Quand le Carnaval de Rio ouvre ses portes au patrimoine du Maroc

( Photo : Gabrielle Gretener )

Le Maroc a l’honneur ! Grandiose et lumineux aussi. Depuis plusieurs mois, alors que les organisateurs du célèbre Carnaval de Rio se livraient aux préparatifs de l’édition 2017, l’information courait que le Maroc, sa culture, son histoire et son peuple seraient présentés aux premières loges du grandiose défilé annuel. Pour la première fois donc, le Maroc verrait se dérouler sur les pistes du fameux Sambodrome les couleurs et les richesses patrimoniales du Maroc : costumes, décorations, parures, bijoux, et tout ce qui constitue la mémoire esthétique du Royaume.

Mocidade Independente de Padre Miguel , l’école de Samba qui a défilé aux couleurs et aux tons du Royaume du Maroc a connu un vif succès, même si elle a été classée 2ème dans la compétition, gagnée par l’école rivale Portela. Le public de Rio, dans ses composantes diverses, représentant une population cosmopolite, appelée carioca, de Ipanéma jusqu’à Barra et Niteroi, des autres villes du Brésil, du monde entier – au total près de 1 million de visiteurs – ont applaudi chaleureusement cette troupe qui a offert le spectacle fabuleux d’une émergence civilisationnelle venue du Maroc. L’imaginaire créatif de Marrakech, de Fès, des villes impériales comme des fin fonds de notre pays s’est retrouvé condensé dans ce Carnaval devenu credo de fraternité et de partage.

Une célébration œcuménique


L’impressionnant char qui transportait la troupe aux couleurs marocaines a transposé la scène du « Souk de Marrakech » et nourri l’imaginaire d’un public en pleine découverte. Le clou de la démonstration aura été, entre autres surprises, « Ali Baba » lancé au-dessus des têtes sur un tapis volant, dans un ciel coloré, les tambours aidant, les chars époustouflants, laissant le public ébahi.

L’autre image est celle du Palais des mille et une nuit, avec ses seigneurs, leurs gardes, leurs accoutrements colorés, leurs allures et armures nous renvoyant aux épopées d’antan, en terre d’islam et nous conviant à une sorte de célébration oecuménique , de mélange d’apports différents, d’union des cultures. Le Sambodromo a vibré aux couleurs du Royaume, certes, mais notre pays peut aussi s’enorgueillir d’avoir été accepté dans cette Cour des grands qu’incarne le Carnaval de Rio, l’une des plus illustres manifestations culturelles internationales, d’être ensuite au cœur de cette tradition que représentent les écoles de samba, soit une douzaine de plus en plus organisées, comme Mangueira, Beija Flor, Grande Rio, Salgueiro et autres.

Le Maroc, à travers son histoire, sa culture, sa civilisation, son patrimoine, ses spécificités a décliné ainsi une dimension multiforme et polysémique grâce à la Mocidade Independente de Padre Miguel. Mais, au-delà de cette manifestation , il y a le rapport exceptionnel qu’entretiennent nos deux pays, le Brésil et le Maroc que ne sépare en définitive qu’un océan, l’Atlantique, franchi à vol d’oiseau pendant 9 heures, il y a la convergence et la similitude culturelle, le fait que le Maroc attire de plus en plus de citoyens du Brésil, la communauté de destins et d’intérêts, le brassage entre les cultures.

« ” Maroc diplomatique” remercie vivement Vicente Datolli, Directeur de la Comunication de la LIESA (responsable pour l’organisation du carnaval de Rio) pour son soutien »


Hassan Alaoui est le Directeur de la publication de « Maroc diplomatique » , il a dirigé pendant de longues années la rédaction du quotidien « Maroc Soir » et du « Matin » . Il a été aussi éditorialiste des mêmes titres. Il a collaboré à plusieurs autres titres de presse. Auteur du livre « Guerre secrète au Sahara occidental », il suit et analyse pour nous l’actualité politique, nationale, régionale et internationale.