Nasser Bourita relance le partenariat avec l’Allemagne et reçoit Annalena Baerbock à Rabat

Par Hassan Alaoui

Commençons par ce souhait : Willkommen Frau Baerbock !

Ce mercredi 24 août, une nouvelle page s’ouvre entre le Royaume du Maroc et l’Allemagne. Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des MRE recevra aujourd’hui à Rabat Mme Annalena Baerbock, ministre des Affaires étrangères d’Allemagne. 

Si cette visite s’inscrit dans le cadre d’une normalisation – qui est plutôt un signe de retrouvailles entre les deux pays-, elle marque un tournant. C’est la première fois que la cheffe de la diplomatie allemande effectue dans la région, en Afrique et dans le monde une visite aussi importante.

Elle sera marquée en effet par des entretiens de haut niveau entre les deux chefs de la diplomatie, qui aborderont – selon nos sources – des questions bilatérales, régionales et internationales. Dans le même ordre d’idées, les deux hauts responsables discuteront des modalités pour renforcer le partenariat économique entre le Maroc et l’Allemagne dont il convient de renforcer le développement, des rapports du Maroc avec l’Union européenne, des questions régionales et internationales, dont bien entendu le Sahara.

Il convient de rappeler que la visite d’Annalena Baerbock survient quatre jours à peine après le discours que le Roi Mohammed VI a prononcé à l’occasion du 69ème anniversaire de la Révolution du Roi et du peuple et dans lequel le Souverain a rendu un hommage appuyé à certains Etats dont l’Allemagne pour avoir été les tout premiers grands pays à reconnaître la marocanité du Sahara. C’est un fait significatif que l’Allemagne, dirigée aujourd’hui par une coalition où dominent les Verts dont Mme Baerbock incarne l’étoile montante, ait été l’une des premières puissances européennes voire mondiales à rendre justice au Maroc. Et de ce fait à démentir et rejeter la position d’hostilité manifeste de la CDU sous l’ancienne chancelière Angela Merkel qui n’avait pas trouvé mieux que d’exclure le Maroc de la Conférence de Berlin sur la Libye, organisée en janvier 2020 , alors que les accords les plus importants sur ce dossier avaient été signés à Skhirat en 2015…

L’Allemagne est l’un des tout premiers pays d’Europe, tant sur le plan économique que diplomatique et culturel. Le Royaume du Maroc est depuis toujours, autrement dit depuis le chancelier Konrad Adenauer, un partenaire privilégié de l’Allemagne fédérale avec laquelle des relations diplomatiques avaient été établies, lesquelles se sont non seulement maintenues mais renforcées sous les divers gouvernements, chrétien-démocrate de la CDU ou social démocrate du SPD. Le partenariat historique maroco-allemand s’inscrit sous le label de « coopération au développement », concept original à dimension ambitieuse et moins paternaliste que ne le laisserait d’autre type de partenariat. L’Allemagne reste parmi les tout premiers bailleurs de fonds du Maroc, elle lui apporte une assistance technique significative. Avec le Maroc, elle développe un partenariat exemplaire sur l’énergie et notamment le projet de l’énergie verte, l’hydrogène portés par les « Verts » (Di Grünen).

Comme l’explique une note du gouvernement allemand, « les Objectifs de développement durable, rassemblés dans l’agenda 2030 et établis par les États membres des Nations Unies en septembre 2015, constituent le cadre d‘orientation de la coopération au développement avec le Maroc.

Les secteurs prioritaires de la coopération maroco-allemande sont l’énergie, l’eau et le développement économique durable. Par ailleurs, des projets sont également réalisés dans les domaines de l’environnement, de la gouvernance démocratique à travers la régionalisation et de la migration. La place de la femme et l’égalité des sexes est un sujet transversal qui est intégré dans tous les projets ».

La visite de Mme Baerbock s’inscrit en vérité dans une tradition que les aléas de la conjoncture internationale ne sauraient changer. Le conflit du Sahara, pas plus que d’autres, n’affecte pas une relation privilégiée depuis des décennies. Le Roi Hassan II n’avait de cesse de vanter le deutsche Model, et optait volontiers pour l’exemple des Landers et leur gouvernance. Le Plan d’autonomie proposé et défendu par le Roi Mohammed VI au Sahara s’inspire également du modèle allemand. Sur le plan diplomatique, les positions des deux pays se sont retrouvées à plusieurs reprises, notamment au niveau du conflit palestinien, Rabat et Berlin exigeant la coexistence de deux Etats, comme aussi sur la question de la lutte contre le terrorisme où une coopération exemplaire se renforce. Qu’une élue « verte », ministre des Affaires étrangères de surcroît de cette Allemagne qui a donné Willy Brandt, Helmut Schmitt, Helmut Kohl, Joska Fischer, soit à présent l’une des clés du renouveau maroco-allemand, nous réjouit et ouvre pour nos deux pays et nos deux peuples la voie du progrès et du partage.

 

 

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