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Société civile : quel engagement pour une action citoyenne solidaire?

Société civile : quel engagement pour une action citoyenne solidaire?

Dossier du mois

Les jeunes et leur rôle dans l’émergence de la société civile au Maroc

Lamia Bazir ,Fondatrice de Empowering Women In The Atlas, Présidente de l’association des alumni d’Al Akhawayn

Si les institutions publiques et les formations politiques ne parviennent toujours pas à attirer et à représenter les jeunes, la société civile, elle, constitue souvent une alternative pour eux. En effet, pour ces derniers, la société civile fournit un espace où ils disposent de plus d’autonomie et de plus de marge de manoeuvre, ainsi qu’une plateforme où ils peuvent proposer, créer, être écoutés, être valorisés, appartenir et exister.

La société civile permet ainsi de fédérer les énergies jeunes autour de causes et d’objectifs communs, mais elle permet surtout aux jeunes adhérents de s’engager dans des actions et des projets concrets dont les effets sont immédiats et réels.

Ainsi, face à la désaffection des jeunes vis-à-vis des canaux de participation formelle, au lieu de se demander comment attirer voire absorber les jeunes et les ONG au sein des formations politiques et des institutions publiques, il faut se poser la question si cette existence, en dehors des canaux formels, ne constitue pas une opportunité pour le renforcement de nos institutions et l’affermissement de notre démocratie. En effet, la présence des jeunes dans la société civile (versus les institutions) peut, en fait, constituer une valeur ajoutée pour les institutions elles-mêmes. Il suffit de mettre en place des conditions propices pour leur collaboration.

Selon moi, les organisations de la société civile dirigées par les jeunes constituent un véritable vivier d’énergies, d’idées innovantes, et d’expertise qui peuvent appuyer et accompagner les institutions publiques tout en gardant leur autonomie et leur esprit critique. Cela est, en effet, leur plus grand atout.

Dans le cadre de la décentralisation, je prônerai un modèle où les associations de jeunes constituent des noyaux, des forces de propositions, et des groupes de pression constructifs auprès des conseils municipaux et régionaux. En effet, les associationsselon leurs spécialisations – pourront suivre les élus non seulement dans le contrôle des politiques publiques, mais également en constituant une force de proposition.

Pour cela, il est important de renforcer le rôle de la société civile au niveau local et d’impliquer les jeunes dans les activités municipales de leur ville, village, et quartier. Ainsi, il faut créer des canaux de participation efficaces et permanents qui permettent à une cellule composée de représentants d’associations de jeunes -une sorte de conseil de jeunes- de se réunir régulièrement avec les autorités locales pour obtenir des informations, fournir des avis, et élaborer des propositions.

D’un côté, cette cellule constituera un outil de veille et de contrôle, mettant en place des gardes fous qui alertent, anticipent, reportent, et freinent les abus. Cela moyennant un plus grand partage de l’information et plus de transparence de la part des autorités locales.

De l’autre, elle constituera une source de propositions d’activités et d’actions que différents organismes mèneront selon leurs intérêts et spécialisations.

Enfin, elle garantira que les intérêts et besoins des jeunes seront exprimés et pris en compte dans la prise de décision. Ce qui, globalement, améliorera la pertinence de l’action publique au niveau des territoires.

 

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