Suspendu 5 ans, le président de la CAF saisit le TAS

CAF

Le président de la Confédération africaine de football (CAF) Ahmad Ahmad, suspendu pour cinq ans par la Fifa pour plusieurs manquements éthiques dont des détournements de fonds, a annoncé mercredi qu’il allait saisir le Tribunal arbitral du sport.

“La décision n’a pas été rendue de façon juste et impartiale”, assure sur son compte Twitter le dirigeant malgache de 60 ans, qui comptait briguer un deuxième mandat à la tête du football africain lors d’un scrutin prévu le 12 mars 2021.

L’appel déposé devant la juridiction sportive “sera assorti d’une demande d’effet suspensif” de la décision de la Fifa, afin de permettre à Ahmad Ahmad “de mener campagne en vue de sa réélection”, ajoute un communiqué de son équipe.

Dans un communiqué publié lundi, la commission d’éthique de la Fifa a estimé que le dirigeant “avait manqué à son devoir de loyauté, accordé des cadeaux et d’autres avantages, géré des fonds de manière inappropriée et abusé de sa fonction de président de la CAF”.

Elle lui a donc interdit pour cinq ans “toute activité relative au football”, nationale et internationale, et l’a condamné à 200.000 francs suisses (185.000 euros) d’amende.


Mais Ahmad Ahmad déplore “des fuites” dans la presse “d’informations relatives à la procédure en cours” et fait état de “rumeurs” concernant “une possible implication de la Fifa dans le travail de la commission d’éthique”, censée être indépendante.

Il affirme que la justice interne de l’instance “s’est empressée de rendre dans l’urgence une décision immédiatement exécutoire, sans communiquer les motifs de sa sentence”, dans le but de lui barrer la route de la réélection.

La Fifa, qui publiera sa décision détaillée dans les 60 jours, a pour l’heure indiqué que l’enquête avait “porté sur diverses questions liées à la gouvernance de la CAF, dont l’organisation et le financement d’un pèlerinage à La Mecque, ses accointances avec l’entreprise d’équipement sportif Tactical Steel et d’autres activités”.

Cette procédure disciplinaire recoupe donc en partie l’enquête pénale ouverte en mai 2019 à Marseille, notamment pour corruption, qui avait valu au dirigeant d’être interpellé et placé en garde à vue avant de ressortir sans poursuites.


Dans ce dossier, la CAF avait dans un premier temps signé avec Puma fin 2017 pour la fourniture d’équipements habillant les 580 bénévoles du Championnat d’Afrique des nations, mais avait rompu cet accord au profit de la PME française Tactical Steel, pour un montant supérieur au contrat initial.

L’intérim à la tête du football africain est assuré par son vice-président congolais Constant Omari, qui avait pris les rênes de l’instance depuis la mi-novembre pendant qu’Ahmad Ahmad récupérait du coronavirus.

( Avec AFP )