La lourde pathologie algérienne n’est ni vraiment perçue ni à fortiori assumée

La lourde pathologie algérienne n’est ni vraiment perçue ni à fortiori assumée

Les maigres annonces faites ici et là par les candidats à l’élection présidentielle du 18 avril prochain en Algérie révèlent que la gravité du diagnostic de la lourde pathologie algérienne n’est ni vraiment perçue ni à fortiori assumée, a affirmé mercredi Saïd Sadi, ancien leader du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD-Opposition).

"Paradoxalement, ce sont les dizaines de candidats folkloriques, trop vite brocardés, qui illustrent le mieux ce moment historique singulier. Leur grouillante présence dans cette cabale est, au fond, l’expression la plus fidèle de la décomposition du maelström politique algérien", écrit M. Sadi sur sa page Facebook.

Dans cette analyse de la situation en Algérie, largement reproduite par des médias algériens, le militant des droits de l'Homme a estimé que face à l’enjeu du destin national, l’échéance du 18 avril est, au fond, un épiphénomène. "Ceux qui, ignorant les enseignements du passé, ont, malgré tout, voulu s’y engager vérifient quotidiennement, et à leurs dépends, la vanité de disputer dans son antre la victoire à un spectre représenté par son image. Qu’ils se retirent au dernier moment ou qu’ils crient leur indignation le soir des résultats est, en vérité, anecdotique», a-t-il expliqué.

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Il a fait constater que les promesses réformatrices lancées de l’intérieur du système se sont toutes avérées illusoires et qu’en la circonstance, "elles ne figurent même pas dans l’agenda du pouvoir". "Jusqu’à preuve du contraire, toutes les énergies positives naissent, s’organisent et s’expriment dans des espaces autogérés", a-t-il dit.

Et l’opposant historique d’expliquer que "maintenant que nous nous sommes soumis à des affronts que peu de peuples ont accepté de supporter, maintenant que le fard par lequel nous avons maquillé nos petitesses a fondu, maintenant que l’orgueil mâtiné de racisme que nous opposions à nos frères subsahariens nous est interdit, nous sommes obligés de nous regarder tels que nous sommes avant d’affronter le regard de nos enfants".

Pour lui, les Algériens "n’ont d’autres choix que de se repenser à travers de nouvelles valeurs et par des mécanismes opérationnels étrangers à la grammaire politique du système". M. Sadi a estimé, à ce propos, qu’au lieu d’explorer les issues, de plus en plus étroites, qui pourraient encore s’ouvrir devant les bonnes volontés, les différents intervenants prétendent qu’en usant des mêmes procédures et en agissant dans les mêmes instances, ils pourraient contenir sinon bloquer une tectonique des plaques dont le mouvement éloigne inexorablement le citoyen du dirigeant.

"L’impasse algérienne n’est pas seulement angoissante par sa profondeur, sa complexité et ses implications, elle est aliénante par le fait que la domestication culturelle et politique des élites interdit la réflexion en dehors du périmètre conceptuel dessiné par des rapports de force historiquement régis par la violence et l’opacité», a-t-il regretté.

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