Les prix des carburants poursuivent leur envolée

Au cœur de la saison estivale, le Maroc fait face à sa troisième augmentation consécutive des tarifs du diesel depuis le début du mois d’août. Dernièrement, une nouvelle augmentation a été appliquée occasionnant une élévation de 35 centimes par litre pour le diesel, faisant grimper son prix à 12,50 dirhams, au grand dam des consommateurs. Pendant ce temps, le coût de l’essence demeure dans la fourchette de 14,50 dirhams.

Cette progression tarifaire observée à l’échelle nationale est directement résultante de l’accroissement des valeurs mondiales du pétrole brut, une tendance observée au cours de juillet et d’août. Pour Mostafa Labrak, Directeur général d’Energysium Consulting, « Le Maroc importe 100 % de ses carburants et donc subit, de plein fouet, toutes les répercussions des fluctuations de ces produis pétroliers à l’international ». Selon lui, les carburants raffinés sont étroitement liés aux variations du cours du Brent, même si leurs tarifs sont basés sur l’indice Platts, qui sert de référence pour les prix des produits raffinés. Par exemple, en Juin 2023, le Brent était coté à 72 $ par baril, le Platts se situait à environ 700 $ par tonne pour le gazole, et son prix à nos stations s’établissait à 11,60 DH par litre. « En Août 2023, le Brent a atteint son pic à 86 $ par baril et le Platts à 906 $ par tonne, entraînant une tarification de 13,30 DH par litre dans nos stations. Cette évolution démontre une corrélation logique entre les prix, créant ainsi des répercussions inévitables sur les prix à la pompe », poursuit l’expert. Rappelons qu’au mois de janvier 2023, le Platts Gasoil était à 923 $/T et au niveau des stations à 13.88 DH le litre soit un prix supérieur au prix actuel . « Sans oublier l’importance de la variation du Dollar, monnaie d’échanges de produits pétroliers », rappelle Mostafa Labrak.

« Les raisons sous-jacentes de ces fluctuations à la hausse sont principalement d’ordre économique et géopolitique ».

Lorsque le prix du baril était fixé à 70 $, cela n’était pas avantageux pour les nations exportatrices de pétrole. Selon la même source, le cartel de l’OPEP+, dans sa position de pouvoir, a agi en conséquence en réduisant les quotas de production à partir de juin. « Cette diminution de l’offre, couplée à une demande vigoureuse mais temporaire pendant la saison estivale – une période de forte consommation annuelle -, a inévitablement entraîné une augmentation des prix. Les facteurs d’une demande robuste et d’une offre restreinte ont engendré cette hausse », explique le DG d’Energysium Consulting.

De plus, les préoccupations persistantes liées au conflit en Ukraine alimentent l’appréhension d’une escalade majeure entre la Russie et les nations occidentales. Selon la même source, une telle situation pourrait perturber considérablement les voies d’approvisionnement pétrolier. Le prix du pétrole est historiquement très sensible aux tensions géopolitiques. Les tensions récentes au Niger ne sont pas en reste et pourraient avoir un impact sur ses variations, étant donné que cette crise pourrait évoluer en un conflit armé dans la région, potentiellement touchant certains pays membres de l’OPEP+ tels que le Nigeria et le Gabon, parmi d’autres.

Conséquences

Pour Mostafa Labrak, « l’impact direct des augmentations des prix des carburants à déjà été constaté sur le coût de transport qui est une composante non négligeable dans les prix des matières et consommables et principalement les produits de première nécessite et le transport des personnes ».

L’inflation qui s’est manifestée tout au long de l’année sur une gamme de produits découle, en grande partie, des hausses enregistrées en 2022. En dépit de la baisse des coûts pétroliers durant la première moitié de 2023, la majorité des biens de consommation n’ont pas véritablement vu leurs prix baisser. En 2023, le Maroc enregistrera une facture énergétique moins élevée que celle de 2022, qui avait atteint environ 150 milliards de DH, soit pratiquement le double de celle de 2021, en raison de la flambée des prix du pétrole en 2022, selon la même source.

L’heure est aux énergies propres

Rappelons que le Maroc émerge en tant que possible fournisseur majeur potentiel d’énergie propre pour l’Europe, qui fait face à une demande en augmentation. Dans ce contexte, le pays a une opportunité unique de capitaliser sur cette situation et de la transformer en un atout stratégique.

Selon Mostafa Labrak, « les variations des prix des produits énergétiques continueront dans le temps avec des hauts et des bas car c’est le jeu des grandes puissances, entre producteurs, grands consommateurs, cartels et traders » . Et de poursuivre : « le Maroc, malheureusement, n’est qu’un importateur net et pour s’affranchir graduellement des énergies fossiles, il faut accélérer sa transition énergétique vers les énergies renouvelables qui représentent un grand potentiel ».

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