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Tunisie-FMI, un programme de sauvetage à hauts risques

En plus de la paralysie politique qu’elle traverse depuis maintenant plus de trois mois, dont la déclinaison est la guerre ouverte entre les trois têtes du pouvoir, la Tunisie connaît une crise économique et sociale sans précédent qui l’a poussé à faire un appel presque de détresse au Fonds Monétaire International (FMI).

En sollicitant officiellement l’institution de Bretton Woods, la Tunisie espère conclure le plus rapidement possible un accord sur trois ans et l’obtention de 3,3 milliards d’euros pour 2021, en contrepartie de réformes jugées “douloureuses, coûteuses et porteuses de grands risques“.

A ce niveau, la question qui taraude de nombreux experts consiste à savoir si l’obtention de nouvelles ressources financières suffirait à régler la situation du pays, paralysé par une classe politique incapable de s’entendre sur l’essentiel.

D’ailleurs, la délégation tunisienne partie en mission, du 3 au 8 mai à Washington, a montré d’entrée de jeu pattes blanches.

Elle a entamé des négociations difficiles avec le FMI et des contacts avec des responsables de la Banque mondiale et de la nouvelle administration américaine, sollicitée pour garantir des emprunts, sur la base d’un programme de réformes, qui a été l’aboutissement d’une longue concertation réunissant les représentants de la société civile, les acteurs économiques, ainsi que le monde politique.

Ce programme, qui devrait être le signal fort d’un consensus national sur les priorités de la prochaine étape, a été considéré par le chef du gouvernement tunisien, Hichem Mechichi, comme celui de “la dernière chance” et le seul moyen pour éviter au pays un crash financier qui l’expose à devenir incapable d’honorer ses engagements locaux et internationaux.

Manifestement, le choix d’aller au FMI a été la solution de dernier recours pour un pays, miné par les divisions politiques, une crise aigue de ses finances publiques, des effets désastreux de la pandémie et des tensions sociales récurrentes.

→ Lire aussi : L’ALGÉRIE A BESOIN D’UN BARIL À PLUS DE 169 DOLLARS POUR RÉÉQUILIBRER SON BUDGET DE 2021 (FMI)

A genoux, le pays voit sa dette extérieure atteindre la barre symbolique des 100 milliards de dinars (environ 30 milliards d’euros), et se trouve dans l’obligation de rembourser quelques 4,5 milliards d’euros sur l’année en cours, ceci outre un besoin impérieux d’une rallonge de 5,7 milliards d’euros pour boucler son budget 2021.

Acculé, le gouvernement Mechichi, toujours en sursis, s’est attelé depuis des semaines à l’élaboration d’un programme de réformes économiques bénéficiant théoriquement d’un large consensus national.

Tout en affirmant que cet accord ou programme d’accompagnement est “la tentative de la dernière chance“, le chef du gouvernement estime que sa conclusion n’est pas pour autant acquise.

Il soutient en effet que “pour arriver à ce programme d’accompagnement, il faut que, nous en interne, on soit unis autour de l’idée de la nécessité d’aller fermement vers les réformes, et de ne plus se laisser entraîner par les tiraillements (…), qui n’apportent que du discrédit à l’action du pays pour sortir de la crise“.

Une unité qui constitue en quelque sorte la clef de voûte pour convaincre le FMI de sa propension à résoudre tous les problèmes, économiques et financiers du pays par la croissance et d’améliorer le reste des ratios financiers qui handicapent jusque-là la conclusion d’un nouvel accord, avec le Fonds.

S’agissant des vaccins, si au départ, l’idée de la Commission européenne était de prendre en compte uniquement les vaccins autorisés par l’Agence européenne des médicaments (EMA) à savoir ceux de Pfizer-BioNTech, Moderna, AstraZeneca et de Johnson & Johnson, le choix de certains membres comme la Hongrie d’opter pour les vaccin chinois “Sinopharm” ou russe “Spoutnik” a changé la donne.

Pour ouvrir la porte à d’autres vaccins outre que ceux autorisés par l’EMA, le Parlement européen souligne qu’il reviendra aux États membres de décider s’ils souhaitent également accepter les certificats de vaccination émis dans d’autres États membres pour des vaccins répertoriés par l’OMS pour une utilisation d’urgence.

La protection des données personnelles contre toute fraude ou falsification sera également un sujet sensible lors des négociations sur le certificat sanitaire de l’UE, alors que le Parlement européen insiste que les données personnelles figurant dans le certificat ne pourront pas être stockées dans les États membres de destination et qu’aucune base de données centrale ne sera mise en place au niveau de l’UE.

Si le Parlement européen et le Conseil de l’UE parviennent à un compromis, le certificat numérique pourra être définitivement adopté par les eurodéputés en session plénière du 7 au 10 juin de façon à ce qu’il soit opérationnel juste avant le début de la saison estivale. Il devra rester en vigueur “jusqu’à ce que l’OMS déclare la fin de la pandémie”, d’après la proposition de la Commission européenne. Mais le Parlement européen estime que ce document devra avoir une durée de vie “maximale de 12 mois”.

En plus du tourisme intra-européen qu’elle compte relancer grâce au certificat vert numérique, l’UE, première destination touristique mondiale, espère retrouver progressivement les voyageurs de pays tiers dans les mois à venir.

La Commission européenne vient ainsi d’adresser une recommandation aux États membres pour alléger les restrictions sur les déplacements non essentiels pour l’été en ouvrant les frontières aux voyageurs hors-UE ayant été vaccinés contre le Covid-19 au moins 14 jours avant l’arrivée dans l’UE.

L’exécutif européen dit se baser sur les derniers avis scientifiques montrant que la vaccination contribue considérablement à briser la chaîne de transmission du virus.

Par ailleurs, la Commission propose d’élargir la liste européenne des pays d’où les voyages non essentiels sont autorisés en raison de leur bonne situation épidémiologique et qui compte actuellement sept pays. Elle recommande désormais d’inclure dans ladite liste les pays dont le taux d’incidence (cas cumulés de Covid-19 sur 14 jours) est inférieur à 100 (contre 25 actuellement). Toutefois, les voyageurs en provenance des pays figurant sur cette liste “verte” pourraient toujours se voir exiger un test négatif et/ou une quarantaine.

En dépit de cette tendance à alléger les restrictions sur les déplacements non essentiels, l’exécutif européen a prévu un nouveau mécanisme de “frein d’urgence”, visant à se prémunir contre les variants du coronavirus.

Ce mécanisme, qui devra être coordonné au niveau de l’UE, permettra aux États membres de prendre des mesures rapides et temporaires pour limiter au strict minimum tous les déplacements en provenance d’un pays tiers, où un variant inquiétant du Covid-19 aurait été identifié. Il s’agit de coordonner la réponse de l’UE et d’éviter des fermetures des frontières dans les États membres en ordre dispersé.

La coordination est le mot d’ordre pour sauver la saison touristique estivale, avait insisté le commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton dans un discours devant les eurodéputés.

Selon lui, la réouverture des entreprises de l’écosystème touristique avant l’été, d’une manière sûre et attractive pour les touristes, nécessitera “un niveau élevé de coordination, tant au niveau national qu’au niveau de l’UE”. Mais cela s’apparente à un défi de taille, tellement il semble compliqué d’éviter d’avoir une Europe à plusieurs vitesses, où règnent confusion et cafouillage, quant il s’agit de gérer cette crise sanitaire.

( Avec MAP )

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