« Pourquoi pas moi ? » Une invitation à la rencontre de soi

La femme dans notre société pa­triarcale se voit, pour ainsi dire, toujours reléguée au second rang, ce qui ne manque pas de porter un sacré coup à son image de soi et l’empêche de se sentir accomplie, épanouie et heureuse.

 Ce livre est une invitation à l’introspection, à la découverte de soi mais surtout à l’amour de soi et de son corps, cette enveloppe charnelle tellement malmenée par la majorité…

Pourtant, cette même femme regorge de talent, de leadership et de compé­tences. Qu’elle soit instruite ou non, jeune ou moins jeune, la femme maro­caine est un concentré de savoir-faire dans plusieurs domaines, mais par son image biaisée que lui renvoie la société, elle est loin d’être consciente de tout son potentiel et son aptitude à être heureuse et à diffuser ce bonheur autour d’elle. Posez cette question à n’importe quelle femme de votre entourage : « Etes-vous heureuse ? » et vous risquez de la jeter dans un gouffre dont elle ne sortira pas indemne.

Le premier livre de Sabr Debbah -Sabr Abou Ibrahimi de son vrai nom-, « Pour­quoi pas moi ? » est une invitation à toute femme pour découvrir le leader en elle, car en effet, dans chaque femme se cache un leader, une guerrière, qui se dévoile face à l’adversité. Les épreuves de la vie sont une réelle opportunité pour celles qui se cherchent, afin qu’elles puissent vraiment se découvrir… Et à travers ce roman, qui trace des parcours différents de femmes battantes, aussi inspirantes les unes que les autres, l’auteure voudrait que sa lectrice se dise : « Si d’autres l’ont fait alors pourquoi pas moi ? »

Chaque étape de la vie est un enseignement

Ce livre est une pure inspiration que Nadia, notre héroïne, trouve en la per­sonne de Suzanne… Une rencontre for­tuite (ou pas), dans l’une des villes les plus mystiques du Royaume : Essaouira, entre deux femmes, l’une en quête de soi, l’autre riche d’une vie pleine d’expé­riences, qu’elle veut bien partager avec la première. C’est ainsi que Nadia devient disciple et Suzanne maître pour un laps de temps court mais intense, dont Nadia sortira changée.


L’enseignement de Suzanne passe par le récit d’histoires de femmes, qui ont su se sortir de leurs mésaventures plus fortes et plus accomplies qu’avant, car elles ont su aller à la rencontre de la «Wonder Woman» qui se cache en cha­cune d’elles, chacune de nous ! Ainsi, pouvons-nous découvrir les tribulations de Fatou, Carolina, Noor, Hanae en plus de Nadia et Suzanne, des modèles tous différents de réussite face aux rudesses de la vie, qui vont du mari violent à la menace imminente d’un cancer classé ACR 3.

In fine, ce livre est une invitation à l’in­trospection, à la découverte de soi mais surtout à l’amour de soi et de son corps, cette enveloppe charnelle tellement mal­menée par la majorité… En le refermant, vous aurez sans nul doute envie de chan­ger quelque chose à votre vie, vous vous direz sûrement : « Pourquoi pas moi ? »

Extraits du livre :

« Vous savez Nadia, du leadership, on en a toutes en nous. Il faut juste al­ler le chercher et avoir envie d’en faire quelque chose pour soi et pour les autres. Il n’y a pas UNE recette magique. Cha­cune de nous trouvera son chemin au mo­ment propice. »

« Une seule question, et votre âme est mise à nu ! »


« Etre dans l’acceptation de soi et de sa vie nous amène progressivement à se demander ce qu’on peut faire pour les autres. Oui, nul doute que le bonheur est contagieux ! »

Confidences de l’auteure :

  • MD : «Pourquoi pas moi?» a été édité en France sous le nom de DE­BBAH et non sous votre nom usuel? Pourquoi avoir changé de nom?

– Sabr Abou Ibrahimi : J’ai voulu rendre hommage à ma défunte maman en portant son nom de jeune fille. Mon livre est paru juste quelques mois après le dé­cès de mes deux parents. C’est un livre sur les femmes et j’ai tellement appris à côté de ma mère. J’étais fascinée par son intelligence, sa capacité naturelle à s’adapter aux situations les plus difficiles et à rester maîtresse d’elle-même face à un père, grand intellectuel qui, lui, m’a appris le sens de l’analyse, l’amour des livres et la justesse des mots !

