Maroc : Le partenariat public-privé peut servir d’un outil d’attractivité des investissements étrangers

partenariat public-privé

Le partenariat public-privé (PPP) peut devenir un puissant outil d’attractivité des investissements étrangers au service de la relance économique au Maroc après cette période du nouveau coronavirus (covid-19), a souligné l’économiste Abdelghani Youmni.

Le Maroc post-coronavirus doit intégrer dans son périmètre de croissance économique des partenariats public-privé productifs, notamment, les IPE (Investissement à Participation Étrangère), a expliqué à la MAP le spécialiste des politiques publiques dans les pays du sud et de l’est de la Méditerranée (PSEM).

“Les IPE rendront l’innovation, la montée en capital humain et la création d’emplois éligibles en usant des transferts de technologie et de joints ventures à l’instar de ce qu’a fait l’OCP avec les américains IBM et Jacob, avec l’Ethiopie et l’Inde”, a-t-il relevé.

Ces PPP pourraient être construits avec des écosystèmes européens et américains qui délocaliseront de l’Asie pour des raisons de proximité, de géopolitique ou d’écologie, a-t-il ajouté, notant que “le partenaire apportera les capitaux, la technologie et le savoir-faire managériale et nous le foncier, les bâtiments, les infrastructures, une fiscalité non pénalisante des profits du facteur travail et une main d’œuvre flexible, qualifiée et vigoureuse”.

Et de poursuivre: “Le Royaume doit également se concentrer sur les industries manufacturières et les spécialisations dans l’automobile, l’aéronautique, le textile, les produits pharmaceutiques et l’agroalimentaire. Il pourrait être un partenaire fiable pour la colocalisation d’industries éco-responsables de l’Europe et un hub indispensable pour les échanges avec le continent africain”.


Le pragmatisme européen se convaincra que son intérêt géostratégique serait de conclure un deal qui intégrera le fait qu’il est développé mais vieillissant et que le sud de la Méditerranée est plus jeune mais moins avancé, a estimé M. Youmni.

Le choix pour le Maroc sera de tourner le dos à un régime de croissance économique basé sur la consommation à crédit, la commande publique et le secteur primaire pour bâtir des écosystèmes industriels à haute valeur ajoutée partagée et qui ciblent la réduction des inégalités entre territoires et citoyens, a-t-il conclu.