Chili : Signature de la Déclaration de Santiago portant création du Prosur

Prosur

Les chefs d’État d’Argentine, du Brésil, du Chili, de Colombie, de l’Équateur, du Paraguay et du Pérou, ainsi que l’Ambassadeur du Guyana au Chili, ont signé, vendredi au Palais de la Moneda, la déclaration de Santiago “pour le renouvellement et le renforcement de l’intégration de l’Amérique du Sud” à travers le lancement du Forum pour le progrès et le développement de l’Amérique latine (Prosur), un nouveau bloc régional qui sera mis en place progressivement.

Cette déclaration fondatrice du Prosur, signée en clôture de la Réunion des présidents de l’Amérique du Sud, ouverte plus tôt dans la journée, instaure désormais un espace de “dialogue direct et franc, sans idéologie ni bureaucratie”, selon le président chilien, Sebastián Piñera.

En vertu de la Déclaration de Santiago, signée par les présidents de l’Argentine, Mauricio Macri, du Brésil, Jair Bolsonaro, de la Colombie, Iván Duque, de l’Équateur, Lénine Moreno, du Paraguay, Mario Abdo, du Pérou, Martín Vizcarra, aux côtés de leur hôte le président chilien, Sebastián Piñera, ainsi que l’Ambassadeur du Guyana au Chili, George Talbot, les pays sud-américains ont exprimé leur volonté de “construire et consolider un espace régional de coordination et de coopération, sans exclusions, pour progresser vers une intégration plus efficace” qui contribue à “la croissance, au progrès et au développement” des pays d’Amérique du Sud à travers un nouvel “espace de dialogue et de collaboration”, le Forum pour le progrès de l’Amérique du Sud (Prosur), qui sera mis en place progressivement.

Les chefs d’États sud-américains ont également mandaté leurs ministres des Affaires étrangères pour approfondir le dialogue en vue de la mise en œuvre progressive de Prosur.

Les conditions énumérées dans la déclaration d’entrée au Prosur sont “la pleine validité du processus démocratique et des ordres constitutionnels respectifs, le respect du principe de la séparation des pouvoirs de l’État et la promotion, la protection, le respect et la garantie des droits de l’homme et des libertés fondamentales”.


→ Lire aussi : Les chefs d’Etat sud-américains forment un nouveau bloc régional

La Déclaration de Santiago souligne que le Prosur sera doté d’”une structure flexible, légère, pas chère en matière de budget, avec des règles de fonctionnement claires et un mécanisme de décision agile qui permet à l’Amérique du Sud de progresser dans des programmes d’intégration concrets”.

Les thèmes infrastructures, énergie, santé, défense, sécurité et lutte contre le crime, prévention et gestion des catastrophes naturelles ont été cités parmi les priorités de ce nouveau bloc régional, dont la présidence “pro tempore” sera assumée par le Chili pour les 12 prochains mois avant de passer le témoin au Paraguay.

“Le Prosur sera un forum ouvert à tous les pays d’Amérique du Sud, un forum sans idéologie qui respectera la diversité et les différences que chaque peuple décidera lors du choix de son gouvernement, un forum sans bureaucratie excessive et un forum pragmatique qui réalise des résultats”, a déclaré le président Piñera après la signature de la Déclaration de Santiago.


Par ailleurs, le président chilien a souligné que le Prosur est un forum doté d’un “engagement ferme et clair en faveur de la démocratie et du respect des droits de l’homme de tous les habitants de l’Amérique du Sud”.

Ce nouveau bloc, initié par les présidents chilien et colombien, est appelé à remplacer l’Unasur, née en 2008 avec douze États membres, dont il ne reste plus que la Bolivie, Guyana, le Suriname, l’Uruguay et le Venezuela, afin de promouvoir une nouvelle relance de l’intégration sud-américaine au sein d’une entité “plus dynamique, moins bureaucratique et sans idéologie”. Anciennement connue sous le nom de Communauté sud-américaine des Nations, l’UNASUR est une organisation intégrant deux unions douanières présentes en Amérique du Sud : le Marché commun du Sud (Mercosur) et la Communauté andine (CAN).

Le traité constitutif de l’UNASUR a été signé le 23 mai 2008 lors du troisième Sommet des chefs d’État qui s’est tenu à Brasilia.