La dignité et l’autonomie de la femme au cœur des référentiels onusiens

femme

Les référentiels onusiens mettent l’accent sur la nécessité de lutter contre la normalisation permanente de la violence contre les femmes et de prendre des mesures pour placer le droit des femmes à la dignité et à l’autonomie au cœur des engagements législatifs et politiques des États, a souligné, jeudi à Rabat, le ministre de la Justice, Mohamed Aujjar.

Lors d’une conférence organisée par l’amicale Hassania des magistrats sur le traitement juridique de la violence contre les femmes et les enfants entre les nouveautés législatives et la pratique judiciaire, à la lumière de la loi contre la violence à l’égard des femmes et la loi relative à la lutte contre la traite des êtres humains, M. Aujjar a expliqué que la violence contre les femmes est constitue un résultat de la dégradation de l’environnement familial et un perturbation du processus de promotion des droits.

Mettant l’accent, dans ce sens, sur l’importance de l’approche éducative dans le traitement de la banalisation de la violence à l’égard des femmes, il a relevé que la justice et le droit ne sont saisis en la matière qu’en raison de l’échec du modèle éducatif.

Le traitement juridique du phénomène de la violence contre les femmes sera renforcé grâce aux nouveautés juridiques que connait le cadre législatif, notamment avec la promulgation de la loi contre la violence à l’égard des femmes et la lutte contre la traite des êtres humains, ainsi que par la jurisprudence, a-t-il fait savoir.

→ Lire aussi : Hakkaoui plaide pour la mise en place d’une nouvelle stratégie de lutte contre la violence faite aux femmes


Conformément au contexte général encadrant le système de protection des femmes et des enfants, le Maroc a connu, au cours de la dernière décennie, des avancées au niveau des principes et des concepts de base adoptés à cet égard, à savoir l’intérêt supérieur de l’enfant, conformément au principe général énoncé dans l’article 3 de la Convention relative aux droits de l’enfant, adopté par le législateur dans diverses lois et projets de loi, notamment les projets de loi pénale et de procédure pénale, y compris les dernières nouveautés en matière de protection juridique, a-t-il précisé.

Le législateur marocain, a-t-il dit, visait à travers des révisions législatives consécutives, au cours des dernières années, le renforcement de la positon juridique de la femme et de l’enfant et la prévention de toute discrimination, injustice ou atteinte à la dignité qu’ils peuvent subir, selon une vision globale et équilibrée qui reconsidère l’entité de la famille et sa protection et accorde à la femme une place égale à celle de l’homme en terme des droits et d’obligations, tout en sanctionnant toutes les atteintes à l’intégrité physique, psychique et économique, ainsi qu’à la dignité de la femme.

Il a toutefois regretté l’augmentation des violences, en dépit des différentes réalisations législatives et démocratiques du Royaume et malgré les garanties assurées, s’interrogeant quant à la suffisance du traitement juridique pour mettre un terme à la violence contre la femme.

Il a appelé, dans ce cadre, à la consolidation des lois et au perfectionnement des verdicts, soulignant le besoin urgent d’un véritable dialogue national en toute transparence, impliquant les enseignants, les médias, les scientifiques et les éducateurs, autour d’une mobilisation nationale collective de toutes les parties prenantes pour dénoncer la violence et lutter contre elle.


Cette conférence scientifique, marquée par la présence d’une pléiade de chercheurs, militants des droits de l’Homme, magistrats, universitaires et acteurs de la société civile s’est articulée notamment atour de la stratégie de lutte contre les formes de violence à l’encontre de la femme et l’enfant, la protection juridique de la femme et de l’enfant à la lumière de la loi de lutte contre la traite des êtres humains et les garanties juridiques et institutionnelles pour la protection des femmes et des enfants contre la violence.