M. Krzysztof Majkowski, Président de CA de Flyargo « Le Sud du Maroc est le choix d’affaires idéal pour nous »

En cette fin d’année, Varsovie a fait la Une des médias nationaux. Et pour cause, l’annonce faite par le Président du Conseil d’Administration de Flyargo, Krzysztof Majkowski. En effet, la société polonaise spécialisée dans la fabrication d’hélicoptères ultralégers, à multiples usages y compris dans l’industrie sanitaire et agricole, a fait le choix d’investir dans les provinces du Sud du Maroc, désormais destination de prédilection pour les investisseurs polonais.

Et c’est lors d’une réunion de travail avec l’ambassadeur du Maroc en Pologne, Abderrahim Atmoun, qu’une déclaration conjointe a été signée dans le but d’entamer les démarches nécessaires pour l’installation de Flyargo au Maroc.

A noter que la décision de Flyargo d’investir dans les provinces du Sud a été l’aboutissement d’une série de rencontres fructueuses entre l’ambassadeur du Maroc en Pologne et les membres du Conseil d’Administration de l’entreprise et des opérateurs économiques polonais. Dans le même ordre des choses et pour lever les fonds nécessaires pour le financement du projet en question, une autre réunion a été tenue avec le vice-président du Fonds de développement polonais et des fonds privés, Bartlomiej Pawiak.

Par ailleurs, le groupe polonais a exprimé son admiration pour la stratégie du Maroc en matière de développement économique. Tant et si bien que cet investissement s’inscrit justement dans le cadre des efforts de développement économique du Royaume, entrepris sous le leadership de Sa Majesté le Roi. Faut-il donc souligner que le choix du Maroc et surtout des provinces du Sud n’est pas fortuit ? Certes, un long processus d’accompagnement de l’entreprise polonaise a été effectué dans le but d’installer une usine de production au Maroc mais ce choix s’appuie sur diverses motivations entre autres et pas des moindres, la stabilité politique du Royaume étant le grand atout pour tout investisseur étranger, le choix ne s’est pas fait trop attendre. Preuve en est que le Président du Conseil d’administration de Flyargo a déclaré que le choix de l’entreprise d’installer une usine au Maroc est dû principalement à sa stabilité politique, sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et à l’environnement propice à l’investissement qu’offre le Royaume. La volonté d’investir à Dakhla s’inscrit donc dans le cadre d’un programme élaboré en coordination avec les secteurs concernés. Un investissement qui se fera en partenariat avec un opérateur marocain selon Abderrahim Atmoun, Ambassadeur du Maroc en Pologne.


D’autant plus que le Maroc qui bénéficie d’une forte présence sur le continent africain constitue une porte d’entrée vers l’Afrique pour la Pologne afin d’en faire la tête de front pour explorer le marché africain et se développer sur le continent. Et c’est sans doute là un autre critère de taille.

A rappeler qu’une première visite de prospection au Maroc a déjà eu lieu au début de l’année 2020. Une prochaine visite des membres du Conseil d’Administration de l’entreprise et du vice-président du Fonds polonais de développement, au Maroc est prévue pour mi-février 2021. C’est dire que les provinces du Sud du Royaume ne cessent d’attirer l’intérêt des investisseurs étrangers qui ne tarderont pas de s’y implanter.

Dans cet entretien exclusivement accordé à MAROC DIPLOMATIQUE, nous vous rapprocherons plus de Flyargo à travers son Président du Conseil, monsieur Krzysztof Majkowski.

   MAROC DIPLOMATIQUE : En votre qualité de Président du Conseil de la société polonaise Flyargo, vous avez annoncé, le 23 décembre, que l’entreprise allait s’implanter au Maroc. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?


– M. Krzysztof MAJKOWSKI : Je suis convaincu que le produit de notre société, l’autogire Xenon, dans diverses configurations, est un produit idéal pour le marché africain. Le Maroc est aujourd’hui le leader économique en Afrique et la porte d’entrée de l’Afrique en raison de la politique du gouvernement et de Sa Majesté le Roi. Cela crée des opportunités potentiellement très importantes pour des investissements stables et à long terme.

