«Mots pour maux» de Ahmed Ghayet

Après son excellent livre « De l’autre côté du soleil » qui est un acte de militantisme à travers lequel Ahmed Ghayet a essayé d’insuffler l’espoir, la joie de vivre et l’amour de l’engagement associatif, l’auteur nous revient avec un nouvel ouvrage de convictions et d’aspirations. Fidèle à sa nature, l’écrivain ne se contente pas de dénoncer et de faire le diagnostic des maux de la société mais va au-delà et adopte une attitude constructive qui lui est propre, c’est bien entendu celle de faire de ses écrits le miroir qui reflète son expérience universelle dans le monde social, politique et associatif. Animé par un amour inégalé pour son pays, il se donne le devoir d’orienter et d’accompagner une catégorie de la société et qui n’est pas des moindres, celle des jeunes qui sont exclus de la vie sociale et politique. Aussi Ahmed Ghayet, militant associatif et président de l’association « Marocains pluriels » fait-il de la défense des valeurs universelles, morales et humaines son bâton de pèlerin. La tolérance, le dialogue, l’ouverture sur l’Autre, la volonté de contribuer à l’avancement du pays constituent les maîtres mots de la conduite de l’auteur dont le travail sur le terrain constitue la meilleure motivation pour Ahmed Ghayet qui réunit la jeunesse marocaine autour de lui afin de l’impliquer dans des débats fructueux sur les sujets d’actualité de la société marocaine comme le vivre-ensemble, la culture, le racisme, l’identité, la jeunesse, la radicalisation et bien d’autres thèmes de rigueur.

A travers « Mots pour maux », Ahmed Ghayet donne l’image fidèle et parfaite d’un monde en manque d’harmonie. En effet, en 16 années, le Maroc a changé, beaucoup changé ! Le développement économique, l’évolution de nos infrastructures, notre place sur la scène internationale…sont autant d’avancées incontestables. Petit à petit, une classe moyenne émerge et tant bien que mal, les femmes et les jeunes se frayent un chemin au milieu des obstacles et des (faux) tabous qui encombrent notre évolution.

Paradoxalement c’est sur le plan sociétal que nous trébuchons : les libertés individuelles continuent à être vécues comme synonymes de débauche, le rejet de l’Autre a rarement été aussi fort, le racisme tente de nous gangréner, l’exclusion sociale et / ou territoriale est l’une des plus grandes entraves au vivre-ensemble et le risque de ghettoïsation urbaine est palpable. C’est sur ces maux que Ahmed Ghayet a voulu mettre des mots, non pas tant dans un souci de les recenser en spectateur, mais au contraire, avec le souci de les désigner concrètement afin de leur proposer –de leur trouver ? – des solutions !

Extrait :

«La question de notre avenir est dépendante de ce que la société fera pour que notre jeunesse trouve sa place –toute sa place- dans le projet de société que nous devons construire tous ensemble. La jeunesse a le pouvoir d’appuyer sur l’accélérateur pour contribuer au développement et au progrès du pays si elle est concernée, impliquée, intégrée, elle sera à contrario, l’épine dans le pied de toute avancée si elle est marginalisée, méprisée, reléguée à un rôle de figurante. »