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Une Afrique prospère n’est réalisable qu’à travers une croissance inclusive et un développement durable

Une Afrique prospère n’est réalisable qu’à travers une croissance inclusive et un développement durable

Une Afrique prospère ne peut être réalisée qu’à travers une croissance inclusive et un développement durable, a estimé Mohamed Atani, coordonnateur régional de la communication au sein du bureau régional pour l’Afrique de l’Onu-environnement, ajoutant que le Maroc a un rôle vital à jouer pour faire progresser la mise en œuvre du développement durable en Afrique.

Le développement durable en Afrique n’est pas un choix mais une nécessité impérieuse. L’Agenda 2063 de l’Union africaine place le développement durable au cœur de l’avenir et de la prospérité de l’Afrique, lequel agenda définit le cadre stratégique pour la croissance économique et sociale inclusive du continent et sa trajectoire de développement durable, a soutenu cet expert marocain, qui compte derrière lui une expérience vieille de plus de 20 ans au service du développement durable en Afrique.

Pour Atani, les pays africains devraient s'assurer que leurs plans de développement nationaux sont guidés par l'Agenda 2063 de l'UA et son plan de mise en œuvre, ce qui leur permettra, a-t-il argué, de répondre aux aspirations de leurs populations et d'honorer leurs engagements internationaux.

Interrogé, par ailleurs, sur les priorités de l’Afrique dans ce cadre, Atani a mentionné en premier lieu une gestion optimale des ressources naturelles, mettant l’accent sur la nécessité pour les gouvernements africains de prendre des mesures politiques, institutionnelles et juridiques pour exploiter durablement et à bon escient leur capital naturel suivant des solutions innovantes.

L’Afrique, deuxième plus grand continent du monde, détient une part considérable des ressources naturelles mondiales, renouvelables et non renouvelables. Selon la Banque africaine de développement, environ 30% des réserves minérales mondiales se trouvent en Afrique. Le continent possède 8% des réserves mondiales de gaz naturel, 12% des réserves mondiales de pétrole, 40% de son or et 80 à 90% de son chrome et de son platine. Les plus grandes réserves de cobalt, de diamants, de platine et d'uranium dans le monde se trouvent sur le continent. En outre, l’Afrique détient 65% des terres arables du monde et 10% des sources d’eau douce internes renouvelables. Le secteur de la pêche est estimé à 24 milliards USD. L'Afrique abrite aussi la deuxième plus grande forêt tropicale du monde - la forêt pluviale du Congo - et l'une des plus fortes précipitations annuelles au cœur du bassin du Congo.

Cette richesse naturelle doit être gérée de manière adéquate et durable pour assurer un avenir prometteur aux peuples africains, améliorer leurs moyens de subsistance, créer des emplois et éliminer la pauvreté, a soutenu Atani, qui croit en le capital humain et naturel incommensurable de l’Afrique à relever tous les défis.

Autre priorité avancée par cet expert onusien d’origine marocaine et détenteur de plusieurs diplômes en développement, diplomatie humanitaire et journalisme, réside en l’exploitation des ressources énergétiques de l’Afrique.

Il a tenu à rappeler, dans ce cadre, que le continent recèle 7,5% des réserves prouvées de gaz naturel dans le monde, alors que son potentiel hydroélectrique exploitable est estimé à 1.584.670 GWh par an, de même que son potentiel éolien considérable et d’énergie solaire qui est estimé à 10 térawatts. La majeure partie de la région bénéficie de plus de 300 jours de soleil et on estime que le potentiel d'énergie solaire à lui seul fournit plus que toute la capacité énergétique nécessaire en Afrique, mais seule une petite partie est utilisée.

Il a affirmé que le continent doit trouver les investissements nécessaires pour puiser dans ses ressources énergétiques. «Cet objectif peut être atteint grâce à des mécanismes novateurs de financement, des partenariats régionaux et internationaux, et en particulier un engagement actif du secteur privé », a-t-il estimé.

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La gestion des déchets est l’autre priorité évoquée par Atani. Avec la croissance démographique, l'urbanisation des villes, les changements dans les habitudes de consommation et de production, le continent est confronté à de nouveaux défis en matière de production de déchets, a averti cet expert, arguant que 125 millions de tonnes de déchets municipaux ont été générés en 2012 et ce chiffre devrait doubler d'ici 2025.

La capacité des villes africaines à collecter et à gérer les déchets est insuffisante. Jusqu'ici, la collecte moyenne des déchets municipaux ne dépasse pas 55% et environ 90% des déchets collectés sont éliminés dans des décharges non contrôlées. Les conséquences sociales, économiques et environnementales de l’absence de gestion des déchets sont importantes, notamment en ce qui concerne le risque de maladies, d’inondations et de pollution. En outre, l’Afrique est devenue un dépotoir de déchets électroniques, a-t-il ajouté.

"À mon avis, relever les défis de la gestion des déchets est une priorité urgente pour l’Afrique. Cela nécessite des investissements dans des solutions innovantes à différents niveaux, notamment social, financier et technologique", a expliqué Atani, ajoutant que la gestion des déchets offre d’énormes possibilités que le continent peut exploiter pour créer des emplois, en particulier pour les jeunes et les femmes.

En faisant référence au Africa Data Management Outlook, rapport publié récemment par le Programme des Nations Unies pour l'environnement, Atani a souligné que le recyclage et la récupération des déchets pourraient injecter jusqu'à 88 milliards de dollars américains dans les économies africaines.

Atani a affirmé que le Maroc a un rôle vital à jouer pour faire progresser la mise en œuvre du développement durable en Afrique, notamment au niveau des trois priorités susmentionnées (gestion des ressources naturelles, énergie et gestion des déchets), en partageant ses expériences et ses connaissances avec d'autres pays de la région.

L'expérience du Maroc dans l'agriculture intelligente et durable, la gestion des déchets - en particulier des eaux usées et des déchets solides -, les énergies vertes, la gestion des eaux douces, le secteur bancaire, la mobilité électrique, la valeur ajoutée aux ressources naturelles, l'engagement du secteur privé, entre autres, peuvent servir de référence aujourd'hui.

Le retour du Maroc à l'Union africaine permettra à la région de bénéficier de son expérience et de son potentiel, a-t-il soutenu.

"Une plus grande collaboration régionale est nécessaire pour éliminer les obstacles et libérer le potentiel énorme de notre continent, mais des mesures pratiques doivent être régulièrement prises pour assurer un avenir radieux et durable du continent", a-t-il estimé.

"Pour passer à un développement plus durable, il faut des institutions nationales plus fortes et efficaces. Les gouvernements africains doivent investir dans des approches et des solutions plus innovantes pour permettre à leurs institutions de transformer les décisions en matière de développement durable en actions concrètes sur le terrain", a conclu cet expert qui croit fortement en l’unité de l’Afrique.

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