France: réformer les retraites est “absolument indispensable”

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Le ministre français de l’Economie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, a estimé lundi que la réforme controversée des retraites, l’une des promesses électorales phares du président Emmanuel Macron, était “absolument indispensable”.

“Je pense qu’il est nécessaire d’aller au bout de cette réforme des retraites. On voit bien d’abord qu’il y a un déficit, on voit bien que nous vivons tous plus longtemps, on voit bien que collectivement il faut que nous travaillions davantage et que c’est une condition de redressement de la France”, a-t-il ajouté sur RTL.

D’après une estimation du Conseil d’orientation des retraites, le déficit du système de retraites devrait atteindre cette année un record de 30 milliards d’euros, contre 4 milliards prévus avant la crise.

Mercredi dernier, le nouveau premier ministre Jean Castex avait annoncé qu’il reprendra le dialogue avec les partenaires sociaux et les syndicats au sujet de ce projet.

“Je vais rouvrir le dialogue, toutes les organisations syndicales viendront discuter avec moi (…) et nous nous mettrons d’accord sur une méthode et un calendrier”, affirmait le chef du gouvernement devant le Sénat.


Cette question serait abordée dans un cadre global, et refuser de parler du projet “lorsque l’équilibre des comptes, et donc la sauvegarde du système actuel se trouve compromise, serait irresponsable”, avait-il indiqué.

Le projet de réforme des retraites, fortement contesté par les syndicats et l’opposition, porte particulièrement sur la mise en place d’un système universel par points indexés sur le salaire pour remplacer les 42 régimes existants, dont les régimes spéciaux.

Début décembre dernier, les syndicats contestataires de ce projet, réunis au sein d’une intersyndicale, ont enchaîné les journées nationales de mobilisations et de grève interprofessionnelles, avec notamment une grève de plus d’un mois et demi dans les transports publics, spécialement en région parisienne, en vue de contraindre l’exécutif à abandonner son projet.

Pour faire adopter la réforme, l’ancien premier ministre Edouard Philippe avait annoncé début mars le recours au 49.3 de la Constitution, engageant la responsabilité de son gouvernement devant l’Assemblée nationale.


Mais en raison de la propagation de l’épidémie du nouveau coronavirus, le président Macron avait annoncé la suspension de “toutes les réformes en cours”, dont celle des retraites.