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Alger se croit une grande puissance pour décider « des sanctions économiques » contre le Royaume

Par Taieb Dekkar*

Je ne tiens pas les statistiques sur le nombre de sites web et de médias algériens, qui font campagne contre le Royaume, à longueur de journée, depuis bien avant la rupture des relations diplomatique entre les deux pays, décidée par Alger. Ils sont surement plus de 97 sites.

Je ne tiens pas également la liste des hommes politiques et de soi disant experts algériens en relations internationales,  politologues et économistes, qui ont élu domicile sur les plateaux des médias audiovisuels algériens, et qui versent au fil des heures, tous les jours, dans un discours haineux et  calomnieux à l’égard du Royaume chérifien et de ses institutions.

En mars 2021, 97 pour cent de  fausses nouvelles propagées sur notamment la santé  du président Tebboune étaient colportées par «des  sites d’un pays voisin (c’est-à-dire le Maroc), domiciliés en Europe» (propos du président Tebboune).  Plus de six mois plus tard (septembre 2021), le même président reprend le même chiffre 97 (98 en mars 2021), pour désigner cette fois-ici, le nombre de sites web de « pays voisins », qui font campagne contre l’Algérie.

Ce que je sais, par contre, c’est que les médias algériens, toutes tendances confondues, ne sont en fait que des relais du pouvoir, dont ils répètent de manière redondante, le discours. Il est erroné de croire un seul instant que  des titres soient indépendants, ou disposent d’une large marge de liberté, s’agissant de leur ligne éditoriale. S’ils ne sont pas financés directement par l’Etat ou des organes de l’Etat, comme l’armée, les services de renseignements, la présidence,  le pouvoir utilise le canal de la publicité, comme une arme de persuasion.  La distribution et la répartition de la publicité de l’Etat sont opérées par une agence de l’Etat.

Les médias algériens ne font pas que de la propagande, en dénaturant la réalité, mais construisent de toutes pièces des contre-vérités pour accabler le Royaume.

La rupture des relations diplomatiques, suivie de la suspension du contrat relatif au Gazoduc Maghreb-Europe, puis la fermeture de l’espace aérien algérien aux compagnies aériennes marocaines, tenez-vous bien ! s’inscrivent au titre des mesures de rétorsion économique contre le Royaume. L’Algérie se place au niveau des grandes puissances occidentales, comme les Etats-unis d’Amérique (USA) pour édicter des sanctions économiques contre Royaume !  et donc le punir, pour «ses multiples provocations» (entendez son plaidoyer pour l’autodétermination du peuple kabyle).

Personnellement, je ne comprends pas qu’un pays, incapable de fournir des lentilles au peuple algérien, puisse se comparer aux grandes puissances !  Une grande puissance comme l’Algérie, certes sur le papier, qui se permet  tout de même de piquer au Maroc plusieurs grandes réalisations, et d’en faire des répliques sur le territoire algérien,  comme la Mosquée Hassan II (grande mosquée d’Alger surélevée de quelques mètres pour battre le record de hauteur du Maroc), le soi disant grand port de Cherchell, à l’image de Tanger Med, pour servir de jonction commerciale entre l’Europe et l’Afrique, via le transaharien, toujours inachevé et qui soulève des problèmes de sécurité (les mêmes desseins que le Royaume, avec toutefois des années de retard par rapport au Royaume). Restons dans le domaine politique pour ne pas évoquer «la nationalisation» de Ibn Batouta, qui aurait acquis la nationalité d’un pays qui n’existait pas.

Le divorce avec le Maroc ne serait pas encore achevé, selon Monsieur Sahara et Maghreb, Omar Bellani. Déjà en 1994, les médias algériens prédisaient la déroute économique et l’explosion sociale au Maroc, à cause de la fermeture des frontières. Ils se sont gravement trompés. Le Maroc vit et vit très bien et mieux, en toute autonomie, par rapport à ses voisins de l’Est. S’il n’a pas de pétrole et du gaz, il a d’autres atouts, qui lui permettent de garantir au peuple marocain son autosuffisance alimentaire, dispensant les citoyens marocains d’effroyables bousculades pour s’offrir des lentilles ou des bidons d’huile, ou encore des cartons de lait ou des sacs de pommes de terre. C’est cela, à mon avis, la souveraineté !

*journaliste et écrivain

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