Plus de mille parlementaires européens font bloc au projet d’annexion de la Cisjordanie occupée

projet d’annexion

Plus d’un millier de parlementaires européens ont rendu publique, mercredi, une lettre ouverte pour stopper le projet d’annexion de parties importantes de la Cisjordanie occupée.

«Nous, parlementaires de toute l’Europe engagés en faveur d’un ordre mondial fondé sur des règles, partageons de vives inquiétudes concernant le plan du président Trump pour le conflit israélo-palestinien et la perspective d’une annexion israélienne du territoire de la Cisjordanie. Nous sommes profondément préoccupés par le précédent que cela créerait pour les relations internationales en général », lit-on dans cette lettre signée par tous des partis de toutes les tendances politiques européennes.

Depuis des décennies, ajoutent les signataires de la lettre, l’Europe promeut une issue juste au conflit israélo-palestinien sous la forme d’une solution à deux États, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies, relevant que malheureusement, le plan du président Trump s’écarte des paramètres et des principes convenus au niveau international.

Ce plan, explique la lettre, «favorise un contrôle israélien permanent sur un territoire palestinien fragmenté, laissant les Palestiniens sans souveraineté et donnant feu vert à Israël pour annexer unilatéralement des parties importantes de la Cisjordanie ».

Suivant la voie du plan Trump, note la lettre, la coalition israélienne récemment composée stipule que le gouvernement peut aller de l’avant avec l’annexion dès le 1er juillet 2020.


Cette décision, mettent les signataires en garde, «sera fatale aux perspectives de paix israélo-palestinienne et remettra en question les normes les plus fondamentales qui guident les relations internationales, y compris la Charte des Nations Unies ».

Les Parlementaires européens se disent «profondément préoccupés par l’impact de l’annexion sur la vie des Israéliens et des Palestiniens ainsi que par son potentiel déstabilisateur dans la région aux portes de notre continent».

Ces préoccupations, poursuivent-ils, «ne sont pas moins graves à un moment où le monde est aux prises avec la pandémie de Covid-19, la plus grave urgence collective à laquelle nous ayons été confrontés depuis des décennies».

«En reconnaissance de l’engagement à long terme de l’Europe en faveur d’une résolution pacifique du conflit israélo-palestinien, nous demandons aux dirigeants européens d’agir avec détermination pour relever ce défi. L’Europe doit prendre l’initiative de réunir les acteurs internationaux pour prévenir l’annexion et pour préserver les perspectives de la solution à deux États et d’une juste résolution du conflit», écrivent les signataires.


Les représentants européens, dont le haut représentant de l’Union européenne Josep Borrell, ont déclaré que les étapes vers l’annexion, si elles sont mises en œuvre, ne passeront pas sans être contestées, rappellent les signataires, affirmant soutenir «pleinement cette affirmation : l’acquisition de territoire par la force n’a pas sa place en 2020 et devrait avoir des conséquences proportionnelles ».

Ils soulignent que l’absence de réponse adéquate encouragerait d’autres États ayant des revendications territoriales à ne pas respecter les principes fondamentaux du droit international, notant que l’ordre mondial fondé sur des règles est essentiel pour la stabilité et la sécurité à long terme de l’Europe. «Nous avons un intérêt profond à le protéger et en portons la responsabilité».

Et d’ajouter qu’une «solution durable au conflit doit répondre aux aspirations légitimes et aux besoins de sécurité des Palestiniens et des Israéliens et garantir leur égalité de droits. L’Europe dispose des outils diplomatiques nécessaires pour promouvoir cela et nous sommes prêts à soutenir ces efforts».