Covid-19 : Le marché de bien-être au Maroc se voit perturbé !

Après plusieurs mois de fermeture à cause de la crise pandémique de Covid-19, les établissements de soins et de bien-être ont rouvert leurs portes, mais sous certaines conditions non rentables pour l’activité. Quel impact de la pandémie de covid-19 sur les établissements opérant de ce domaine ? Et comment ce secteur devrait-il se réadapter pour attirer plus de prospects et réussir la reprise dans un air d’incertitude ?

La saison touristique est ruinée ! Mais en plus des établissements hôteliers, les effets de Covid-19 se font également sentir sur plusieurs établissements de bien-être au Maroc. Ils constituent, en fait, une activité cruciale dans le secteur touristique marocain. Sachant qu’elle engage une masse salariale très importante et avec la crise et la problématique de l’informel, cette activité a pris un coup dur pendant et après le confinement.

Des projets de bien-être et de SPA hôteliers impactés par le confinement

Intimement liée au secteur hôtelier, l’activité de bien-être a vu ses gains baisser à cause de la suspension des commandes découlant des hôtels nationaux et internationaux qui n’ont toujours pas repris et les projets d’ouverture de SPA hôteliers qui ont été décalés. Un véritable scénario catastrophique !


Selon une étude de marché, réalisée sur un groupe de projets d’établissements de SPA au Maroc, le secteur a été en croissance de 20% à 25% par an. Cet accroissement s’explique par la forte demande des hôtels notamment les hôtels 5* qui offrent un type spécial de prestations aux touristes nationaux et étrangers souhaitant avoir l’accès aux massages aux huiles essentielles, à l’argan, au ghassoul…, ainsi découvrir les stations thermiques du Maroc.

L’offre touristique au Maroc en termes de bien-être a été affreusement affectée par la crise actuelle qui a conduit à la fermeture de certains établissements opérants dans le secteur tout en mettant en péril l’activité de cette industrie.

Le Maroc, meilleure destination de bien-être, mais…

Le marché de bien-être au Maroc représente de réelles opportunités par ses offres connues et reconnues à l’échelle mondiale. En effet, le pays a tous les moyens pour se positionner dans ce marché. Selon une étude du Global Wellness Institute sur le tourisme de bien-être, avec le nombre important des établissements de SPA et les sources thermales qui ont fait des recettes financières énormes au Maroc, il a classé le Royaume au deuxième rang des marchés les plus prometteurs dans la zone MENA. Malheureusement, depuis l’apparition de la pandémie, ce secteur a pris des contrecoups terribles, en raison de la baisse des transactions et la suspension des commandes suite à l’arrêt des activités hôtelières. Le Bien-être au Maroc a été infléchi par la Covid-19. Ce secteur a subi drastiquement les effets du confinement et de la fermeture des frontières et il galère encore avec ce flou qui persiste sur l’avenir de l’activité.

La Maison D’ASA, un établissement de soin à Casablanca et une marque cosmétique bio qui fournissaient plusieurs hôtels au Maroc et à l’international, est l’un des exemples qui ont vu leurs activités sévèrement chuter.


« La Pandémie a été un véritable désastre pour notre activité. Nous avons été provoqués par la crainte et la panique des clients. Nous avons dû nous résoudre à fermer notre établissement avant même le 15 mars et mettre au repos forcé toute l’équipe », indique la patronne de la Maison d’ASA, Asma El Mernissi.

L’absence de communication avec ce secteur a intensifié la gravité de la situation. « Ce volet hôtelier important s’est vu subir un arrêt brutal de son activité SPA et avec l’absence de tout interlocuteur même pour recouvrir nos factures, nous avons été doublement pénalisés et à court de trésorerie pour faire face à nos différentes charges : salaires, fournisseurs, taxes… », explique El Mernissi.

Par ailleurs, entretenir le moral des équipes à distance et alléger le poids psychologique et financier du confinement ont été les grandes difficultés rencontrées par les entreprises opérantes dans ce secteur. Tous ces facteurs ont joué sur les nerfs des professionnels du secteur et ont durement impacté les recettes financières des entreprises. Pour la Maison d’ASA, ils se sont penchés sur les prévisions initiales de chiffre d’affaires pour 2020 et ils avaient dû les ajuster compte tenu du manque à gagner des mois de fermeture. Dès le déconfinement, ils ont été ravis de voir une belle reprise résultant du stress subi pendant cette période, mais leur joie a été de courte durée, car l’activité a commencé à s’essouffler jusqu’à se réduire de manière sensible et menaçante pour l’activité, affirme la patronne de la Maison. Leur chiffre d’affaires a subi une baisse moyenne de 50% avec un recul de 30%. Ce repli poussera l’entreprise à réduire jusqu’à 30% son effectif si cette crise persiste, mais avec le déconfinement et les investissements en formation réalisés pour l’équipe, la Maison essaye d’éviter cette décision qui ne tardera pas à s’imposer vu l’actualité, souligne-t-elle.

Comme tous les autres secteurs, l’activité du bien-être a un défi très important à relever est celui de pouvoir préserver les emplois des équipes qui font vivre des familles entières grâce à leurs revenus. Pour sa part, la Maison d’ASA a mis en place une plateforme e-commerce internationale. Un projet qui a nécessité un investissement important en termes de publicité et marketing à l’heure où les revenus sont quasiment inexistants !


Nul ne peut prévoir l’avenir du bien être au Maroc tant que le flou persiste toujours sur l’avenir du covid-19 et ses répercussions sur l’économie nationale, notamment le secteur du tourisme. Les chiffres alarmants actuels des cas du covid-19 au Maroc et ailleurs rendent tout pronostic difficile voire impossible, prévient El Mernissi.

Pour cette activité de bien être, une seule leçon est à retenir, c’est celle de pratiquer en permanence les règles d’hygiène sanitaire pour les clients et les entreprises, dans l’attente d’un vaccin qui protégerait tout être humain et favoriserait par conséquent le retour à l’exercice de leurs activités normales !