Le photographe sud-africain GEORGE HALLETT exposé pour la première fois au Maroc

GEORGE HALLETT
George Hallett, détail de la couverture du livre de Nkem Nwankwo, My Mercedes Is Bigger Than Yours. Londres : Heinemann – African Writers Series, 1975

La Biennale Internationale de Casablanca poursuit son programme d’incubation 2020 au BIC Project Space avec l’exposition GEORGE HALLETT : son . texte . image.

Une présentation inédite au Maroc de l’œuvre du photographe sud-africain révélé au monde par ses portraits de Nelson Mandela lors de sa campagne présidentielle aux premières élections démocratiques sud-africaines en 1994. Images qui lui ont valu un World Press Photo Award en 1995.

Né au Cap en 1942, George Hallett a commencé sa carrière dans les années soixante en tant que photographe de rue sous la guidance de Jacky Heyns éditeur du fameux magazine Drum au Cap. En 1966, lorsque le gouvernement d’Apartheid déclare District Six – quartier culturellement mixte du Cap – comme Zone Blanche, le jeune photographe, encouragé par l’écrivain et artiste Peter E. Clarke et le poète contestataire James Matthews, saisit son appareil photo afin de documenter la vie de ce quartier avant que ne commencent les expulsions et démolitions.

District Six, un des viviers culturels métis et noirs en Afrique du Sud dans les années cinquante et soixante, est aussi le lieu où s’exprime l’intérêt de Hallett pour la littérature, forme créative à laquelle l’initie son professeur d’anglais, l’écrivain Richard Rive. C’est aussi chez Matthews, natif de ce quartier, qu’Hallett entend pour la première fois du jazz afro-américain, et découvre le travail du photographe pionnier Roy DeCarava et les écrits de Langston Hughes, figure emblématique de la Harlem Renaissance.

L’impact de ces premières expériences culturelles se reflètent tout au long de la pratique photographique de George Hallett dans laquelle s’inscrivent les thèmes du jazz sud-africain et de la littérature africaine. Portraits de musiciens tels que Johnny Dyani, Chris McGregor, Hugh Masekela, Louis Moholo ou Dudu Pukwana ; des écrivains Chinua Achebe, Mariama Bâ, Nadine Gordimer, Bessie Head, Wole Soyinka ; photographies de performances au festival de Jazz de Langa ou au mythique 100 Club de Londres ; compositions imaginées pour les couvertures de la collection African Writers Series des éditions Heinemann : les œuvres rassemblées pour cette exposition, datant des années soixante à quatre-vingt, révèlent un saisissant dialogue entre la photographie, la musique et littérature.


Des livres rares, dont les couvertures créées par Hallett sont le support de compositions visuelles parfois « théâtrales », donnent à voir l’autre facette d’une pratique artistique ouverte sur les arts graphiques. Ce lien entre la littérature et les processus de création de l’image est d’ailleurs un des ancrages de la 5ème Biennale Internationale de Casablanca intitulée « Les mots créent des images ».

Cette exposition est organisée en collaboration avec Making Histories Visible, projet de recherche pluridisciplinaire de l’Université de Central Lancashire.