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MONTREUX JAZZ FESTIVAL FÊTE SES 51 ANS DANS LA FOULÉE TRIOMPHALE

MONTREUX JAZZ FESTIVAL FÊTE SES 51 ANS DANS LA FOULÉE TRIOMPHALE

Du 30 juin au 15 juillet, aux couleurs universelles, la ville de Montreux vivra dans les tons de son célèbre festival annuel des musiques de Jazz. Et cette année, la manifestation la plus prisée fêtera son cinquantenaire avec faste, tant le programme est riche et dense, si voluptueusement construit qu’il répond à tous les goûts et s’enracine dans la tradition de la grande musique.

C’est en 1967 que trois mélomanes avaient crée le Montreux Jazz Festival. Il s’agit de Claude Nobs, qui que 30 ans, avec Géo Voumard et René Langer. Trois pionniers qui avaient, outre l’objectif de fédérer les artistes venus d’horizons divers, d’offrir une plateforme institutionnalisée depuis lors à raison de deux semaines chaque année à la même époque. Le Lac Léman, mythique et éternel dans sa splendeur, offre depuis toujours le cadre idoine pour le Festival, autour duquel s’est construite toute une vie, des commerces, des lieux magiques, dans l’espace et dans le temps.

Le Jazz ne fut qu’un prétexte à vrai, car le Festival verra se croiser les arts de la musique, de la grande musique qui a conquis ses lettres de noblesse et agrémente nos sens. Le champ a été élargi au fur et à mesure à d’autres catégories comme le blues, à d’autres styles renforçant ainsi un magnifique  répertoire et conféré au Festival sa dimension internationale qui ne se dément jamais.

De Nina Simone à David Bowie, en passant par Miles Davis, Ella Fitzgerald, Leonard Cohen et Prince – décédé cette année – ce sont tous les grands noms, le nec plus ultra de la musique qui ont séjourné à Montreux. Sans comparaison avec l’autre grand festival de Jazz, que la ville de Montréal ( Canada) abrite, Montreux Jazz Festival, offre une proximité, spatiale, territoriale et humaine certaine.

Il est loin, en effet, le temps où Claude Nobs, en pionnier – avec la modique somme de 10.000 francs suisses – lança la toute 1ère édition du Festival de Montreux, programmé sur 3 jours seulement. Mais auquel participèrent tout de même Charles Llyold et Keith Jarrett, le top musical du Jazz de l’époque. Le succès, timide certes, sera au rendez-vous une année plus tard – même s’il suscite quelques controverses – avec l’arrivée au festival de Alvin Lee avec son groupe fétiche, Ten Years After, d’Ella Fitzgerald qui produira son album Live Swiss Movements.

Le Montreux Jazz Festival assoit sa notoriété et promet des 1970 la musique de jazz, de blues et de rock même, car Claude Nobs, non content des succès engrangés par les éditions annuelles, organisera chaque mois des concerts qui feront connaître encore plus des groupes comme les Pink Floyd, Santana et Chicago…En 1971, c’est Aretha Franklin qui pulvérisera les records, suivie deux ans plus tard par Miles Davis…

Un nom, un festival ! C’est ainsi que d’une année l’autre, d’un succès à un triomphe, Claude Nobs et le « MJF » s’imposent à l’échelle universelle, une marque incontournable pour les mélomanes et les tenants de la qualité. A telle enseigne que le fondateur de cette épopée signe un partenariat avec le Festival de Sao Paulo, au Brésil qui, sans modifier sa nature, confère au festival de Montreux une note d’universalisme et d’ouverture culturelle conséquente. Gilberto Gil apporta alors sa touche, la samba étant alors programmée et Montreux s’envola aux antipodes de l’Europe, dans les Tropiques, comme plus tard à Détroit, et Tokyo…

L’année 1993 illustre un changement de paradigme fondamental, avec le déménagement du MJF au centre de congrès et des expositions de la ville. Deux salles de concerts sont alors ouvertes : l’Auditorium Stravinski, et le Miles Davis hall, renforcés plus tard – la popularité aidant – par les espaces publics sur les quais et le lancement du Montreux Jazz Café… Célébrant les 40 ans du Festival en 2006, Claude Nobs organise alors deux grands concerts majestueux et exceptionnels avec le groupe Ertegün, originaires de Turquie, mais maîtres du Jazz outre-Atlantique, qui furent un succès inégalé, exception faire des concerts de Prince en 2007 qui- pour l’anecdote – vendit en moins de dix minutes 4000 billets.

L’année 2010, qui constitue alors un total succès grâce à une présence massive d’artistes de renommée ( Billy Idol, Gary Moore, Missy Elliott, Charlotte Gainsbourg, Vanessa Paradis ; Simpley Red ) fut aussi celle où Claude Nobs, suite à chute de ski de fond, perd la vie et laisse un lourd héritage à ses successeurs, dont notamment Mathieu Jaton, qui reprend avec talent et conviction les commandes, alors qu’il a à peine… 37 ans. Il en devient le directeur, dans la lignée de son prédécesseur, immédiatement après le décès accidentel de ce dernier, sur décision du Conseil de la Fondation du MJF, et en application de la volonté et des instructions de Claude Nobs.

Le Montreux Jazz Festival continue sur sa lancée, depuis 2013, animé du sang neuf que lui apporte Mathieu Jaton , riche de son inventivité et de sa jeunesse. La devise de l’internationalisme inscrite sur son fronton, le MJF peut se targuer à juste titre d’être le plus grand festival d’Europe voire du monde : plus de 15 000 supports magnétiques, plus de 10.000 heures de vidéo, une inscription prestigieuse sur les annales du Registre international de la Mémoire du Monde de l’UNESCO et, surtout, une fidélité gagnée depuis 51 ans de son public, diversifié, rajeuni chaque année.

La programmation est riche cette année, elle s’inscrit dans le souci de diversité et de proximité, qui sont les axes, ou des axes fondamentaux de ce patrimoine fabuleux qu’est le Festival Montreux Jazz

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