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Femmes marocaines : Un si long chemin et un statut en suspens

Femmes marocaines : Un si long chemin et un statut en suspens

Dossier du mois

L’âme de la parité

Khadija Boujanoui, Directrice financière et de contrôle de gestion à 2M. Présidente du Comité Parité et Diversité de 2M

Professionnel, personnel, humain, l’engagement de Khadija Boujanoui est celui d’une femme qui a gravi les marches du succès à force de travail et de conviction. Son combat est pour toutes les femmes marocaines, qui ne sont pas ou peu représentées dans les médias, dans la publicité, dans la vie publique. C’est pour leur permettre une plus grande présence et une meilleure visibilité que le Comité Parité et Diversité de 2M, qu’elle préside depuis 4 ans, a lancé en mai 2016, le premier site marocain entièrement dédié à la femme experte. Avec plus de 150 domaines, Expertes. ma est la plus large base numérique évolutive de femmes marocaines spécialistes par secteurs d’activité.

L’objectif de cette plateforme est de mettre en avant la femme marocaine dans les médias et le débat public, partant du constat que les femmes ne représentent que 9% de l’ensemble des intervenants et experts dans les différents médias.

 Pour comprendre l’engagement de Khadija Boujanoui, il faut revenir, quelques années en arrière. A l’époque où elle était petite fille, issue d’une famille modeste, un pur produit de l’école publique marocaine dans ce qu’elle avait de plus noble. Elle grandit à Casablanca, dans un milieu où la tradition et la modernité font bon ménage, et dans un foyer où elle apprend très tôt que la femme est l’égale de l’homme, et que la clé du succès est dans le travail.

Elle travaillera donc, de manière acharnée, et se dirigera, dès l’obtention de son baccalauréat, vers la France pour poursuivre ses études supérieures à l’Université de Nice-Sophia-Antipolis. Après l’obtention de son diplôme en Gestion-Finance, elle démarre sa carrière au sein d’une multinationale basée à Monaco en tant qu’analyste financière.

Une carrière exemplaire, mais loin du Royaume et de sa famille, Khadija a le mal du pays. Elle rentre donc au Maroc et occupe le poste de DAF pour finir DG dans une société de production. Elle découvre alors le monde des médias, de la communication et du marketing. Une expérience qui fait d’elle la candidate idéale pour occuper le poste de Directrice Financière de la chaîne de télévision 2M.

Son parcours personnel et professionnel lui permet alors de faire un constat. Elle qui connaît et voit d’innombrables femmes participer au développement socio-économique du pays, a pourtant beaucoup de mal à les retrouver dans la vie publique. Et quand elles sont invitées sur les plateaux de télévision, c’est le plus souvent pour des sujets en rapport avec la famille, la mode, la cuisine ou la décoration. La charte 2M pour la valorisation de l’image de la femme verra alors le jour, dans l’objectif de lutter contre les clichés et les stéréotypes véhiculés dans les émissions, les fictions et les publicités.

Un combat pour la parité qui donnera donc naissance à un ensemble d’initiatives menées pour sensibiliser, en interne et en externe, à la problématique du genre. Un combat qui prend, aujourd’hui, une dimension continentale puisque le Comité Parité et Diversité de 2M a co-organisé le premier forum des femmes journalistes africaines. « Les Panafricaines » est l’occasion pour une centaine de journalistes femmes, issues des quatre coins du continent, de témoigner des problématiques auxquelles elles font face dans leurs pays.

Ces projets sont tous portés par Khadija Boujanoui avec la certitude qu’il est temps que le rôle de la femme marocaine et africaine soit reconnu à sa juste valeur, pour que les jeunes femmes de demain ne soient pas confrontées aux mêmes obstacles.

Avec lucidité, Khadija admet que la route est encore longue, que la situation des femmes marocaines et africaines est encore fragile, qu’elles sont encore trop nombreuses à être confrontées à de multiples obstacles qui empêchent leur autonomisation sociale, économique et politique. Mais chaque acquis compte, chaque cliché combattu est un cliché de moins à abattre, et chaque femme qui accède à l’espace public est un exemple de ce que toutes peuvent accomplir. Alors Khadija continue de se battre.

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