Gaïd Salah : « la situation actuelle est une affaire algérienne interne »

Par Khadija Skalli

L’Algérie s’enfonce dans la crise. L’armée veut imposer l’organisation des élections présidentielles avant la fin de l’année pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika. Une décision rejetée par les partis de l’opposition. Gaïd Salah menace.

Le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah prononce mardi 3 septembre un nouveau discours dans lequel il souligne que « la situation actuelle est une affaire algérienne interne » et appelle les Algériens à « se mobiliser pour sortir le pays de la crise ».

« Même si les points de vue divergent et les avis diffèrent sans mettre en péril notre cohésion, il nous appartient à nous seuls en tant qu’Algériens de parvenir, sans obstination ni entêtement, à ces solutions et à les employer de manière à dépasser notre crise sereinement, à se consacrer et se mobiliser ensemble au service de l’Algérie pour assurer son développement et son essor dans tous les domaines », souligne-t-il dans son allocution, prononcée lors de sa visite à la 4ème Région militaire à Ouargla.


La veille, lundi 2 septembre, le chef d’état-major de l’ANP a appelé, sur un ton ferme, à la convocation du corps électoral le 15 septembre et à l’organisation des élections présidentielles dans les délais fixés par la loi. En d’autres termes, l’armée veut organiser le scrutin avant la fin de l’année.

Une décision non partagée par le peuple algérien. Les partis de l’opposition ont également exprimé leur refus, selon la presse locale.

« Les leaders politiques considèrent que l’organisation de joutes électorales dans cette conjoncture est « irréaliste et irresponsable » vu le refus populaire exprimé chaque vendredi », rapporte obseralgerie.com.

Selon le média en ligne, le RCD rejette la décision de Gaïd Salah dans le fond et dans la forme. Pour Mohcine Belabbes, président du RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie), cité par le média algérien, « l’obstination du vice-ministre à assigner à l’institution militaire une mission qui ne fait nullement partie de ses prérogatives inquiète tous les patriotes soucieux du devenir national ». Et de poursuivre : « Réduire la solution à la crise endémique que traverse notre pays depuis des décennies à l’organisation d’une élection présidentielle avec les mêmes mécanismes et acteurs est plus que suspect quant à la volonté de laisser le peuple algérien s’exprimer sur son devenir ».


Dans son discours, Gaïd Salah, l’homme fort au pouvoir, tire à boulets rouges sur les opposants. « Les projets et les plans de la bande des égarés et des traitres qui sont à l’encontre de l’intérêt de la patrie et du peuple, seront forcément voués à l’échec ». Et d’ajouter : « A ces conspirateurs aventuriers, nous disons : si votre loyauté n’est pas envers la patrie, mais envers ses ennemis, ceux qui la guettent et vos intérêts personnels que vous placez comme votre priorité suprême, nous réitérons, à partir de cette tribune, qu’au sein de l’Armée nationale populaire, digne héritière de l’Armée de libération nationale, nous demeurerons toujours aux côtés des citoyens fidèles et loyaux au serment des vaillants Chouhada ».

Lundi 2 septembre, le vice-ministre de la Défense nationale a martelé que l’ANP fera face avec « rigueur » aux manœuvres visant à faire perdurer la crise.