La Méditerranée, l’une des zones de la planète les plus vulnérables aux changements climatiques

 La Méditerranée est probablement l’une des zones de la planète les plus vulnérables aux changements climatiques, a indiqué le président directeur-général de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), Jean Paul Moatti.
Si la Méditerranée ne représente que 1,5% de la surface terrestre, elle abrite plus de 10% de la biodiversité, a expliqué M. Moatti dans une déclaration à la MAP à l’occasion d’un évènement en marge de la COP22 autour de “La coopération scientifique franco-méditerranéenne dans la lutte contre les changements climatiques”, notant que parmi les espèces actuellement menacées dans cette région, “plus de la moitié sont endémiques, c’est-à-dire qu’elles existent uniquement dans la zone méditerranéenne”.

De même, il faut rappeler que l’acidification, soit l’augmentation du taux d’acidité en mer à cause des émissions de CO2, est particulièrement forte en Méditerranée, ce qui ne manque pas d’avoir des effets néfastes sur la faune, les espèces et l’ensemble des écosystèmes, a-t-il dit, expliquant qu’une élévation même limitée du niveau de la mer au long des 46.000 km de côtes que compte la Méditerranée entraîne des dérèglements climatiques majeurs, comme les sécheresse et les inondations. “La Méditerranée est indéniablement un hot spot, de vulnérabilité aux changements climatiques”, a renchérit de son côté Maria Snoussi, professeur à l’Université Mohammed V de Rabat, faisant savoir que toutes les études sectorielles qui ont été menées, que ce soit sur les ressources hydriques, les zones côtières, l’agriculture ou la biodiversité, ont montré qu’il était urgent d’ériger une passerelle entre les scientifiques et les décideurs pour qu’ils prennent en considération les résultats des études scientifiques dans l’élaboration des politiques à l’échelle méditerranéenne. Cet évènement parallèle a été marqué par la présentation d’un ouvrage scientifique collectif intitulé “La Méditerranée face au changement climatique: Etat des lieux de la recherche”. Publié par l’Alliance nationale de recherche sur l’environnement (Allenvi) à l’occasion de la 22ème Conférence des Parties de la Convention Cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP22) qui se tient à Marrakech du 7 au 18 novembre, il est le fruit de la mobilisation d’environ 350 chercheurs et universitaires des deux rives de la Méditerranée. Selon ses auteurs, il constitue une synthèse scientifique exceptionnelle sur les mécanismes du changement climatique, ses impacts sur l’environnement, l’économie, la santé et les sociétés de la Méditerranée. Il représente par ailleurs un précieux outil pour élaborer des réponses, fondées sur “l’évidence scientifique”, en matière d’adaptation, de conservation des ressources, de solutions ou de prévention des risques.

Mettant en exergue toute la complexité de l’environnement méditerranéen, cet ouvrage est une contribution scientifique majeure à la question climatique, au croisement des questionnements scientifiques dans une perspective de décloisonnement disciplinaire. Cette rencontre a été organisé par l’IRD, le Secrétariat d’Etat français à l’enseignement supérieur et à la recherche.