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Dix-sept ans de règne, dix-sept ans de changements et de challenges

Dix-sept ans de règne, dix-sept ans de changements et de challenges

Dossier du mois

Le chantier de la dernière chance

Jacques Knafo, Opérateur dans l’Enseignement, Président de la FMESP, Élu de Ens.Sup Privé, Membre du CSEFRS.

Quel bilan, en termes d’Enseignement, peut-on tirer de 17 ans de règne de notre auguste Souverain ?
Mon analyse personnelle se base sur mon expérience de 32 ans dans l’enseignement.
Depuis l’indépendance, l’éducation et l’enseignement ont connu plusieurs réformes et plusieurs plans d’action. Nous en connaissons tous les résultats.
On parle de plusieurs « moteurs », moteur de la croissance, moteur du développement industriel, agricole, touristique. Mais il y a un moteur essentiel au développement de la Nation, le Moteur de l’Enseignement.
Ce Moteur, je l’ai qualifié plusieurs fois de « moteur en panne » par rapport aux autres. Il est ignoré dans les plans successifs de développement. Il est en panne, depuis des décennies.
Aujourd’hui plus que jamais, il faut dire stop aux réformettes ruineuses que l’état a financées pour des résultats contestés.

En réactivant le Conseil Supérieur de l’Enseignement et en nommant le Docteur Azimane, son conseiller, comme Président, Sa Majesté, suivant sa vision stratégique, a donné une feuille de route à tous les intervenants.
Il a précisé ses directives pour une réforme en profondeur de l’éducation et la formation. Aucun moteur ne peut fonctionner sans une formation de qualité, afin d’obtenir les ressources humaines nécessaires, en nombre et en qualité, nécessaires au fonctionnement des autres moteurs. Aucun pays ne peut se développer sans les compétences de ses ressources humaines. Avec la Santé, ce sont les deux piliers de la croissance économique d’un pays.
Je dis en titre « Le Chantier de la dernière chance ». En effet, nous avons, aujourd’hui, une vision stratégique à mettre en oeuvre, entre 2015 et 2030. Le Conseil Supérieur CSEFRS l’a présentée à Sa Majesté le Roi, qui l’a approuvée. Il reste aux responsables de la réaliser…
Chaque année, un bilan des réalisations sera établi, chaque responsable devra rendre compte de toutes les décisions prises.
Il faut réguler les différents secteurs de la formation par une loi cadre encourageante et non contraignante. À l’inverse de nos politiques, qui adorent mettre en oeuvre des Lois qui font barrage aux réalisations. La confiance doit être de mise, pour encourager les bonnes volontés, les accompagner pour réussir le projet qu’il soit public ou privé.
L’éducation et l’enseignement sont une chaîne, il ne peut y avoir qu’un seul maître d’oeuvre, incluant les nouvelles technologies. Cela est possible, avec une organisation adaptée à l’ensemble: du préscolaire au supérieur. Le rôle de l’Etat est d’être un opérateur, et seulement cela.
La feuille de route et les cahiers des charges des formations doivent être adaptés aux exigences du marché et aux besoins des entreprises. L’adéquation doit être permanente, avec une veille stratégique pour la réalisation munie d’un tableau de bord très strict. Des garanties doivent être exigées pour les institutions publiques et privées. Les institutions doivent être autonomes et performantes à l’instar des entreprises, avec des objectifs à tenir. On n’hésitera pas à sanctionner les responsables, si les résultats ne sont pas positifs et encourager ceux qui auront réussi. Le Moteur doit, en permanence, grâce à la recherche, être toujours en avance de 10 ans, pour répondre aux besoins des entreprises. C’est le temps nécessaire pour réussir l’expansion économique du pays et ce dans tous les domaines: scientifiques, industriels, nouvelles technologies, sciences sociales etc.
Nous avons déjà un retard de près de 2 ans, depuis la réactivation du Conseil Supérieur. La loi cadre doit être mise en place d’urgence, nous sommes à la veille des élections et nous ne devons pas attendre un éventuel nouveau gouvernement…
Il est souhaitable que Sa Majesté le Roi Mohammed VI mette en place un véritable plan Marchal de l’éducation et formation. Décrétée, cette loi cadre prévoirait :
Un seul Ministère de l’éducation nationale, une Agence Nationale de régulation, allant du préscolaire au supérieur, avec comme maître d’oeuvre, le Conseil Supérieur pour la stratégie et le conseil.

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