Situation sécuritaire au Togo : Le 52è Sommet de la CEDEAO délocalisé vers Abuja

Par  Othmane Semlali

L’ébullition que connait la rue togolaise depuis des mois déjà, du fait des mouvements de contestations pour un départ de l’actuel régime, semble peser de tout son poids sur l’image de ce pays de l’Afrique de l’ouest, ainsi que sur sa capacité réelle à assurer la tenue sur son sol, de rencontres internationales, dans des conditions techniques, sécuritaires et logistiques optimales.

Après l’annulation par le gouvernement togolais du Sommet Israël- Afrique devant se tenir entre le 23 et le 27 octobre 2017, suivi de l’ajournement de la Conférence ministérielle de la Francophone qui devrait avoir lieu du 24 au 26 novembre 2017, c’est autour du 52è Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) prévu le 16 décembre 2017, d’être ajourné, à son tour, et délocalisé vers Abuja au Nigéria.

Le Sommet est d’autant plus important et si stratégique qu’il devrait être soldé par l’adhésion définitive du Maroc à ce groupement économique sous-régional. Un Sommet auquel SM le Roi Mohammed VI a été formellement invité par les Etats-membres lors du 51è Sommet de la CEDEAO tenu à Monrovia (Libéria), les 3 et 4 juin 2017.

« Sage » voire même « audacieuse », la décision du gouvernement togolais de ne pas accueillir sur son sol, le prochain Sommet de la CEDEAO, vient ainsi mettre fin à des mois de doute et d’hésitations.


Maintenu pour la même date, ce Sommet aura lieu finalement au Nigéria, selon la presse nigériane, en l’occurrence le Premium « Times Nigeria », qui revient sur la visite le 21 novembre 2017 au Nigéria, du président togolais, Faure Gnassingbé Eyadema, également président en exercice de la CEDEAO, ainsi que sur sa rencontre en privé, avec le président Muhammadu Buhari.

Au menu des discussions entre les deux chefs d’Etat, explique « Times Nigeria », une brochette de questions brûlantes intéressant moult pays de la sous-région, dont celle du prochain Sommet de la CEDEAO initialement prévu à Lomé, la situation politique au Libéria et aux contestations éclatées au-lendemain de la Présidentielle organisée dans ce pays.

La situation en Guinée Bissau et le retard des joutes présidentielles, ou encore la situation au Togo qui vit depuis des mois sous la pression de l’opposition, en faveur d’un départ du régime en place, ont été passés au crible.

Le prochain Sommet de la CEDEAO est tellement important car, outre la présence des 14 Chefs d’Etat des pays membres (question du Libéria n’est pas encore tranchée), il est fort probable que d’éminentes personnalités, elles aussi invitées, viendront siéger au tour de la même table, tel le président mauritanien Mohamed Ouled Abdelaziz ou encore le premier ministre tunisien, Youssef Chahed.


Le Maroc devrait prendre part à cette réunion à laquelle SM le Roi a été convié lors du dernier sommet de la CEDEAO tenu à Monrovia en juin 2017, un Sommet qui a été sanctionné par l’adoption de l’accord de principe relatif à l’adhésion du Royaume à l’organisation sous-régionale ouest-africaine.

Depuis cette date, le Maroc et la CEDEAO s’attèlent, via un comité spécialisé, à la négociation du volet juridique et technique de ce projet qui devra permettre au Royaume d’accéder à un marché prometteur et où, le Maroc est déjà représenté par ses secteurs bancaire et de télécom.

Pour rappel, la Mauritanie a été le premier pays du Maghreb à avoir intégré la CEDEAO, avant son retrait en 2000. Après le Maroc, la Tunisie a décidé d’emprunter la même voie que le Maroc, en exprimant sa volonté de se joindre à ce Groupement, avec l’ambition de pouvoir l’intégrer en décembre 2017.

De par l’adhésion du Maroc à la CEDEAO et le passage à 16 pays membres, la population de ce Groupement s’établirait à près de 384 millions d’âmes, ce qui correspondrait en termes de PIB, à quelques 750 milliards de dollars en 2017. Avec ces performances, la CEDEAO serait la 17è plus importante économie dans le monde.


Si une telle adhésion arrive, enfin, à se confirmer définitivement à partir d’Abuja, une telle décision conférerait, sans nul doute, aux relations maroco- nigériane ‘’une grande symbolique’’ et une nouvelle dynamique, et contribuerait, sans nul doute, au raffermissement sûr des liens entre Rabat et Abuja, qui aspirent déjà à instaurer un modèle de coopération sud-sud exemplaire.

En définitif, le projet Atlantique du Gazoduc que le Maroc et le Nigéria sont en train de concrétiser sur le terrain et qui devrait bénéficier à terme, à plusieurs pays ouest-africains, est un brillant exemple de cet engagement des deux leaders, Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le président, Muhammadu Buhari pour un partenariat prometteur et ouvert sur de belles perspectives de développement dans les années à venir.