  • MD : Pourquoi ce livre ? Serait-ce une peinture de vous ? Celle de toutes les femmes ?

– A la base de ce livre, il y a d’abord, un profond engagement pour la femme. J’ai grandi avec cette conviction, cette philo­sophie que la femme est l’égal de l’homme et qu’ils sont dotés des mêmes potentiels. Ils ont donc droit aux mêmes chances et à la même considération. Feu mon père n’a jamais fait de différence entre les filles et les garçons- nous sommes six enfants, quatre filles et deux garçons-, et ce, mal­gré le fait qu’il ait été très conservateur, attaché à la religion et aux traditions. On avait les mêmes libertés, les mêmes chances d’accès aux études.

Le Maroc est en panne de modèles de femmes, des femmes qui ressembleraient à «Madame tout le monde» et qui ont réussi! Et c’est à ce type de femme que j’ai voulu rendre hommage à travers mon livre.

 Ensuite, le premier déclic que j’al­lais avoir était de constater que nous les filles, mes soeurs et moi-même, étions plus persévérantes, battantes quant à nos capacités à gérer les difficultés. Le second déclic, je l’ai eu quand je suis rentrée de France. Dans le monde professionnel, j’ai été rapidement confrontée aux difficultés d’être une femme au Maroc. Par la suite, les événements de la vie m’ont amenée à m’intéresser aux femmes qui sont parties de rien et qui ont réussi. Le livre « Pour­quoi pas moi ? » se veut un livre pour toutes les femmes qui ont un rêve, donc ce n’est pas une peinture de moi seule, je pense qu’il y a beaucoup de femmes in­téressantes qu’on côtoie tous les jours et qu’on ne se donne pas la peine de mieux connaître. La femme marocaine a beau­coup fait pour son pays, notre Histoire re­gorge de femmes illustres, engagées et qui ont permis de faire avancer et évoluer le statut de la femme. Il y a bien évidemment des femmes que nous connaissons tous car médiatisées et il y a ces héroïnes du quotidien, ces femmes qui se sont battues pour être là où elles sont aujourd’hui sans assise financière, souvent sans diplômes, et sans formation pour d’autres. Le Maroc est en panne de modèles de femmes, des femmes qui ressembleraient à «Madame tout le monde» et qui ont réussi! Et c’est à ce type de femme que j’ai voulu rendre hommage à travers mon livre.


 « Fléchir est autorisé mais se relever et aller jusqu’au bout est ordonné ! Car le jour où on arrête de rêver, on arrête de vivre ! »

  • MD : A vous lire, on sent que vous avez écrit ce livre par besoin, une sorte d’auto-exorcisme. Pouvez-vous nous en dire plus ?

A vrai dire, le seul besoin que j’avais eu au départ c’était de partager des re­tours d’expériences de femmes, d’expli­quer comment certaines parties de rien ont pu réussir, et surtout partager avec les lectrices toutes les clés que ces femmes leaders ont su activer en allant chercher au plus profond d’elles-mêmes. Nous de­vons toutes avoir des rêves, des projets et nous avons toutes les capacités de réus­sir. Maintenant, je pense que lorsqu’on écrit un roman, on se dévoile beaucoup. Alors oui, à la réflexion, peut-être j’ai dû exorciser quelque chose, mais laquelle ? Il est vrai que dans ma période « Down», j’étais fascinée par toutes ces femmes qui arrivaient à se battre, qui même quand elles rencontraient des difficultés, arri­vaient à se relever et à continuer. J’avais le sentiment qu’elles puisaient une éner­gie incroyable dans les obstacles, avec un seul objectif : réaliser leur rêve! Alors que pour d’autres, ce serait le prétexte de tout arrêter! Ça a été un bel exutoire pour moi d’aller à la rencontre de ces femmes-là.

  • MD : Vous dites, je cite : « Après m’avoir donné beaucoup de choses, la vie m’a tout repris… Pour ne me rame­ner que l’essentiel. ». Ces mots pourront être ceux de Nadia aussi bien que ceux de Suzanne, vos deux personnages prin­cipaux. Laquelle de ces deux femmes, aussi exceptionnelles l’une que l’autre, vous ressemble le plus ?

