Négociations post-Brexit: Les eurodéputés rejettent “les choix à la carte” du Royaume-Uni

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Les eurodéputés ont réitéré leur soutien massif à la position de l’Union européenne (UE) dans les négociations sur les futures relations avec le Royaume-Uni, affirmant leur rejet des “choix à la carte” des Britanniques sur ce dossier.

Ce rejet a été exprimé dans un projet de résolution adopté par les commissions des affaires étrangères et du commerce international au Parlement européen, en amont de la conférence de haut niveau qui se tient ce lundi entre les dirigeants européens et britannique.

La rencontre réunit, sous le format de vidéoconférence, le Premier ministre britannique Boris Johnson, le Président du Conseil européen Charles Michel et la Présidente de la Commission Ursula von der Leyen, avec la participation du Président de l’institution législative européenne David Sassoli, pour faire le point sur les résultats des négociations jusqu’à présent.

Dans leur projet de résolution, les députés européens regrettent qu'”aucun progrès réel n’ait été réalisé à ce jour et que les divergences demeurent importantes” entre les deux parties.

Ils mettent en garde notamment contre “l’approche fragmentaire” du gouvernement britannique, soulignant qu’un accord global est dans l’intérêt des deux parties.


Il est “inacceptable” pour l’UE que le Royaume-Uni “choisisse à la carte certaines politiques et son accès au marché unique après le Brexit”, précise le texte qui réaffirme “le soutien sans réserve” du Parlement européen au négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, dans ses négociations avec le Royaume-Uni, sur la base du mandat politique qui lui a été donné par les États membres de l’UE et des résolutions du Parlement.

Les eurodéputés insistent à cet égard sur l’impératif d’une mise en œuvre fidèle de l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’UE, notamment en ce qui concerne les droits des citoyens, “une condition préalable pour assurer la confiance nécessaire à la conclusion d’un accord sur les futures relations”.

Ils appellent aussi les parties à assurer “une mise en œuvre stricte” du protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord, qui était déjà le principal point de discorde lors des précédents pourparlers avant la conclusion de l’accord sur le Brexit.

Le texte prévient, par ailleurs, que l’approbation par le Parlement européen de tout accord commercial avec le Royaume-Uni est conditionnée à l’acceptation par le gouvernement britannique de conditions de concurrence équitables (règles et normes communes) dans le domaine, entre autres, de la protection de l’environnement, des normes de travail et des aides d’État, ainsi qu’à la conclusion d’un accord sur la pêche.


Jusqu’à présent, le Royaume-Uni n’a pas encore engagé de négociations sur les dispositions garantissant une concurrence équitable, expliquent les eurodéputés.

Les nouvelles discussions entre les dirigeants européens et britannique interviennent alors que les négociations entre Londres et Bruxelles sur leur relation future sont dans l’impasse en raison de profondes divergences.

Malgré l’absence de progrès, le négociateur en chef européen, Michel Barnier, avait estimé la semaine dernière au terme du quatrième cycle de pourparlers avec la délégation britannique qu’un “terrain d’entente” restait possible “dans le courant de l’été et au plus tard au début de l’automne”.

Le Royaume-Uni a formellement quitté l’UE le 31 janvier, pour entrer dans une période de transition, prévue jusqu’à fin décembre 2020, durant laquelle le pays continue d’appliquer, jusqu’à la fin de l’année, les normes de l’UE.


Cette période, dont une éventuelle prolongation doit être demandée avant le 1er juillet, vise à permettre à Londres et à Bruxelles de trouver un accord sur leur futur partenariat, cependant le calendrier s’annonce très serré vu la multitude des dossiers sur la table des négociateurs et les incertitudes liées à la crise du coronavirus.

Le Royaume-Uni a, d’ailleurs, confirmé “formellement” vendredi à l’Union européenne ne pas vouloir prolonger la période de transition expirant fin décembre pendant laquelle ils doivent s’accorder sur leur relation post-Brexit.