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Dossier du mois : Rétrospective

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Dossier du mois

L’année de tous les enjeux !

 Khalid Baddou , Communicant et Acteur de la Société civile

L’année 2016 a été une année difficile pour le Maroc, plus sur le plan national qu’international. Marquée par la baisse remarquable des précipitations, le recul des in­vestissements directs étrangers, la stagnation des arrivées touristiques, en plus de la crise gouver­nementale post-électorale, l’année qui vient de s’écouler laissera, certainement, des séquelles sur celle que nous venons d’entamer.

Quelques moments forts ont cependant éclairé 2016. Si je devais en choisir trois, ce serait les suivants : le premier est le nouvel élan qu’a pris la diplomatie marocaine, pilotée par le Roi Mo­hammed VI, qui, en plus d’avoir renforcé les liens historiques avec les pays du Golfe et de l’Afrique francophone, a su ouvrir de nouvelles pistes de collaboration gagnant – gagnant avec l’Afrique anglophone, jusque-là hostile au Royaume dans l’affaire du Sahara, et la Russie et l’Inde, les puis­sances montantes de ce monde.

Le deuxième temps fort est la tenue des élec­tions législatives à son échéance, dans la conti­nuité d’un processus normal et normalisé des échéances politiques nationales depuis l’adoption de la constitution de 2011. Alors que d’autres pays Arabo-musulmans peinent à enclencher une dy­namique politique durable, le Maroc continue son chemin sur la voie de la démocratisation, malgré le décalage persistant entre les attentes des citoyens et les priorités de la classe politique.

Le troisième temps fort a été créé par les mani­festations d’Al Hoceima, suite au décès du vendeur de poissons Mohcine Fikri. Des manifestations pacifiques qui ont eu écho dans plusieurs autres villes du Maroc et ont démontré une haute maturité citoyenne. Les tentatives de récupération politi­cienne de ce dossier social n’ont pas réussi à dévier les manifestants de leur objectif principal pour rendre justice et punir les responsables de ce drame.

Nous entamons ainsi 2017 avec beau­coup d’optimisme mais surtout avec des enjeux encore plus importants pour notre pays. Personnellement, j’entrevois une année positive des points de vue poli­tique et économique, malgré la morosité régnante du moral des ménages et des chefs d’entreprise.

Nous aurons ainsi droit à un gouverne­ment plus fort que le précédent, avec des priorités mieux définies et une feuille de route plus claire. Le Chef du gouverne­ment jouera son rôle politique de chef de l’Exécutif, face à un parlement qui ne sera pas en pleine forme vu le sou­tien qu’aurait la majorité même dans les rangs de l’opposition. Des Ministres d’autres partis de la majorité ou des technocrates seront les pilotes réels des grands chantiers, notamment la diploma­tie, l’agriculture, l’Industrie, l’économie et les finances.

Cela n’empêcherait pas l’émergence d’incidents relatifs aux priorités et à cer­taines décisions à forte teneur sociale ou politique.

Je vois également une belle récolte des fruits de l’action diplomatique menée en 2016, tant en Afrique qu’au niveau des Nations Unies. Le prag­matisme marocain paiera malgré les entraves po­sées par ses adversaires.

Ce que je souhaite en 2017, c’est une meilleure convergence des stratégies sectorielles pour une meilleure optimisation des ressources et création de richesse. Le chômage des jeunes, qui devient une bombe à retardement pour les 10 prochaines années, doit être mis au même niveau de priorité que l’Éducation. Face à une pyramide des âges qui se rétrécit au sommet et s’élargit au centre, le Maroc doit apporter des solutions innovantes à la demande pressante de sa population.

Je souhaite également que le citoyen marocain prenne conscience de ses droits et ses devoirs, qu’il devienne acteur et non pas spectateur de son quo­tidien. Que les cadres marocains qui sont en train d’immigrer sous des cieux où la compétence est récompensée, reprennent confiance en leur pays et son avenir.

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