Covid-19: Et si c’était un virage vers un tourisme plus durable et inclusif ?

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La crise sanitaire actuelle liée à la pandémie du nouveau coronavirus (covid-19), qui a infligé des dégâts phénoménaux au tourisme, pourrait constituer un tournant décisif pour ce secteur et un virage vers davantage de durabilité et d’inclusivité, particulièrement pour les zones rurales.

En effet, le tourisme joue un rôle vital dans ces zones, notamment en termes de dynamisation de l’économie locale et de création des opportunités d’emploi, ce qui nécessite la mobilisation d’un appui de taille aux communautés rurales qui continuent de souffrir en silence en raison de la mise en place des restrictions sur les voyages visant à faire face au covid-19.

Ce soutien devient primordial et urgent lorsque les scénarios de l’Organisation mondiale du Tourisme (OMT) sur l’impact de cette pandémie, laissent entrevoir une chute du nombre d’arrivées de touristes internationaux de 60 à 80% en 2020.

Cette institution onusienne, prévoit aussi que “le tourisme intérieur reprendra avant le tourisme international”, ce qui “pourrait profiter aux communautés rurales, notamment en protégeant les moyens de subsistance et en stimulant les économies locales”.

Et c’est dans ce contexte que l’OMT a choisi retenu le thème “tourisme et développement rural” pour célébrer la Journée mondiale du tourisme (JMT) 2020.


Ce thème “présente un intérêt tout particulier dans le contexte de la crise sans précédent que nous affrontons”, a d’ailleurs souligné le Secrétaire général de l’OMT, Zurab Pololikashvili, dans un message publié à cette occasion.

“Le tourisme a démontré tenir un rôle vital pour de nombreuses collectivités rurales. Cependant, il ne s’exprime pas encore pleinement dans toute sa force. Le secteur n’est pas seulement un important pourvoyeur d’emplois, en particulier pour les femmes et les jeunes. C’est aussi un vecteur de cohésion territoriale et d’inclusion socio-économique pour les régions les plus vulnérables”, a-t-il soutenu.

M. Pololikashvili a, en outre, noté que le tourisme aide les populations rurales à maintenir leur patrimoine naturel et culturel singulier en soutenant les projets de conservation, notamment de sauvegarde d’espèces en péril ou de traditions et de saveurs tombées dans l’oubli.

Il a indiqué que la pandémie du covid-19 a paralysé la planète. “Notre secteur est parmi les plus durement touchés et des millions d’emplois sont menacés. Alors que nous œuvrons de concert pour faire redémarrer le tourisme, il nous faut être à la hauteur de la responsabilité qui nous incombe que les bienfaits du tourisme soient partagés par tous”.


Dans ce sens, le SG de l’OMT a fait valoir que cette crise est une occasion de repenser le secteur du tourisme et la contribution qu’il apporte à l’humanité et à la planète, et de faire mieux en prenant le virage d’un tourisme plus durable, plus inclusif et plus résilient.

“Placer le développement rural au cœur des politiques du tourisme en misant sur l’éducation, l’investissement, l’innovation et la technologie peut transformer les moyens d’existence de millions de personnes et préserver notre environnement et notre culture”, a-t-il estimé.

Secteur transversal par excellence, le tourisme contribue directement ou indirectement à la totalité des objectifs de développement durable (ODD), a, par ailleurs, fait remarquer M. Pololikashvili.

Avec un tourisme au service du développement rural, la communauté mondiale tiendra le cap de la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030, notre grande ambition pour l’humanité et pour la planète, a-t-il renchéri.


Et de conclure: “Alors que nous célébrons le 75e anniversaire de l’Organisation des Nations Unies (ONU), le moment est venu d’exploiter vraiment le potentiel colossal du tourisme, notamment sa capacité incomparable d’être un moteur du développement en milieu rural, à l’appui de notre engagement de ne pas faire de laissés-pour-compte”.

Au Maroc, les pertes du secteur touristique se sont établies à 18,3 milliards de dirhams (MMDH) au terme des sept premiers mois de cette année, soit un retrait des recettes de 44,1%, d’après la direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère de l’Economie, des finances et de la réforme de l’administration.

En juillet, mois où la saison estivale atteint son pic, le recul de ces recettes s’est situé à 90,1%, tandis que les arrivées touristiques et les nuitées réalisées dans les établissements d’hébergement classés se sont repliées respectivement de 63,5% et 59,1% au 1er semestre 2020.

Pour faire face à cette situation alarmante et atténuer cette chute, un contrat programme de 21 mesures, recouvrant la période de 2020 à 2022, a été signé le 03 août dernier, alliant acteurs publics et privés au niveau national et régional pour retrouver les performances d’avant crise.


Conçu autour de trois principaux axes à savoir, le maintien des emplois et la préservation du tissu économique, la stimulation de la demande et la transformation structurelle du secteur, ce contrat-programme ambitionne de donner une impulsion forte au tourisme et d’insuffler une nouvelle dynamique pour accompagner sa relance et garantir la diversification de sa chaîne de valeur.