– Les proches qui m’ont connue durant mes années difficiles, vous diront que je suis un peu les deux. Nadia est à un âge où l’on se pose pas mal de ques­tions : «Est-ce que je suis à la bonne place ?», «Est-ce que j’ai choisi le bon job ?», notamment si l’on n’est pas mariée, ou qu’on n’a pas de relation stable. On se demande ce qui ne va pas dans notre vie af­fective, ce qui ne va pas en nous. Et puis, il y a aussi l’horloge biologique, on va vers la quarantaine, on sait que la biologie a ses lois aussi. Nadia est une femme qui doute beaucoup d’elle-même, comme beaucoup de jeunes femmes de son âge, elle a tout ce qu’il faut pour réussir mais l’ignore. Pour ce qui est de Suzanne, c’est sans doute la femme mentor que j’aurais aimé rencontrer pendant ma période difficile… Je l’ai rencontrée des années plus tard. Oui elle existe, elle est anglaise et je l’ai rencon­trée durant une retraite de silence. Il s’est passé quelque chose de magique : J’avais déjà fait mon étude sur les femmes, j’avais préparé le script de mon livre et j’avais posé les personnages, en l’occurrence ce­lui de Suzanne qui avait un léger handicap physique… Et voilà que lorsque j’arrive à cette retraite, je rencontre Suzanne, qui avait justement le même handicap phy­sique, j’y ai tout de suite vu un signe, un signal très fort qui m’incitait à continuer mon livre. Ensuite, cette retraite m’avait apporté plusieurs réponses et m’avait ai­dée à soigner la souffrance et la douleur qui étaient encore là et qui mettaient un peu de temps à cicatriser… Certaines ré­ponses me sont apparues au fur à mesure que l’histoire grandissait entre ces deux femmes, Suzanne et Nadia. Je crois beau­coup aux rencontres, je crois qu’il faut être extrêmement sensible et vigilant. On peut croiser des gens une seule fois dans notre vie, mais avec un impact tellement fort qu’il peut transformer notre vie…. juste en nous posant une question ou en nous racontant une histoire et c’est là toute la beauté et toute la magie des rencontres… Donc il faut vraiment être attentif aux si­gnaux de la vie tout simplement… In fine, je pense que je pourrais presque être les deux, Nadia et Suzanne.

  • MD : Votre prénom est « Sabr », ce qui veut dire littéralement « Patience ». On peut dire que vous portez bien votre prénom de par votre expérience et votre vécu… Pouvez-vous en donner une pe­tite illustration à nos lectrices friandes d’inspiration ?

– Je pense que les prénoms ont toujours une histoire, on ne porte jamais par ha­sard le prénom que l’on a. Certes on ne le choisit pas, mais il faut apprendre à l’accepter et à l’aimer, être bien avec son prénom c’est très important pour être bien avec soi. En ce qui concerne la petite his­toire de mon prénom, il y a eu un tirage au sort entre Sabr «la patience» et Imane « la foi». Les deux prénoms étaient très liés à ce que feu mon père traversait : il vivait une période très difficile au niveau de sa santé. On lui avait diagnostiqué des tâches aux poumons et en même temps, la conjoncture politique à l’époque était très compliquée, et pour lui, la réponse aux deux situations ne pouvait venir que de la patience et de la foi…

Pour la génération de ma grand-mère, la patience, «sabr» était une vertu, voire une force car c’est une forme d’intelligence propre aux femmes, qui nous fait défaut aujourd’hui car on veut tout, et tout de suite. Comprendre que la patience avec toute sa dimension spirituelle doit être une invitation à notre intelligence des situa­tions et ne doit répondre qu’à des phases transitoires de notre vie. Elle doit nous rapprocher de notre objectif ! Pour cela, il est important d’avoir un rêve, il faut rêver grand et aller jusqu’au bout. J’ai presque envie de dire : « Fléchir est autorisé mais se relever et aller jusqu’au bout est ordon­né ! Car le jour où on arrête de rêver, on arrête de vivre ! »


Fatima Missaoui