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Enfants addicts au virtuel : quelle génération future pour le Maroc ?

Enfants addicts au virtuel : quelle génération future pour le Maroc ?

Dossier du mois

Ghita ALAMI: Psychologue Clinicienne, spécialiste de la prise en charge des enfants, adolescents et parents. Présidente de L’Association marocaine de psychologie de l’enfant, de l’adolescent et métiers associés.

Les nouvelles technologies envahissent notre quotidien

 Les défis que posent les NTIC à la société marocaine sont nom­breux et multifactoriels. En tant que psychologue, je pense que le défi majeur aujourd’hui est que notre vie est reconfigurée par le numérique. Les nouvelles technologies envahissent notre quotidien, prennent trop de place, laissant de moins en moins d’espace aux vraies relations humaines. Ceci dit, un sillon s’installe entre les membres d’une même famille, avec une altération de la communication parents-enfants et par moments, un vide affectif.

Les NTIC peuvent, en effet, impac­ter dangereusement notre quotidien mais cela dépend de la façon avec la­quelle nous nous comportons avec ces nouvelles technologies. Ce ne sont pas réellement ces dernières qui sont no­cives mais l’abus que nous en faisons et la manière de nous les approprier.

Cet abus trouve souvent ses sources dans un sentiment de vide intérieur, de fragilité, de défaillance de la qualité des relations humaines proches. Le danger majeur étant l’hyper connexion et l’addiction, notamment chez les plus jeunes.

Au sein de nos cabinets, ceux que nous recevons régulièrement, ce sont des enfants complètement dépendants aux jeux vidéos, à internet et aux jeux en ligne.

Selon L’Inserm, 80% des enfants de 8 à 14 ans jouent aux jeux vidéos, avec une moyenne de 2 heures par jour. La majorité des sujets dépendants sont des garçons, âgés entre 15 et 30 ans.

Quand on parle d’addiction, on sou­lève aussitôt les dangers qui lui sont corrélés, notamment le besoin urgent et impérieux de se connecter, de jouer, mais aussi toute l’irritabilité et l’anxié­té qui en découle.

C’est pourquoi les parents devraient permettre l’accès à ces technologies tout en gardant le contrôle. Ils sont aus­si invités à donner le modèle, en évi­tant d’être eux-mêmes en connexion permanente. Les enfants apprennent par identification du schéma parental et non par des discours moralisateurs. Beaucoup d’adolescents se plaignent, aujourd’hui, d’une absence de com­munication au sein de leur famille.

Or permettre aux enfants de conser­ver leur identité implique un investis­sement familial, en termes de temps, mais aussi de partage de valeurs so­ciales, et morales. Il n’est pas néces­saire de rejeter ces nouvelles techno­logies mais plutôt de les façonner de manière à ce qu’ils respectent ce qui nous est cher : nos principes et nos va­leurs.

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