Vaccination, acte et exemple d’un Roi citoyen qui place son peuple au premier rang

Hassan Alaoui

L’image est singulière, mais quasi familière : Un Roi qui donne l’exemple, premier citoyen du Maroc à recevoir la toute première dose du vaccin anti-Covid. Un geste noble dans toute sa portée, qui a valeur de symbole pour son peuple et le monde entier. Le premier en effet qui affiche sans aucune hesitation sa totale confiance dans le précieux produit inoculé, qui invite aussi son peuple à faire de même.

Entre février 2020 et janvier 2021 , il s’est passé quelque onze mois, au cours desquels le Maroc a été confronté à la pandémie de la Covid-19. D’une presque anodine épidémie, le monde entier est passé à une pandémie apocaplyptique qui totalise de nos jours plus de 200 Millions de morts. Rien n’y fait, jusqu’à la production et, ce dans une confusion ahurissante, des tout premiers vaccins, le Maroc a mené une lutte implacable et multiforme qui dure toujours, mais qui connaît aujord’hui un tournant majeur avec l’arrivée des premiers vaccins, dont le Roi est le premier bénéficiaire, à titre d’exemple, tout premier volontaire…

C’est à un exercice de macabre comptabilité que le monde est réduit depuis l’irruption du coronavirus. Chaque jour, le regard rivé à la sombre courbe des contaminés et des morts, nous comptons nos victimes. Le tableau glaçant des chiffres qui s’emballent n’épargne aucune contrée dans le monde, ratisse large et recouvre la mappemonde de populations inquiètes, d’hommes, de femmes, d’enfants même épouvantés. Peu importent leur nationalité, leur origine, leur âge, leur statut. Ils appartiennent à cette communauté informe, massive et vaste dénommée Humanité.

Plus de 4 millions de morts

Près de 3 milliards d’habitants de la planète sont peu ou prou confinés ou en voie de l’être. Et le bilan de morts, toujours et de manière lancinante et provisoire au fur et à mesure que la maladie s’accélère est à cette date de près de 4 millions de morts dans le monde. Jamais le mot pandémie – tiré du mot antique «epidemos, inventé d’abord par Hippocrate – n’a autant mérité son qualificatif horrible qu’aujourd’hui. L’horizon échappe à toute prévision, la courbe ascendante d’un fléau menaçant et extrêmement rebelle à tout contrôle caracolant. Plus de 180 pays sont frappés par cette vertigineuse et cataclysmique tragédie.

Sachons raison garder et si comparaison n’est pas raison, il convient de souligner que le Maroc aura anticipé en se mobilisant derrière l’appel de Sa Majesté le Roi. «Anticiper», et le mot n’est pas très fort, car en fait, d’une certaine manière, le Souverain a devancé les événements et mis en œuvre une stratégie déployée en phases successives, dont on peut dire, sans jeu de mots, qu’elle incarne une véritable «machine de guerre». Sentinelle au-devant de la catastrophe insufflant sérénité et confiance à son peuple, lui donnant l’exemple de la stricte discipline, témoignant d’un engagement irréversible. Il a pris les devants et, déjà le 15 mars, avait ordonné la création d’un Fonds spécial de lutte contre le coronavirus, doté dans un premier temps de 10 Milliards de dirhams avec l’objectif de le consacrer d’une part à la prise en charge des dépenses de «mise à niveau du dispositif médical en termes d’infrastructures adaptées et de moyens supplémentaires à acquérir dans l’urgence» et d’autre part venir à la rescousse de l’économie nationale, ébranlée cela va sans dire.

Tout est indiqué dans ce concentré de mots : la mise à niveau et la revalorisation du dispositif médical, et puis l’équipement en urgence, situation oblige, de matériel pour y faire face. Aujourd’hui , c’est le vaccin réceptionné et accueilli à la fois avec joie et soulagement.  Cela dit, le Fonds est venu soutenir l’économie nationale, à travers une série de mesures proposées par le gouvernement pour faire face, efficacement, au choc de la crise et ses retombées, sociales notamment, sur l’emploi et le tourisme, mettant sérieusement à mal les enterprises, quelle que soit leur taille.

