La Russie confronte Facebook sur la récolte de données

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Un tribunal russe a condamné Facebook à une amende vendredi pour avoir omis d’indiquer aux autorités où il stocke les données des utilisateurs russes, ont rapporté des agences de presse russes, révélant une dispute mettant en lumière les conflits entre les géants de la technologie et Moscou.

Le tribunal a condamné Facebook à une amende de 3 000 roubles (47 dollars) pour ne pas avoir fourni d’informations, conformément à la législation entrée en vigueur en 2015, obligeant les sociétés de médias sociaux à stocker les données des utilisateurs sur des serveurs situés en Russie.

Les seuls outils dont dispose actuellement Moscou pour faire respecter ses règles en matière de données sont des amendes qui représentent souvent de petites sommes ou bloquent le service en ligne incriminé, ce qui pose de nombreux problèmes techniques.

La Russie envisage d’imposer des amendes plus sévères aux entreprises technologiques qui ne se conforment pas à ses lois, ont indiqué à Reuters des sources proches du projet.

La Russie a bloqué l’accès à LinkedIn en 2016 pour ne pas conserver ses données d’utilisateur russe sur des serveurs en Russie. L’année dernière, le service de messagerie instantanée Telegram a été bloqué, mais la tentative a échoué et le service est toujours populaire.


Facebook n’a pas envoyé de représentant à l’audience vendredi, mais le tribunal a néanmoins insisté car Facebook ne voulait pas que cela soit différé, a déclaré l’agence de presse Interfax citant le tribunal.

Un tribunal a condamné Twitter à une amende de 3 000 roubles pour une infraction similaire la semaine dernière.

La Russie a adopté des lois plus strictes sur l’Internet au cours des cinq dernières années, obligeant les moteurs de recherche à supprimer certains résultats de recherche et les services de messagerie pour partager les clés de cryptage avec les services de sécurité.

Les autorités russes pourraient obtenir de nouveaux pouvoirs en matière de blocage de contenu en novembre, lorsqu’un projet de loi visant à étendre la souveraineté de la Russie sur son segment du Web pourrait entrer en vigueur.


Le projet de loi a franchi l’étape de la deuxième lecture jeudi au Parlement et deviendra loi s’il est approuvé en dernière lecture, adopté par la chambre haute et signé par le président Vladimir Poutine.

Avec Reuters.