Parution: Khadija Naamouni revisite «Le culte de Bouya Omar»

Khadija Naamouni

En 1993, Khadija Naamouni publiait cet ouvrage, « Le culte de Bouya Omar », un ouvrage décrit alors par Thérèse Benjelloun comme «Un livre sur le culte des saints : Une thérapeutique des maladies mentales. Ce livre constitue un document, une analyse, un récit que l’on peut lire avec plaisir et une curiosité toujours renouvelée.»

Vingt-huit ans plus tard, Khadija choisit de rééditer cet essai en l’enrichissant d’une comparaison avec un autre lieu de culte, bien connu, Notre Dame de Lourdes, ainsi est né « Le culte de Bouya Omar le passé similaire de Lourdes »

Un ouvrage à découvrir pour mieux comprendre ce qui se passe autour des cultes des saints, l’affairisme hagiographique ainsi que les conséquences sur les malades.
En effet, le sanctuaire de Bouya Omar continue à résister à la crise violente de sa réputation. L’envergure de l’opération «Al Karama» menée par le ministère de la Santé en 2015 pour délivrer les malades, n’est pas arrivée à supplanter le recours à la grâce du saint.

Malgré la baisse de sa capacité cultuelle et de ses activités économiques, il est toujours ouvert aux pèlerins qui cherchent à bénéficier de sa «baraka». Même si nous sommes loin des foules de l’apogée de Bouya Omar que j’ai relevée dans mes précédentes recherches.
Le Maroc n’est pas un cas isolé. Dans toutes les sociétés, la fréquence et l’intensité des recours aux cultes thérapeutiques sont génératrices du mercantilisme hagiographique.

Comme Bouya Omar, à ses débuts, Lourdes le plus prestigieux sanctuaire de la chrétienté a traversé une multitude d’accusations sur l’exploitation et sur la situation dramatique des malades. Et ce, pendant plusieurs décennies avant d’asseoir sa légitimité cultuelle et spirituelle face à la science et la médecine.


C’est ce présent et passé de l’affairisme hagiographique du sanctuaire de Bouya Omar au Maroc, des sanctuaires de Lourdes en France et ses conséquences sur les malades dont il est question dans le présent ouvrage.