MD : Pouvez-vous nous rapprocher plus de votre société et de ses activités parce qu’il faut bien le dire : on parle peu de la filière de la fabrication des hélicoptères au Maroc ?

– K.M : La société Flyargo opère dans le domaine des technologies aéronautiques très avancées. Elle a un produit innovant dans le monde dans la catégorie des autogires ultralégers (jusqu’à 590 kg), qui, en raison de la facilité d’utilisation et des coûts d’exploitation très bas, est un produit idéal pouvant être utilisé dans de nombreux domaines, à savoir l’économie, le tourisme, l’agriculture, le sauvetage et les fonctions de reconnaissance et d’observation.

Notre société dispose de son propre département de recherche et développement, qui travaille dans le domaine des nouvelles solutions et technologies dans le secteur des autogires. Nous avons également notre propre département de formation des pilotes.


MD : Pour les moins érudits, quelles sont les particularités des hélicoptères ultralégers Flyargo et dans quels domaines ils sont utilisés ?

– K.M : Les autogires Flyargo ultralégers sont des machines aux capacités étonnantes. Les matériaux à partir desquels ils sont fabriqués garantissent les plus hauts standards de sécurité et de confort. La cabine en fibre de carbone est particulièrement importante, car elle offre une résistance maximale tout en étant caractérisée par le poids le plus bas possible. Grâce à leurs avantages, les autogires sont utilisés par des experts de haut niveau dans l’aviation civile, l’armée, la police, les pompiers ainsi que dans l’agriculture et la géodésie. Le modèle phare sous le nom de Xenon a une autonomie de plus de 600 km à une vitesse pouvant atteindre 195 km / h. Cela fait de nous un leader mondial dans ce domaine.

MD : Le choix d’investir dans les provinces du Sud est-il fortuit ? Que représente pour vous le marché marocain ?

– K.M : Les provinces du Sud du Maroc, comme j’ai annoncé dans une déclaration à la télévision marocaine, sont, à mon avis, une zone idéale pour le développement et l’utilisation de toutes les fonctions des autogires ultralégers. Le marché marocain a un très grand potentiel de développement et est devenu un lieu idéal pour promouvoir nos autogires, et à l’avenir, un lieu de leur distribution vers d’autres pays africains.


MD : Sachant que le Maroc bénéficie d’une forte présence sur le Continent africain, comment pensez-vous mettre à profit cet atout de taille ?

– K.M : Notre stratégie d’investissement est de créer une entité forte au Maroc, qui serait en mesure de produire des autogires non seulement pour le marché marocain, mais aussi pour toute l’Afrique. Nous souhaitons également créer un centre de formation pour les pilotes des pays africains qui seront nos clients. À cet égard, le Sud du Maroc est le choix d’affaires idéal pour nous.

MD : Peut-on avoir une idée sur vos prévisions quant à l’avenir de la société au Maroc ? Date d’ouverture … Nombre d’emplois à créer … Quantité de production … Exportation…

– K.M : Pour le moment, il est trop tôt pour fournir ces détails et déclarer des nombres et des valeurs spécifiques. Nous prévoyons une visite de travail au Maroc et des négociations commerciales détaillées dans la seconde quinzaine de février. Les décisions concrètes sur le montant financier de l’investissement, le nombre d’employés, etc. dépendront de ces discussions et rencontres avec les partenaires marocains.


Nous travaillons actuellement sur un business plan pour notre investissement.

Souad Mekkaoui est la Directrice de la Rédaction de « Maroc diplomatique ». Une passion pour l’écriture et un irrésistible désir de communiquer. Auparavant professeur de langue française, écrivaine et aujourd’hui journaliste en charge de « Maroc diplomatique » dans ses versions écrite et numérique, Souad Mekkaoui, auteure de Plus forte que la souffrance et Femmes au purgatoire, elle est aussi une femme engagée avec sa plume contre les abus de tous genres, sociétaux et moraux. Son style s’inspire de l’impertinence, il nous livre en revanche une vision pertinente des choses, il questionne…