“Atlantic Dialogues” : Large réflexion sur les défis et enjeux de la façade Atlantique de l’Afrique

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Les participants aux travaux de la 2ème journée de la 8ème Conférence internationale annuelle “Atlantic Dialogues”, organisée à l’initiative du Policy Center for the New South (PCNS), se sont penchés sur les défis et enjeux de la façade Atlantique de l’Afrique, en braquant les projecteurs, vendredi, sur les questions liées aux technologies, à l’accès à l’énergie, à la démocratie et à la migration.

Ainsi, dans la session plénière portant sur “la technologie, le bien-être et les inégalités”, Serigne Gueye Diop, ministre conseiller du Président du Sénégal, a relevé que l’Afrique “travaille autour de 400 heures par an dans ses champs au lieu de 2000 heures possibles, en raison du manque d’accès aux technologies de l’eau et de l’irrigation”.

“Une fois cette lacune comblée, le Sénégal pourrait travailler en dehors de la saison des pluies, soit huit mois de plus par an, ou 1400 heures, et permettrait de contribuer à hauteur de 8 milliards de dollars supplémentaires au PIB du pays”, a-t-il souligné.

De son côté, María Teresa Fernández de la Vega, Présidente du Conseil d’Etat espagnol, s’est inquiétée des prolongements dans le secteur des TIC d’une inégalité de genre structurelle, avec des femmes sous-représentées.

Quant à Sunjoy Joshi, Président de l’Observer Research Foundation (ORF) en Inde, il a relevé un paradoxe de “l’info-nation” qu’est devenue l’Inde, focalisée sur les nouvelles technologies au point d’avoir “manqué 10 ans de développement des manufactures orientées vers l’export”, alors que Bruno Boccara, expert français, fondateur du “Socio-analytic Dialogue” à New York, a fait observer que la technologie, en particulier les médias sociaux, augmente le désir de “gratification narcissique”, un processus pervers parce qu’il empêche de considérer l’autre comme un véritable sujet.

Un autre panel a planché sur une thématique devenue une préoccupation majeure, à savoir la crise démocratique, notée par endroits, aussi dans certains pays du Nord que du Sud.

Sur ce sujet, Michelle Ndiaye, Directrice du programme pour la paix et la sécurité en Afrique, pense que la montée du populisme est l’une des causes de cette crise. Selon elle, “la démocratie libérale telle que nous la voyons n’a pas fonctionné dans de nombreux contextes et contextes, y compris en Afrique”.

“Nous devons disposer de freins et contrepoids pour contrôler la mise en œuvre des piliers de la démocratie, mais ils n’existent pas dans de nombreux pays. La faible implication des jeunes est aussi une des causes de cette crise”, a-t-elle considéré.

Par ailleurs, dans la plénière abordant un thème aussi sensible et polémique, “Réfugiés : protection et migration”, Richard Dantziger, Directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest et du centre de l’Office international des migrations (OIM), a dressé un tableau plutôt sombre: “Ce n’est pas le bon moment pour être réfugié, dans un contexte d’affaiblissement des droits de l’homme et du régime des réfugiés, d’absence de l’Etat dans les zones où des personnes se déplacent”.

Une préoccupation partagée par le Général Birame Diop, chef d’Etat-major particulier du Président de la République du Sénégal, en charge du Comité national de la gestion des réfugiés, des rapatriés, et des personnes déplacés (CNRRPD), qui pense que l’humanisme doit être au cœur des solutions : “Vous devez accompagner les réfugiés pour qu’ils se sentent protégés et que leurs besoins humains fondamentaux soient satisfaits -éducation, santé, espoir. La confiance doit être établie”.

S’agissant de la plénière axée sur l’accès à l’énergie, Thione Niang, ancien conseiller du président Barack Obama, entrepreneur social au Sénégal et co-fondateur et co-PDG de Akon Lighting Africa, a relevé que “le Continent africain dispose de 30% des ressources mondiales, mais nous devons encore trouver comment allumer les lumières dans nos maisons”.

“En Afrique, nous avons 600 millions de personnes sans accès à l’énergie et 900 millions sans accès à l’énergie propre”, a indiqué de son côté, Francis Perrin, Senior Fellow du Policy Center for the New South.

Placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, la 8ème Conférence “Atlantic Dialogues”, initiée sous le thème “Le Sud en période de tourmente”, est rehaussée par la participation de près de 500 participants issus de 66 nationalités.

La thématique retenue, cette année, pour cette Rencontre d’envergure prolonge et complète celle de 2018 consacrée aux “Dynamiques atlantiques : surmonter les points de rupture”, un choix dicté par les multiples défis qui interpellent les pays du Sud face à la persistance des conflits et des menaces terroristes, aux faibles taux de croissance non générateurs d’emplois pour les jeunes, à l’urbanisation accélérée et à la dégradation irréversible et à vue d’œil de leur environnement naturel.

Lancé en 2014 à Rabat avec 39 chercheurs associés du Sud comme du Nord, le Policy Center for the New South est un think tank qui offre une perspective du Sud sur les enjeux des pays en développement.

Il vise à faciliter les décisions stratégiques relevant de ses quatre principaux programmes : agriculture, environnement et sécurité alimentaire; économie et développement social, matières premières et finance; géopolitique et relations internationales.