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Quand Tanger vibre au rythme du jazz

Quand Tanger vibre au rythme du jazz

IMG_1338Le festival Tanjazz a fait résonner ses premières notes dans la ville opaline et mythique du Nord dès le 9 septembre 2015. Il est venu rappeler, en réunissant 100 musiciens venus des 5 continents, cette terre gorgée de légendes et de temps tressés, aux croisées des mondes, aux rythmes mêlés insensés qui battent dans le cœur de sa terre et tournoient toujours dans les vents ivres de mémoires tressées belles qui vont s’abreuver aux sels bleus des marées exhalées dans les sables.

«Dream city», qui a inspiré les plus grands des poètes et où l’âme de Paul Bowlestourne encore vertige dans les spires hypnotiques des brisants vrillés à bout portant par une flûte éclose dans la pierre, là-haut, dans les montagnes du rif incendié de soleil ; où Matisse a puisé les plus beaux de ses bleus ; Matisse, fasciné par ce «Paradis» de Delacroix qui, son carnet à la main, traquait les courbures des ruelles et des silhouettes noyées dans les lumières et drapées d’indicibles parfums, traquait l’étreinte des femmes et des ciels au sommet des terrasses blanches de Tinga ; des terrasses qui ont aussi fasciné tant d’autres peintres, Albert Marquet, ami de Matisse, Arthur Melville, et tant d’autres… Nombre de grands écrivains marocains se sont aussi abreuvés aux incommensurables nostalgies désormais de «Pain nu», nostalgies de mondes indécidables que la musique sait si bien rappeler à nos bourdonnantes amnésies. Les Rolling Stones, entre autres, y viendront puiser des sons nouveaux auprès des séculaires Jajouka.

Rien d’étonnant donc à ce que cette ville accueille un tel festival. Rien d’étonnant à ce que ce festival tout monde se soit choisi pour scène cette ville dont il suffit de prononcer le nom pour que, partout, les consciences se sentent soudain interpellées par quelque chose de ce «Paradis» de Delacroix pour être une terre de tous tertres veinée.

IMG_13375 jours pour 5 continents. Il ne sera pas possible, à moins de vous les lister, de vous présenter les 100 artistes qui se sont produits sur les multiples scènes du Tanjazz. 100 jazzmen et jazzwomen venus d’Italie, d’Espagne, de Pologne, de République tchèque, d’Irlande, de France, de Belgique, d’Autriche, de Suisse, du Sénégal, d’Algérie, du Maroc, d’Inde, du Liban, d’Australie, de Cuba, des USA, d’Argentine.

Difficile de vous citer tous les artistes qui sont venus enchanter l’été sous le ciel de la ville blanche. Les grandes scènes BMCI Palais et Vill ont accueilli, le 9 septembre, notamment, Roberto Gatto » PerfecTrio », Marabout Orkestra et MoonArra; le 10 septembre, ce sont The MerryPoppins (Scène Palais) et Samia Tawil (Scène ville). AblayeCissoko, The Wanton Bishops, Ivan « Melon », Lewis & Cuba Express, autant d’artistes qui se sont succédé sur ces scènes pour un final en beauté, le dimanche 13 septembre, avec Gnawa Express !

Tout un univers, donc, de multiples influences rassemblées, quoi de moins surprenant, sous l’emblème du jazz qui nous parle de blues et de Gospel, de Nouvelle-Orléans, de mémoires d’Afrique, de rythmes cubains, inspire expire, souffle originel, battant comme un tam-tam, dans l’âme des musiciens par-delà toute frontière.

Roberto Gattoreviendra, avec son PerfecTrio, a improvisé devant son public de nouveaux sonsgroovy et électroniques, imprégnés de poésie.

Marabout Orkestra nous fera traverser l’Afrique et les tropiques, portés par le saxophone du grand Johann Guihard et les musiciens qui l’accompagnent dans une prenante fusion des genres.

Samia Tawil, qui mêle sons rock, blues, soul, latinos, orientaux, viendra de même, avec son band, fêter l’étreinte des mondes à travers des compositions d’une force et d’un lyrisme aussi prenants que sa voix.

Gnawa Express clôturera le festival sous les rythmes du Guembri et des percussions de Maalem Abdelmajid Domnati et des fabuleux musiciens qui l’entourent.

 

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