OTAN : le Sommet de la réconciliation ou de toutes les discordes ?

Sommet
Sommet

Le Sommet intervient dans une période particulièrement tendue, depuis les décisions controversées des Etats-Unis et de la Turquie et les déclarations enflammées de Macron. L’occasion de remettre les pendules à l’heure, ou au contraire, de raviver les tensions.

Le Sommet de l’OTAN s’est tenu les 3 et 4 décembre à Londres, en présence de tous les chefs d’Etats membres. L’occasion de célébrer les 70 ans de l’Alliance mais aussi d’aborder les défis majeurs, notamment, son financement, ainsi que ses objectifs.

Un Sommet sous tension : une France isolée, les Etats-Unis frustrés, et des divergences d’opinion

Depuis le retrait des troupes américaines et l’offensive de la Turquie en Syrie, les relations ne sont pas au beau fixe au sein de l’Alliance. Ces décisions non concertées avaient donné lieu à des déclarations de Macron qui jugeait l’OTAN en « état de mort cérébrale ». Des propos qui ont suscité l’ire de ses partenaires. La Turquie est allé jusqu’à qualifier Macron d’ « incompétent » et d’être lui-même en « état de mort cérébrale ». Isolé, Macron a fait face aussi aux attaques de Trump, lors d’une conférence de presse de près de 40 minutes la veille du Sommet.

→ Lire aussi : Canada : Polémique autour d’une vidéo embarrassante de Justin Tr…


Cet échange avec Trump a été l’occasion pour le Président français de camper sur ses positions vis-à-vis de l’Alliance.  « Je sais qu’il y a eu des réactions à ce que j’ai dit, mais je maintiens ma position ». Un « fardeau partagé » selon lui, dans la mesure où les « Etats-Unis ont surinvestit pendant des années ».  Pour cela, Macron propose une participation plus forte de l’UE, « Nous serons au rendez-vous ». Il rappelle néanmoins qu’il ne s’agit pas uniquement d’une question d’argent, mais aussi de soldats. « C’est le prix à payer pour une sécurité partagée ». L’occasion pour lui de tacler Trump sur le retrait de ses troupes, tout en rappelant la nécessité d’une mise au point et d’une clarification quant aux principes fondamentaux de l’OTAN.

Par ailleurs, Trump n’a pas caché son mécontentement vis-à-vis de l’Union européenne. Bien que celle-ci soit partenaire et proche de longue date avec les Etats-Unis, le Président n’a pas hésité à pointer du doigt la politique commerciale de celle-ci. En effet, il dénonce les barrières empêchant les produits américains de pénétrer sur le continent, alors que les américains ont « perdu beaucoup d’argent depuis la création de l’UE ». Une situation selon lui injuste qui va donner lieu à des discussions et à une prise de décision prochainement. Trump dénonce aussi les Etats qui gagnent « une fortune sur le dos des Etats-Unis et qui ne paient pas leur part sur l’Otan ». A ce titre, il annonce vouloir régler la problématique rapidement, notamment à travers des taxes ou des impôts.

Cette discussion a également permis de dévoiler la divergence d’opinions sur la question du terrorisme entre certains Etats membres. La France accuse la Turquie de se livrer à un combat contre des alliés, et qui ne partage pas la même définition du terrorisme. Trump quant à lui, affirme son rapprochement avec la Turquie, avec qui il estime être relativement proche et entretenir de bonnes relations, tout en reprochant à Macron la présence d’étrangers, notamment ressortissants européens, dans les rangs de  « l’Etat Islamique ».

La Déclaration de Londres : renforcement et élargissement de l’Alliance


Le communiqué de ce Sommet informe de la résolution des Etats à augmenter leurs investissements pour se conformer « aux seuils de 2 % et de 20 % qui y sont définis ». Le communiqué souligne aussi le renforcement de la coopération avec l’ONU et l’intégration prochaine d’un nouveau membre au sein de l’Alliance, la Macédoine du Nord. Enfin, le Secrétaire Général est invité à présenter aux « Ministres des Affaires étrangères, une proposition approuvée par le Conseil, avec le recours à l’expertise pertinente, un processus de réflexion prospective visant à renforcer encore la dimension politique de l’OTAN, y compris la consultation ».