La santé des populations, priorité des priorités

Tout ce que le Maroc compte comme groupes institutionnels, comme banques et entreprises,  grandes et petites, publiques et privées, la majorité des secteurs d’activités et de branches, les associations, les ONG, les citoyens lambda se sont portés volontaires pour participer à un mouvement de solidarité nationale, chacun y allant de son élan et de ses moyens. Mobilisé, le Maroc ? C’est peu dire qu’il est ardemment à pied d’œuvre, dans le sillage des recommandations fermes, sévères même et parfois inattendues que le Roi Mohammed VI n’a de cesse d’ordonner. Cette crise sanitaire qui a suivi, qui suit jusqu’à nouvel ordre l’irrépressible pandémie, le Roi en prend, chaque jour, la réelle mesure. Elle le conforte dans sa résolution à en venir à bout, premier soldat sur le front, visionnaire qui n’en démord pas de défendre son peuple et, puisque le débat international en semble dominé, un Roi qui place son peuple et sa santé au-devant de toute autre considération, tout en mettant en œuvre un programme de relève économique. Que d’aucuns, notamment à l’étranger, mettent en exergue cette volonté de Mohammed VI de placer la santé des populations comme la priorité avant ou parallèle à l’économie, témoigne, en effet, du choix royal judicieux.

Dans la foulée, c’est-à dire moins de 48 heures après la création du Fonds spécial qui a continué de recueillir les contributions, le Roi a présidé plusieurs séances de travail consacrées au suivi du dispositif de lutte contre le coronavirus, avec un plan et des mesures pour faire face à tout nouveau développement. Il a, entre autres, donné ses instructions à l’Inspecteur général des FAR pour la mise en place de centres médicaux équipés dans le cadre de la décision prise, auparavant, par lui, d’installer des centres dans différentes villes et les mettre à la disposition de l’écosystème sanitaire. L’implication des Forces Armées Royales s’inscrit dans le cadre de la volonté royale de parer à toutes les éventualités en cas de complication, de la même manière que des instructions ont été données au gouvernement afin qu’il assure les circuits d’approvisionnement des marchés, en luttant notamment contre les spéculateurs et tous ceux qui seraient tentés par l’idée de monopole. Au niveau de la sécurité et le respect des décisions de lutte contre la pandémie, d’implacables mesures ont été instaurées et appliqués par la police, au niveau du couvre-feu sanitaire et de la discipline face aux rassemblements notamment.

 C’est peu dire, en somme, que le Roi est en première ligne sur les fronts de la crise, que la décision centrale, venue ensuite, de confinement, en dépit de quelques indisciplines manifestées ici et là, révèle, à la fois, une parfaite perspicacité et l’exemplarité dans sa mise en œuvre. Il faut rendre un vibrant hommage aux forces de sécurité, de police, aux forces auxiliaires, à tous les agents d’autorité, aux forces armées qui sont sur les charbons ardents de la grande «guerre» contre cette maladie qui arrache nos êtres chers et décime le paysage humain sans oublier le corps soignant bien évidemment. Le mouvement de solidarité et la chaîne de contributions qui le caractérisent nous rappellent les épopées que le Maroc a vécues tout au long de son histoire. A l’évidence, il illustre une leçon, bien sûr terrible, mais à coup sûr nécessaire.

Hassan Alaoui est le Directeur de la publication de « Maroc diplomatique » , il a dirigé pendant de longues années la rédaction du quotidien « Maroc Soir » et du « Matin » . Il a été aussi éditorialiste des mêmes titres. Il a collaboré à plusieurs autres titres de presse. Auteur du livre « Guerre secrète au Sahara occidental », il suit et analyse pour nous l’actualité politique, nationale, régionale et internationale.