Le Sénégal bloque les candidats populaires de l’opposition à l’élection présidentielle

Candidatures élections présidentielles au Sénégal

Les deux personnalités de l’opposition les plus connues du Sénégal ont été empêchées de se présenter aux élections présidentielles du mois prochain, a annoncé lundi le Conseil constitutionnel, augmentant les chances du président Macky Sall de briguer un second mandat.

Khalifa Sall, un ancien maire de Dakar qui n’a aucun lien avec le président Sall, et Karim Wade, le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade, ont été emprisonnés pour corruption en 2018 et 2015 respectivement.

En vertu de la loi sénégalaise, les peines ont mis fin à leurs chances de se présenter au scrutin du 24 février et au Conseil constitutionnel d’après la confirmation des dénouements de ce lundi.

L’opposition affirme que ces peines faisaient partie du plan du président visant à faire taire les opposants populaires afin qu’il puisse obtenir un deuxième mandat, accusé, le parti au pouvoir nie.

Les deux candidats à la présidence avaient réuni plus de 53 000 signatures d’appui indispensables à ladite candidature.


Khalifa reste en prison, où il purge une peine de cinq ans d’emprisonnement pour avoir détourné 1,8 milliard de francs CFA (3,2 millions de dollars) de fonds publics. Plus tôt en janvier, la Cour suprême lui avait refusé un appel, mais son avocat envisageait de porter l’affaire devant une autre chambre du tribunal.

Karim s’est exilé au Qatar en 2017 après avoir purgé la moitié de sa peine de six ans.

→Lire aussi: Le Sénégal élu président du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU

Dans un document envoyé aux avocats et lu lundi par Reuters, le Conseil constitutionnel a déclaré que les candidatures de Khalifa et Karim étaient contraires à la loi électorale sénégalaise, qui interdit aux citoyens condamnés à plus de cinq ans d’emprisonnement de se présenter à la présidence.


Les deux parties disposent de 48 heures pour faire appel de la décision du Conseil, qui publiera une liste définitive des candidats approuvés 35 jours avant le scrutin du 24 fevrier.

Jusqu’à présent, seuls quatre candidats de l’opposition ont été approuvés par le Conseil, dont l’ancien Premier ministre de Wade, Idrissa Seck. Le néophyte politique Ousmane Sonko est populaire parmi la jeunesse sénégalaise, qui représente une partie importante de la population électorale.

Le Sénégal, grand exportateur de poisson et d’arachides, a connu trois transitions de pouvoir essentiellement pacifiques depuis l’indépendance de la France en 1960.

Abdellah Chbani avec Reuters