Les participants à la CIEC appellent à l’adoption d’un plan d’action prioritaire pour l’eau en Afrique

Les participants à la Conférence internationale sur l’eau et le climat (CIEC) ont appelé, mardi à Rabat, la communauté internationale à adopter un plan d’action prioritaire pour l’eau en Afrique.

Lors d’une table ronde ministérielle placée sous le signe “L’eau en Afrique : pour une justice climatique” et tenue en marge de la CIEC, les participants ont lancé un appel baptisé “Water for Africa” pour œuvrer à “l’intégration des agendas de l’eau et du climat, pour des sociétés résilientes et des écosystèmes protégés, en vue de répondre aux besoins de l’adaptation aux changements climatiques et d’atteindre les objectifs du développement durable en Afrique”.

Cette rencontre, qui a été marquée par la présence de 18 ministres africains chargés du département de l’eau, dont la ministre délégué chargée de l’Eau, Charafat Afailal, a été l’occasion pour exhorter la communauté internationale à considérer l’eau comme une priorité dans les discussions sur l’adaptation.

Ils ont mis l’accent sur la nécessité de mettre en place des mécanismes de suivi des engagements pris dans le domaine de l’eau et du changement climatique et de mobiliser les financements nécessaires pour soutenir l’Afrique dans l’élaboration de contributions efficaces en matière d’adaptation, notamment dans le domaine de l’eau.


Les ministres africains ont également souligné l’importance d’ouvrir davantage les fonds climat à des projets au niveau du continent africain pour une meilleure gestion des ressources en eau et soutenir le développement des projets d’infrastructures, recommandant de lier l’atteinte des objectifs de développement durable aux actions de résilience aux changements climatiques.

A cet égard, les participants ont souligné l’urgence et la nécessité d’engager des actions de résilience et d’adaptation aux changements climatiques dans le domaine de l’eau pour parachever les chantiers de développement durable dans le continent africain.

En outre, ils ont attiré l’attention sur le fait que, globalement, l’Afrique est “très en-dessous des moyennes mondiales pour la majorité des indicateurs liés à l’accès à l’eau et au service de l’assainissement, ainsi que ceux liés à la sécurité alimentaire”.

Cette réunion ministérielle vise à mettre en avant le secteur de l’eau comme un des défis les plus urgent pour le développement durable de l’Afrique et pour faire face aux changements climatiques.


Elle s’assigne pour objectif de lancer des messages unis à travers le continent pour une meilleure prise en compte de l’eau dans les mécanismes d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques et pour la mobilisation des financements spécifiques à l’eau en Afrique.

La rencontre a été également l’occasion de faire un focus sur les Objectifs du développement durable (ODD) liés à l’eau et les rôles attendus des institutions internationales pour leur concrétisation en Afrique.

La Conférence internationale sur l’eau et le climat, organisée par le ministère délégué chargé de l’Eau, en collaboration avec le ministère français de l’Environnement, de l’énergie et de la mer et le Conseil mondial de l’eau (CME), s’inscrit dans le cadre des préparatifs à la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP22).

Cette rencontre de deux jours vise à faire un plaidoyer pour positionner l’eau au centre des négociations de la COP22 et susciter le débat sur l’interdépendance entre le climat et l’eau.


Pour atteindre ces deux buts primordiaux, les organisateurs s’engagent à sensibiliser les décideurs sur l’impact des changements climatiques sur l’eau et à souligner l’importance de la ressource hydrique comme étant “un domaine d’adaptation et de résilience”.

La conférence s’assigne également pour objectif de mobiliser les acteurs politiques, institutionnels, scientifiques et techniques pour fédérer et poursuivre les initiatives et engagements adoptés lors de la COP21, notamment l’initiative “Climate Is Water”, la coalition des mégapoles sur l’eau, le pacte de Paris sur l’eau, l’adaptation aux changements climatiques dans les bassins et les engagements de la société civile, des ONG et des jeunes.

Cette réunion s’articule autour de quatre sessions principales, à savoir la “vulnérabilité des ressources en eau aux changements climatiques”, la “place de l’eau dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris et des objectifs du développement durable”, “l’Alliance Eau-Energie-Sécurité alimentaire-Santé-Education” et “l’eau dans les mécanismes de financement liés aux changements climatiques”.

La conférence est rehaussée par la présence d’une vingtaine de délégations officielles, dont 12 sont conduites par les ministres en charge du secteur de l’eau.