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Togo: violents heurts à Sokodé après l’arrestation d’un imam

Togo: violents heurts à Sokodé après l’arrestation d’un imam

De violents heurts ont éclaté à Sokodé, deuxième ville du Togo, entre la population et les forces de l’ordre après l’arrestation lundi d’un imam proche d’un parti d’opposition, a-t-on appris auprès de responsables locaux de l’opposition.

« L’électricité a été coupée vers 19H00 (locales et GMT) après la prière et cinq véhicules de la gendarmerie sont arrivés pour enlever Alpha Alassane, un imam très reconnu dans la ville« , a expliqué à l’AFP Ouro Akpo Tchagnaou, coordinateur de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC, opposition). « La population s’est sentie visée et est sortie dans les rues« , a-t-il ajouté en soulignant que les échauffourées avaient duré toute la nuit. « On sait qu’il y a eu des morts et des blessés, mais je ne peux vous donner aucun bilan à cette heure. Nous sommes toujours en train de récolter les informations« , a assuré à l’AFP Eric Dupuy, porte-parole de l’ANC.

« Des habitations ont été incendiées, ainsi qu’un bureau de banque et un bâtiment de TogoCell » (groupe de téléphonie), a ajouté Eric Dupuy. Le calme était revenu mardi matin, mais la population a menacé de ressortir dans la rue si l’imam n’était pas libéré dans la matinée. Le ministre de la Sécurité, le colonel Yark Damehame, a justifié l’arrestation de l’imam, un proche du Parti National Panafricain (PNP), en assurant que « dans ses prêches, il appelle ses fidèles à la violence et à la haine ». « Le comble, vendredi dernier, il a au cours de ses prêches appelé ses fidèles à tuer des militaires« , a ajouté le ministre mardi matin sur l’antenne locale de Radio Victoire.

A Bafilo, ville voisine de Sokodé, des jeunes ont également dressé des barricades et bloqué la route nationale en réaction à l’arrestation de l’imam, a affirmé à l’AFP une représentante locale de la coalition d’opposition CAP 2015, Tchatchibara Akim. Dans le nord de la capitale Lomé, des heurts ont également eu lieu au cours de la nuit à Agoè, fief des partisans du PNP, entre jeunes ayant dressé des barricades et brûlé des pneus et forces de l’ordre qui les ont dispersés à coups de gaz lacrymogènes, selon des témoignages d’habitants. Le calme était toutefois revenu mardi matin. L’imam Alassane a toujours été une voix contestataire au Togo, mais dans un contexte de fortes tensions politiques depuis deux mois, il s’est rapproché du PNP.

Le PNP de Tikpi Atchadam, nouvelle figure de proue de l’opposition, s’est allié à 13 autres partis pour demander la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels et la démission du président Faure Gnassingbé, élu en 2005 dans la violence et héritier d’une famille au pouvoir depuis 50 ans. Depuis août, de nombreuses manifestations ont été organisées au Togo, dont celles des 6 et 7 septembre, qui ont rassemblé plus de 100.000 personnes dans la capitale Lomé et plusieurs dizaines de milliers dans les villes du nord du pays, nouveau foyer de contestation du pouvoir.

AFP

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