfois », nous explique David  Debaise.

Egalement, parmi les objectifs de l’association il s’agit de désamorcer les discours haineux sur internet et les réseaux sociaux,  distinguer les catégories de jeunes qui acceptent ou peuvent encore adhérer à une thérapeutique effective mais aussi faire attention à ce que le jeune ne s’enferme  pas dans un désenchantement du monde.

Un appel a été lancé aux diverses autorités et instances pour obtenir les moyens de lutte et de sensibilisation contre l’embrigadement des jeunes. Si ce fameux projet obtient le financement nécessaire, il se peut  qu’il s’étende en Wallonie et en Flandre, il se peut aussi qu’une interactivité puisse s’instaurer entre les sociétés civiles de la Belgique et du Maroc, deux Royaumes confrontés au phénomène de recrutement jihadiste.  La conférence organisée lundi soir à Casablanca constitue un pas significatif dans la sensibilisation de ce fléau.

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