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La sécurité au Sahel est une question extrêmement épineuse

 La sécurité au Sahel est une question extrêmement épineuse qu’il va falloir traiter dans les plus brefs délais, a affirmé vendredi, à Marrakech, le Général Nick Parker du Royal United Services Institute (RUSI).

“Les seuls véritables moyens disponibles pour améliorer la sécurité dans cette zone reposent essentiellement sur la coopération entre les pays africains”, a-t-il souligné lors d’une plénière sur la sécurité au Sahel dans le cadre de la conférence de haut niveau “Atlantic Dialogues“, dont les travaux ont pris vendredi soir, à Marrakech après trois jours de débats intensifs.

“Nous sommes assis sur une véritable poudrière, une bombe à retardement susceptible d’éclater à tout moment, car cette région abrite les plus dangereux groupes terroristes du monde, à l’instar de AQMI (Al Qaïda au Maghreb Islamique), du MUJAO (Mouvement d’Unité pour le Jihad en Afrique de l’Ouest) ou encore de Ansar Dine”, a-t-il expliqué.

Le général Nick Parker, qui a dirigé de nombreuses campagnes et opérations militaires dans le monde, a évoqué le rôle que peut jouer un pays comme le Maroc s’agissant de la question de la sécurité au Sahel.

“Il s’agit de l’un des pays les plus développés d’Afrique et qui dispose d’un pouvoir militaire non négligeable capable d’intervenir aussi bien manu militari directement contre les terroristes que pour entraîner les troupes maliennes présentes sur place et qui sont aujourd’hui complètement dépassées face à l’ennemi”, poursuit le général Parker.

Face à ce problème, les panélistes s’accordent à dire que la présence militaire française, si elle joue un rôle non négligeable, n’est pas suffisante à elle seule. La coopération entre Etats pour contrecarrer ce fléau prend aujourd’hui les allures d’une nécessité impérieuse, qu’il s’agisse de coopération militaire, économique et d’étanchéisation des différentes frontières dans cette partie du monde.

Cette dernière journée des “Atlantic Dialogues” fut entièrement dédiée à la sécurité en Afrique.

Les participants ont ainsi débattu de la sécurité au sens large puisque le sujet ne se limite pas aux interventions militaires pour contrer le terrorisme, mais aussi aux causes qui le provoquent et l’alimentent.

Les intervenants ont noté que la sécurité en Afrique n’est pas qu’une simple question de présence militaire.

“Vous pouvez élever des murs qui atteindraient les cieux, vous pouvez fabriquer les armes les plus sophistiquées qui soient, mais développer les ressources humaines africaines serait un effort moindre et beaucoup plus efficace pour lutter contre l’insécurité et pour freiner les flux migratoires en Afrique”, a souligné Chiedu Osakwe, Directeur Général du “Nigerian Office for Trade Negociations”. 

“La sécurité n’est pas seulement militaire, elle est également sociale, identitaire, économique, alimentaire”, a indiqué de son côté, le Général Major Barre Seguin de l’U.S Africa Command.

“On parle beaucoup des flux migratoires en direction de l’Europe, mais on ne parle malheureusement pas assez des tous ces millions de migrants et de réfugiés qui se déplacent entre pays au sein même de l’Afrique”, a indiqué pour sa part, Khalid Zerouali, wali responsable du contrôle des frontières au Maroc.

Pour les intervenants le sort du continent africain inquiète sous bien des aspects car l’Afrique vit aujourd’hui un boom démographique sans précédent sur fond de crises identitaires, humaines, sociales et économiques.

De telles crises risquent de s’aggraver à l’horizon 2050 car près de 2 milliards et demi d’habitants sont attendus sur le continent et beaucoup de pays africains restent aujourd’hui encore en proie à une vulnérabilité socio-économique extrême et risquent de ne pouvoir s’adapter à temps à la taille future de cette nouvelle population qui est attendue.

Cela ne manquera pas de provoquer, à l’avenir, des flux migratoires encore plus massifs qui exacerberont les problèmes liés à la sécurité dans le continent.

Placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI et organisée par le think tank “OCP Policy Center”, sous le thème “L’Afrique dans l’Atlantique : le temps de l’action”, cette rencontre de haut niveau a abordé les grands enjeux géopolitiques et économiques du bassin Atlantique Sud.

“Atlantic Dialogues”, un forum annuel lancé en 2012, vise à désenclaver le débat international sur les enjeux atlantiques, en faisant mieux porter les voix et les points de vue du Sud.

Au programme de cette rencontre de trois jours, pas moins de dix séances plénières articulées autour de l’économie, l’éducation, la géopolitique, le financement des infrastructures, la sécurité, les interventions militaires et les leçons à tirer des expériences de développement d’Amérique latine.

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